Terre du milieu Système J - La relève...

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Résumé, compte rendu, impression des joueurs des séances précédente.
Récit et nouvelle en tout genre.
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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 29

Message non lupar Niemal » 01 juillet 2016, 19:58

Finalement, les orcs étaient assez sympathiques. C'est vrai quoi, on arrivait à discuter avec certains d'entre eux, les autres étaient assez bêtes et on pouvait les gérer ; enfin, plus ou moins, et puis les copains surtout, pas moi... Dans le pire des cas, on pouvait même imaginer que mourir de leurs mains aurait pu au moins avoir deux utilités : goûter au repos éternel dans les cavernes de Mandos, et leur servir de repas. Pas qu'je sois pressé que l'un ou l'autre arrive, hein !

Donc, ouais, les orcs, ya pire. Ces foutus lesinas, ou chais pas comment ça s'écrit, bref, ces maudits zombies du désert, ça a tout pour rendre les orcs chouettes en comparaison : on peut pas discuter avec eux, les tuer est bien plus dur (ils le sont déjà, alors faut vraiment insister), i sont au moins aussi nombreux, pas sûr qu'on leur serve de bouffe, pis avec ça on n'est pas sûr de mourir vraiment avec eux. Par contre, faut leur reconnaître un ou deux points communs avec les orcs normaux : tout aussi cons et têtus quand il s'agit de fout' sur la gueule des vivants...

Premier contact
Mais au début il était question de dromadaires. Avec la magie de l'elfe, les copains sont revenus au camp avec les deux bestioles qui tenaient encore sur leurs pattes. Ils les ont attachées au palan en haut d'la falaise, pis Farouk, passablement amoché, a été descendu avec ledit palan. Histoire que je puisse lui faire quelques soins et l'aider à guérir. Les autres sont descendus plus normalement, nous ont mis au courant de c'qui s'était passé, ont mangé, dormi, etc.

Les deux jours qui ont suivi ont été assez tranquilles, histoire de laisser le Haradrim guérir un peu, aidé par la magie de l'amulette que j'ai fini par utiliser pour accélérer les choses. Me coûte toujours autant, mais j'ai l'impression qu'avec le temps j'deviens plus fort et résistant. A côté de ça, les copains ont passé du temps avec les dromadaires pour essayer d'les domestiquer pas seulement avec la magie d'l'elfe. On dirait qu'ça a marché.

Après quoi, une nuit, une expédition a été montée pour aller trouver le village de Haradrim et voir c'qu'on pouvait tirer d'eux. Ont participé Farouk (en grande partie guéri), Kacem, Belzagar, Tirielle et un marin qui pouvait servir d'interprète. Avec un dromadaire i-z-ont longé la côte jusqu'à repérer le village recherché, mais la brume est v'nue compliquer les choses. Se sont approchés discrètement, jusqu'au petit matin où z'étaient pratiquement sur place.

Ça semblait comme un gros village de pêcheurs avec quelques élevages, et des habitations en partie troglodytes, dans la falaise qui bordait la mer. Ils se sont montrés ouvertement, et ça s'est plutôt bien passé, qu'i-z-ont raconté : on les a invités à boire du thé et manger des p'tits trucs, ça arrivait à s'comprendre, et même si Belzagar faisait peur et Tirielle dérangeait un peu par son étrangeté, c'est resté cordial. Bref, un succès.

Et une nouvelle quête, une !
Par contre, être aimable et servir le p'tit déj' c'est une chose, aider plus c'en est une autre. D'abord pasque les copains étaient redevables aux Haradrim, ensuite pasque en faire plus ça avait son prix : donner dromadaire(s), eau et vivre pour traverser le désert aurait manqué au village, donc c'était pas gratuit. Et partir autrement risquait d'prendre du temps : une caravane par an peut-être passait dans l'coin, et p'têt' trois navires... Pis ce s'rait pas gratuit d'les rejoindre de tout' manière.

Bref, les autochtones étaient pas trop chauds pour faire plus qu'le minimum. Jusqu'au moment où il a été question des problèmes divers qui gênaient les habitants du coin, comme ces fameux lesinas, ces zombies desséchés par le désert, maudits, qui ne trouvaient pas le repos. Et arrive la mère éplorée qui fond en larmes à cause que son fils et deux autres se sont barrés - il y a trois jours - là où ya plein d'lésinas, suite à une légende de sanctuaire maudit plein d'trésor que les ados auraient découvert.

Et bien entendu, la blondasse d'elfe fait ni une ni deux et dit qu'ils vont retrouver les trois gamins vivants, tant qu'à faire avec du bonus trouvé sur place, en échange de quoi les villageois aideront après à nous faire traverser le désert. Les hordes de zombies ? Pas un problème. Le sanctuaire maudit d'un conquérant détraqué et sanguinaire ? Balade de santé. Le fait que personne soit jamais rev'nu d'là-bas, même quatre héros de légende ? On est les meilleurs. On connaît pas l'coin ? Les villageois nous aideront.

Ouais, en fait, là, c'était pas tout à fait ça. Les Haradrim voyaient pas l'intérêt qu'on aille se faire trucider, et encore moins de nous donner des trucs qui seraient du coup perdus pour eux. C'était pas gagné d'obtenir plus qu'un guide pour arriver dans l'secteur, mais finalement les copains ont pu trouver le bon argument : laisser le dromadaire sur place en échange d'eau, de vivres et d'autres petits trucs. Vu l'utilité d'la bestiole, l'échange leur conv'nait. Qu'on veuille crever, après tout, ça nous r'gardait, i s'raient pas perdants au final...

Repérage et feux de joie
Tout ça c'était bien beau, mais qui allait s'coltiner le sauvetage des gamins (plus vieux qu'moi) dans ce fameux sanctuaire maudit et plein d'morts-vivants ? Après discussion, Tirielle est partie dare-dare au camp avec le marin haradrim, sur le dromadaire, à l'aide de sa magie pour aller plus vite en motivant la bestiole ; et elle est rev'nue avec d'vinez qui ? Manil et moi. Le premier pasqu'i sent la magie comme pas deux, et moi pour les soins, entre autres choses.

'fin bon, depuis l'village on est partis à six, une nuit, menés par un copain des ados perdus qu'avaient d'l'eau et d'la nourriture pour une semaine - ça f'sait quat' jours qu'i-z-étaient allés s'perdre. Le gars nous a amenés à un endroit rocailleux avant d'se barrer pasque lesinas trop nombreux, mais la suite était facile : les ados avaient laissé des traces de leur passage (cairns), si bien qu'on a pu trouver le probable site du fameux sanctuaire, dépourvu d'aucune vie animale ou végétale à plusieurs portées de flèche à la ronde : une série de cavernes d'où sortaient plein de lesinas. C'était l'petit matin, le soleil allait s'lever...

Une fois les derniers zombies partis, on s'est approchés discrètement (enfin, la plupart) et on a grimpé dans la caverne d'ousqu'ils venaient tous. On a trouvé un portail de pierre - fermé - avec dessiné sur les deux battants crâne aux yeux de rubis, lance et cimeterre, et des traces de passage des trois abrutis haradrim. Impossible d'ouvrir le machin, mais Manil a senti qu'c'était magique et lié au soleil. P'têt' qu'ça s'ouvrait que de nuit ? En tout cas on n'avait pas été assez discrets, une demi-douzaine de lésinas sont rev'nus et on s'est frittés.

En gros, c'est lent et le feu les détruit (après un moment), mais sinon quesque c'est chiant à tuer pour de bon ! Kacem les a cramés avec une torche (la seule qu'on avait !), aidé par des flèches enflammées de Farouk, mais l'a bien couru et s'est pris de belles égratignures des monstres. Belzagar a aussi aidé en leur courant autour pour les disperser, mais heureusement qu'y en avait pas trop. Vu la centaine qu'on avait vu partir, valait mieux pas s'faire coincer ou on était foutus !

Coincés
Après de vaines tentatives d'ouvrir le satané portail magique, on est montés dans une caverne plus haut pour s'reposer. On avait fouillé la caverne principale de fond en comble et trouvé des p'tits trucs dans les ossements brisés et nombreux qui jonchaient le sol de la grotte : armes rouillées, quelques piécettes, trucs métalliques divers... Les traces montraient bien que le portail était le seul passage utilisé, et que les morts-vivants d'vaient y r'venir régulièrement.

Du coup, l'idée c'était de repérer quand les deux battants du portail s'ouvriraient, et de laisser les lesinas y entrer. Puis faudrait attendre de les voir tous ressortir pour passer l'portail avant qu'i s'referme. Si c'était possible, bien sûr. Et selon les perceptions magiques de Manil, yavait encore des trucs qui s'passaient en profondeur, faudrait voir alors et espérer qu'les gamins s'raient encore vivants. Sans parler de trouver à sortir vivants nous aussi.

Peu avant l'coucher du soleil, on est r'descendus dans la caverne pour guetter si l'portail allait s'ouvrir aussi. Moi j'étais posté à l'entrée, et quand les battants se sont ouverts magiquement, j'ai commencé à voir les premiers lesinas arriver. On a eu l'temps de pénétrer dans une pièce pleine de bas-reliefs qui f'saient peur à voir et donnaient pas DU TOUT envie d'rencontrer l'ancien propriétaire, et un escalier un colimaçon au milieu. Et en même temps qu'le portail s'ouvrait, autre chose bougeait aussi en profondeur.

Mais on n'a pas eu l'temps d'ressortir, les lesinas arrivaient au pied de l'entrée et étaient trop nombreux. On s'est planqués dans un recoin d'la caverne, là où les gamins avaient dû faire de même - et là où i-z-avaient chié et pissé - et on a laissé passer les morts-vivants. Au loin, très bas, par l'escalier de la pièce derrière le portail, on a entendu comme les cris desdits gamins - au moins z-étaient vivants. Mais pour combien d'temps encore ? Et on f'rait comment pour descendre si l'portail se r'fermait trop tôt ?

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 30

Message non lupar Niemal » 21 juillet 2016, 09:11

Pour une fois, j'dois dire qu'le nain m'a épaté. Ben quoi, par le passé, l'a toujours r'gardé davantage à c'que sa bourse soit bien garnie plutôt qu'ses copains aillent bien. Bon, d'accord, ces souvenirs datent de nos débuts à Tharbad, et Marti a bien évolué. Mais quand même, tomber sur un trésor de dragon et arriver à ne rien en prendre, pas même une piécette, chapeau le nain ! Bon, d'un autre côté, s'il l'avait fait, il aurait été désossé par le reste de l'équipe. Ou par le spectre qui serait revenu rien qu'pour lui.

Car oui, on est tombé sur un beau spectre-pas-sympa-du-tout-très-puissant-et-même-foutrement-mortel, sans parler de quelques fantômes, des lesinas à la pelle... et les gamins qu'on recherchait. Et on a même réussi à s'en tirer, et avec quelques objets sacrément utiles avec ça, dont un spécialement conçu pour combattre les morts-vivants. Ce qui n'a pas empêché, un peu plus tard, l'un d'eux d'écorcher vif - en partie du moins - Belzagar, qui avait l'objet en question. Mais notre pirate est costaud, il survivra.

Descente
Bon, reprenons où on en était : les gamins étaient vivants, en bas - très bas - d'une crypte bourrée de lesinas, bien trop pour nous. Donc on s'est dit qu'on allait laisser la nuit passer, et lorsque les lesinas ressortiraient, on filerait par la porte de la crypte avant qu'elle se referme. Ouais, super, mais est-ce qu'on pouvait attendre que les espèces de zombies soient tous partis et entrer avant la fermeture de la porte ? Si c'était pas l'cas, ça voulait dire attendre une journée d'plus, avec le risque qu'les gamins tiennent pas. On était pas tous d'accord, mais à la fin on a décidé de foncer dans les derniers et d'forcer l'passage, pour êt' sûrs de passer et se laisser enfermer.

Lorsque les lesinas étaient presque tous sortis et que Manil a senti qu'la magie s'réveillait, on a filé comme des fous au fond d'la caverne. Farouk et Tirielle ont utilisé des flèches enflammées sur quelques lesinas mais ils brûlaient pas assez vite. Kacem a tourné autour du dernier pour l'éloigner d'la porte et des copains. Gaerwen en a attaqué un comme une folle mais elle a failli se faire dévisser la tête. Belzagar a dû la protéger en se défendant, et Marti en a fait autant. Mais en fin d'compte on a pu passer, et la porte s'est r'fermée ; les deux Dúnedain ont fait des beaux plongeons pour pas rester en arrière, surtout la capitaine !

On a descendu l'escalier qu'on avait déjà vu, pis on est arrivé dans un espèce de puits immense et comme sans fond. Yavait un chemin taillé dans la roche pour descendre, en pente, et sacrément glissant à cause de tout l'sang qui sortait d'un p'tit renfoncement creusé au-dessus du ch'min, et rempli de crânes et autres ossements. Et ça puait la magie. La blonde a essayé de descendre, mais l'a failli jouer au toboggan - bien profond - et finir en bas dans on savait pas quel état. Elle a testé avec un crâne, et ça donnait pas envie d'essayer...

Mais on a entendu les gamins au fond et on a pu échanger avec eux. Coincés qu'i-z-étaient... et nous avec eux : en journée, le chemin était impraticable à cause du sang. La nuit, le sang disparaissait et des marches apparaissaient, mais les lésinas aussi en haut ! Du coup, on était obligés d'attendre la nuit pour descendre - plus vite que les lesinas - et rejoindre les gamins. Surtout qu'i' nous ont dit qu'i yavait des couloirs que les lesinas laissaient tranquilles, avec juste quelques fantômes, mais z'avaient pas l'air méchants, même s'ils leur foutaient une sacrée trouille - semblaient garder des portes.

Discussions
On a donc r'trouvé les gamins, à au moins cent pas d'profondeur au fond du foutu puits, en état à peu près correct sauf qu'i-z-avaient presque plus de vivres et d'eau. Ça valait aussi pour nous en fait, mais on pensait que p'têt' les fantômes pourraient nous aider. Au fond, yavait une grand caverne avec quatre portes, et derrière chacune, un grand couloir circulaire avec quatre portes devant une trappe... et un fantôme devant la porte. Les copains pouvaient pas tous s'avancer trop, les meilleurs restaient à un pas, mais moi j'pouvais m'approcher assez pour toucher les fantômes - pas qu'j'ai eu envie d'le faire, hein !

En tout cas, on a essayé d'leur causer et ça a marché. I parlaient une vieille langue que Gaerwen et Belzagar comprenaient - l'ancienne langue de Númenor, l'adûnaic ça s'appelle je crois. En fait les quatre fantômes étaient d'anciens héros qu'avaient essayé de tuer (pour de bon !) le spectre qui vivaient tout au fond. J'crois qu'c'était un grand général ou empereur fou qu'a pas eu assez d'son vivant pour trucider du monde par dizaines ou centaines de milliers, l'a fallu qu'i continue une fois mort...

Bref, les fantômes nous ont dit qu'i-z-avaient essayé d'le combattre mais i rev'nait tout l'temps. Alors i se sont sacrifiés pour le maint'nir enfermé et créer une magie capable de le détruire... avec l'aide de vivants altruistes, débrouillards et à l'âme bien trempée. Ben tiens. En gros, des couillons comme nous, quoi. C'était quoi le plan ? On promet de détruire le spectre et toutes ses possessions sans exception - pas possible de garder même une p'tit' piécette, entendu le nain ? - et les fantômes nous aident à faire ça en nous fournissant des objets magiques balèzes.

Bien entendu, si on n'est pas d'accord, les fantômes nous aident pas et on crève, soit aux mains des lesinas, soit de faim ou d'soif, soit d'la main du spectre. Super le choix. Mais au fait, le spectre, il était où ? Dans une pièce secrète sous le fond du puits, pleine de trésors digne d'un vieux dragon hyperactif. On pouvait y arriver par des passages secrets accessibles au fond des trappes. Et si les fantômes restaient immobiles, c'était pour l'empêcher d'sortir de là. C'est aussi grâce à leur pouvoir qu'les lesinas pouvaient pas v'nir dans les couloirs, au moment même où on discutait.

Préparation au combat
Bref, on a tous promis, même les gamins, pis on a eu accès - pour ceux capables de frôler les gardiens éthérés (moi, quoi !) - aux quatre portes que les fantômes gardaient : le passage vers leur tombeau, avec dans chacun des objets pour nous aider. Ouais, mais l'tombeau était en pierre, vach'ment lourd pour moi ! Avec la hache du nain - m'en suis servi comme levier - et divers outils, j'ai réussi à en ouvrir un, mais c'était crevant. En fin d'compte, le nain s'est forcé un peu et il a réussi à passer tout près des fantômes pour pouvoir m'aider et récupérer les objets.

Quatre des objets servaient à la destruction d'la crypte du conquérant mort-vivant : quatre morceaux de bâton magique à assembler et actionner magiquement dans le tombeau du spectre, en sa présence. Ça retournerait la puissante magie du lieu contre lui-même, et ça détruirait tout. Mais pour qu'le spectre soit définitivement détruit, fallait rien r'tirer d'son trésor, qu'était maudit. Et en plus fallait sortir vite après avoir activé la magie, pasqu'elle allait pas attendre tranquillement qu'on soit en sécurité, bien sûr !

Mais yavait quatre autres objets assez sympas : un livre vierge, mais qui contenait tout le savoir - général - du monde. Tu t'concentres, et des écrits apparaissent sur le sujet, voire des plans, comme un érudit aurait pu en faire. C'est Manil qui l'a pris, et i s'en est servi pour en apprendre plus sur les moyens de fout' sur la gueule du spectre. Il a notamment lu qu'la magie des soins pouvait protéger d'la magie du spectre. Alors il a fait des rituels de soin sur tous - moi excepté, manquait d'plantes médicinales - pour les protéger. Moi i paraît qu'chuis naturellement très résistant.

Yavait aussi une épée, c'est Belzagar qui l'a prise, elle était enchantée pour détruire les morts-vivants. Puis aussi un arc magique dont les flèches devenaient magiques et pouvaient blesser des spectres... avant de se consumer. C'est l'elfe qui l'a pris. Enfin, yavait une armure de cuir très résistante et légère, avec un pouvoir particulier : en se concentrant sur un ennemi, le porteur devenait imperceptible pour ce même ennemi. Mais fallait s'concentrer, donc pas possible de combattre ou faire d'la magie en même temps, et ça marchait que sur une personne. Manil l'a pris, qu'allait avoir la tâche d'activer le bâton qui f'rait tout sauter.

Retour triomphal
Pis on s'est mis deux par deux, pour arriver par les quat' directions possibles en même temps : Kacem et Manil, qui d'vaient remettre le bâton en état d'marche et l'activer. Farouk et moi, pour repérer c'qui yavait à voir et aider les autres. Belzagar et Gaerwen, pour la baston, avec l'appui de Marti et Tirielle. On a trouvé tous les passages secrets, on s'est coordonnés de loin par la voix. Pis on est entrés. J'vous dit pas le trésor de malade ! La pièce était bourrée à craquer de trésors de toutes sortes, de gemmes qui brillaient toutes seules, de bijoux, d'armures et d'armes diverses, et j'en passe - on voyait même pas le tombeau au centre. Le spectre nous avait senti arriver, mais il a préféré aller droit sur les deux Dúnedain. Ou bien pasqu'il était comme eux, ou bien pasque l'arme la plus dangereuse était là.

Même en parant comme un fou, le pirate s'prenait des égratignures, mais rien d'grave. Tirielle avait pas d'flèches assez grandes pour l'arc magique de Númenor mais elle en a trouvé dans la salle, et Farouk pareil, des magiques. Pas qu'ça ait fait grand-chose, leurs tirs lui f'saient mal mais l'ralentissaient pas vraiment. J'ai trouvé une épée magique pour Gaerwen, j'lui ai lancée, l'a attaqué l'spectre dans l'dos. Du coup l'a envoyé sa magie sur le pirate puis il s'est tourné vers la capitaine, qu'a réussi à parer mais de justesse. Belzagar est tellement têtu qu'avec la magie de Manil le sortilège du spectre lui a rien fait, et l'a profondément planté l'épée magique dans l'dos du spectre, qui s'est évaporé.

Pendant c'temps-là, Kacem et Manil avaien réparé et activé le bâton d'magie, et tout a commencé à partir en couilles. On s'est dépêché de r'monter - les lesinas s'étaient tous effondrés, sans non-vie - avant qu'tout s'écroule. Les plus costauds ont aidé voire porté (merci Belzagar !) les plus faibles ou moins endurants. C'était chaud, les derniers ont failli finir ensevelis dans la caverne. Mais à la fin, malgré quelques p'tites blessures ou égratignures, on était tous en vie, dehors, enfants compris ! Ouais !

C'était l'début du jour, i nous restait presque plus d'eau, donc Farouk a cherché une grotte pour passer la journée au frais. On est rev'nus au village de nuit, sales et assoiffés, j'vous dis pas la fête ! On est restés un mois pour guérir, se r'poser, capturer et dresser trois nouveaux dromadaires avec la magie d'l'elfe. Et aussi attendre que l'gros d'la mauvaise saison - l'automne avec plein de tempêtes (de mer ou de sable) soit passée. Et enfin on était prêts à partir avec vivres et eau, sur cinq vaisseaux du désert - deux par dromadaire, en comptant les deux marins survivants.

Rencontres
Bref, le dernier mois de l'année, on est r'partis le long d'la côte, sur les dunes de sable du désert de Harad. Farouk était le meilleur monteur et menait la caravane - moi j'm'accrochais, j'vois pas c'que j'pouvais faire d'autre - avec les bêtes attachées les unes aux autres. On voyageait d'nuit et on avait des tentes pour s'protéger du soleil et d'la chaleur le jour. Première nuit et premier jour pas d'problème, mais sur la fin d'la deuxième nuit, on a commencé à percevoir quèqu'chose devant, pas loin. J'ai senti une odeur de mort et j'l'ai dit aux copains.

Après avoir essayé d'contourner l'endroit d'où ça venait, on est tombé sur des traces de fuite. En remontant, on est tombé sur les restes d'un campement de caravane, avec plusieurs cadavres que des hyènes nettoyaient. On les a laissées faire et on a fouillé les restes en journée, une fois qu'elles étaient parties. On avait déjà trouvé le cadavre d'un gars qui fuyait auparavant, et là y'en avait une demi-douzaine d'autres. D'après les traces et le bouquin de Manil, on a compris c'qui s'était passé : la journée précédente, un diable du désert - un mort-vivant sous la forme d'un tourbillon de sable - avait attaqué le camp. Il faisait des traces bien particulières, comme un sillon entre autres.

Plusieurs personnes avaient pu s'enfuir d'après les traces, mais p'têt' pas loin. Mais surtout, yavait p'têt' une demi-douzaine de dromadaires qu'avaient fui en premier. Ça, plus les restes de tissus ou cuirs fins, ça pouvait bien nous aider à passer pour des marchands. Avec Farouk on est allés voir en haut d'une grande dune si on pouvait pas voir quèqu'chose ou quelqu'un, et on a r'péré deux-trois dromadaires et une p'tit' tente à une heure de dromadaire, alors on y est tous allés. On est tombé sur le chamelier, le maître des bestioles quoi, qui cherchait d'autres survivants, et surtout son fils. Alors, à sa demande, on a dit qu'on allait restait avec lui et qu'on l'aiderait une fois la nuit venue.

On a suivi les dernières traces qu'avaient pas encore abouti à un cadavre, et j'ai commencé à percevoir un tourbillon qui v'nait vers nous. Dans l'même temps, Manil a senti d'la magie sur le gars, et quand il lui en a parlé, l'autre a commencé à lancer un sort - c'était un sorcier ! Une flèche de Farouk l'a tué, ou p'têt' qu'c'est l'pirate qui l'a achevé (lui a coupé la tête), mais surtout, le tourbillon était là. Yavait encore d'la magie sur le cadavre - un bracelet qu'avait dû appeler l'mort-vivant - mais impossible de savoir comment ça marchait. Et on s'en est pris plein la tronche.

Le sable volait dans tous les sens et nous aveuglait en partie. Belzagar avait sorti son épée magique, mais le tourbillon l'a envoyé en l'air avant qu'il ait pu faire quoi qu'ce soit. Heureusement qu'il est costaud, s'est pas fait trop mal en r'tombant. Les flèches de Tirielle l'ont à peine ralenti. Manil s'est fait courser un moment, sans doute à cause du bracelet. Marti a testé pour la première et dernière fois sa hache-magique-à-un-coup, pour un résultat limité (et plein d'morceaux de hache partout). L'pirate était toujours menaçant alors le sable a commencé à déchirer ses vêtements et sa peau en lui arrivant dessus à toute allure. Puis il l'a élevé en l'air mais au même moment Belzagar a réussi à planter l'épée au milieu du tourbillon, qui s'est dissipé. Il a commencé à se reformer mais le bracelet a été brisé par l'épée magique et la créature a disparu pour de bon. C'est animé, la nuit dans l'désert de Harad...

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Slyden
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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar Slyden » 28 juillet 2016, 21:15

Farouk, bourru et discret.

farouk.jpg
Modifié en dernier par Slyden le 06 août 2017, 22:32, modifié 3 fois.

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Journal de Tobias - récit n° 31

Message non lupar Niemal » 17 septembre 2016, 12:35

On trouve vraiment tout et n'importe quoi dans le désert : des aventuriers qui vont foutre leur nez là où il faut pas, une tour magique privée de son propriétaire, un ver des sables aux lonnnnnngues dents mais qui réagit comme un bon toutou à son maimaître - si seulement le maimaître en question savait lui parler ; et j'en passe. Par contre, côté nourriture, on peut pas dire que ce soit l'abondance. Bref, qu'est-ce qu'on fout encore là !?!

Bon, en fait, on a quand même de bonnes raisons, ne serait-ce que ce foutu dragon miniature (pas tant que ça !) qui ne laisse passer qu'un seul d'entre nous. Pis faut bien dire que ya une tonne de trucs à lire dans cette foutue tour, on peut pas dire qu'on s'ennuie ! Enfin, pour ceux qui aiment lire... Sans parler de la probable seule source d'eau potable à des lieues à la ronde. On a connu pire comme prison...

Reflet et attirance
Bon, la mer de sable, c'est joli un moment mais ça finit vite par taper sur les nerfs. Après le combat avec le sorcier et le tourbillon vivant, le bilan a vite été fait : un blessé - Belzagar - et le corps sans vie du gars qui nous voulait pas du bien. On l'a dépouillé et j'ai soigné not' pirate - pas forcément dans cet ordre - et pis, ben, l'a fallu r'trouver not' chemin jusqu'aux restes de la caravane attaquée. Ha, oui, et au passage, récupérer les dromadaires qui s'étaient éparpillés un peu dans toutes les directions pour échapper à la menace magique - sont plus intelligents qu'nous ces bestioles, pis z-ont des sacrées guiboles.

Une fois les bestioles retrouvées, ou en tout cas assez pour nous porter tous, on a pu reprendre la route. Oui, mais avec un poids de taille, dans tous les sens du terme : not' foutu pirate d'Umbar était pas franchement dans un très bon état, après avoir été en partie écorché vif par le sable du tourbillon magique. Bouger pouvait pas l'arranger beaucoup, même si on comptait sur son endurance phénoménale pour lui faire supporter la chose. Mais même avec les beaux pansements qu'j'lui avais faits, l'avait besoin d'boire deux fois plus qu'avant.

On pouvait pas aller très vite sans quoi i' se s'rait r'mis à saigner, et à lui tout seul i' d'vait consommer presque la moitié d'not' flotte. Le plus proche village était pas encore à portée, et l'eau allait manquer, sans parler des risques possibles de tempête de sable ou autre. En résumé, on allait bientôt manquer d'eau. Et où voulez-vous trouver d'la flotte dans une mer de dunes mouvantes ? On s'est mis en hauteur et les meilleurs d'entre nous ont essayer de r'pérer quèq'chose, une oasis ou autre au loin. Et... tiens, i' m'a semblé apercevoir, bien loin à l'intérieur des terres, comme un reflet...

Dans le même temps, Manil nous a dit qu'il ressentait comme une attirance, un truc bizarre, magique, et dans la même direction en plus. Bien entendu, plutôt de de flairer les problèmes et de partir au plus vite, on s'est dit qu'on pouvait pas ne pas aller voir de quoi il retournait. Et plus on s'en approchait, plus not' mago ressentait d'la magie et quelque chose de familier qui l'attirait par là-bas, tandis que l'reflet semblait être celui d'une surface métallique rebondie. Mais il n'y avait pas que cela à voir...

Sacré gardien
En fait il y avait d'abord des choses à sentir : plus on s'approchait d'la zone, et plus les dromadaires devenaient nerveux. Et moi-même, je sentais une odeur particulière dans l'coin, et pas le genre d'odeur rassurante. Plutôt celle qu'on imaginait dans l'antre d'un très gros prédateur... Et en r'gardant bien, quand on était plus très loin, j'ai pu r'marquer, et d'autres après moi, un truc qui bougeait dans l'sable. Restait plus à Farouk qu'à nous parler des vers des sables, des espèces de dragons miniatures du désert, et pas intelligents, pour imaginer ce à quoi on avait affaire...

On s'est dit qu'on allait le contourner trèèèèès doucement, à pied, pour ne pas alerter la bestiole qui semblait garder ou surveiller l'étrange structure qui semblait sortir des rochers au milieu du sable, et qui était notre destination. La discrétion excluait d'office les dromadaires et le nain, restés en arrière, surtout quand on a vu qu'le sable semblait bouger dans not' direction. Les deux marins sont restés avec le nain, on s'est approchés à cinq, plus Belzagar et Gaerwen à une certaine distance au cas où un peu de muscle serait nécessaire.

Mais chais pas si c'est nos deux tourtereaux, particulièrement maladroits dans l'sable, qu'ont alerté la bestiole dans l'sable, mais en tout cas elle est vite venue vers nous alors qu'on approchait du dôme vert dans les rochers. Et qu'elle s'est montrée. Premier constat : balèze, le dragon miniature de douze pas de long ! Même Belzagar - surtout dans son état - on le voyait pas faire davantage que servir d'apéritif au ver des sables ! Deuxième constat : chouette, pas d'ailes pour ce dragon ! Troisième constat : boudu qu'il avance vite sur le sable - on s'est éparpillés et planqués, enfin ceux qui savent comment faire.

Ben là, i s'est passé un truc bizarre : la bestiole s'est arrêtée net devant Manil, comme si elle le reconnaissait, comme un chien qui flaire son maître parti depuis bien longtemps. Pendant c'temps-là on en a profité pour foncer vers les rochers et l'espèce de bout de tour qui en sortait. Pis l'dragon a laissé notre mago rouquin pour aller donner la chasse à devinez qui ? Les moins discrets, les plus juteux, les plus maladroits sur le sable. La flèche de l'elfe a fait que dalle, sauf peut-être distraire le monstre. Pis chais plus comment on a réussi à attirer la bestiole pour laisser passer les deux Dúnedain, mais i-z-allaient pas assez vite sur le sable, alors Manil a dû s'interposer entre le dragon et eux, et ainsi on s'est r'trouvés à sept au niveau de l'escalier sous le dôme vert...

Dans l'antre de l'archimage
Bon, déjà, un bon point, le dragon ne semblait pas vouloir ou pouvoir venir sur les rochers qui entouraient l'espèce de bizarre demeure. Il nous a donc laissés tranquille pour se lancer à la poursuite des dromadaires, du nain et des deux ex-marins. Marti a grimpé sur un dromadaire comme jamais et il les a menés loin de là à toute allure comme Farouk aurait eu du mal à le faire ! Pour un nain qui ne fuit jamais, ça a quand même dû lui faire mal intérieurement... N'empêche qu'il n'aurait pas pesé plus qu'une bouchée, et ainsi il a sauvé toutes nos bêtes.

Bon, restaient sept péquins en haut d'un petit escalier, face à une porte de pierre qui n'avait aucune serrure ou autre mécanisme d'ouverture, et qui ne voulait bien entendu pas bouger - ça aurait été trop facile ! Mais au-dessus de la porte, dans un auvent que faisait le dôme au-dessus de nos têtes, il y avait une petite ouverture qu'une plaque métallique aurait pu fermer mais qui était maintenue ouverte. Le genre de passage que seul un animal peut prendre... ou peut-être aussi un hobbit assez souple et agile.

Et donc j'ai réussi à entrer par là, pour me trouver dans une drôle de pièce avec des instruments divers comme des tubes fermés pour regarder le ciel - à part qu'i yavait pas d'fenêtre. Par contre, et c'était une constance de la baraque, il y avait des runes et inscriptions bizarres un peu partout sur les murs, le sol, et plein d'endroits. Et, selon Manil, ça puait la magie un peu partout. Quoi qu'il en soit, il faisait noir, les copains m'ont fait passer un peu de lumière et j'ai trouvé un escalier qui descendait jusqu'à une entrée. Là, deux manivelles permettaient de déverrouiller une lourde porte de pierre et les copains ont pu entrer.

Après quoi on a fouillé ce qui devait se révéler être l'antre d'un probable puissant magicien ou sorcier. Puissant car il y avait de la magie partout, d'après Manil et les nombreux signes cabalistiques qu'on voyait un peu partout. Et not' mago avait l'air de dire qu'il se sentait un peu ridicule par rapport à tout ce qu'il y avait. Le maître des lieux semblait être vraiment très fort... et parti depuis bien longtemps. A en juger par les traces, cela faisait autour d'une vingtaine d'années que l'endroit avait été déserté. Bibliothèque, chambre, cuisine, salon, atelier, prison, etc. : il n'y avait pas âme qui vive.

Apprentissages
Le lieu a donc été facilement occupé, même si certaines parties ont été fouillées avec précaution. Ainsi, dans l'atelier de magie ou d'apothicaire, il y avait de grandes quantités de flacons divers et variés où se côtoyaient le meilleur comme le pire : des remèdes salvateurs comme des poisons les plus virulents. L'homme qui habitait ici semblait être une personne de grand savoir, mais au vu des écrits qu'il avait laissés derrière lui, il n'hésitait pas à franchir certaines limites peu recommandables. Manifestement, il était passé maître dans la dissection de corps humains, entre autres choses...

Par ailleurs, ce semblait être un grand peintre, et un de ses sujets favoris était une femme rousse, belle mais qu'on devinait aussi dotée d'une très forte volonté, pour ne pas dire plus. Et il y avait un petit quelque chose de familier avec Manil, qui de son côté ressentait une même familiarité avec la magie qui imprégnait les lieux. Peut-être bien qu'on venait de retrouver ses parents... qui auraient disparu plus ou moins au moment de sa naissance ! En tout cas, il était tombé sur des "mémoires" du maître des lieux qui couvraient peut-être une soixantaine d'années. La langue était de l'Apysaic, qu'il arrivait à lire, et il s'était mis à déchiffrer le dernier des dix tomes.

Entre autres choses, car la magie des lieux l'intéressait au plus haut point. Après quelques essais et études dans la bibliothèque, le magicien du groupe a réussi à comprendre et à utiliser les nombreuses torches ou lanternes magiques qui parsemaient le lieu. En gros, il a réussi à allumer magiquement une source de lumière, avec la particularité que ladite source éclairait pour la durée du sortilège, mais sans se consumer... Cela semblait être un rituel magique un peu particulier mais rapide, l'un des très nombreux enseignements qu'il aurait pu apprendre en restant ici... pour autant qu'il était possible.

Car après vingt ans, le cellier était plutôt dénué de victuailles encore comestibles. Peut-être qu'à une époque la magie présente permettait de garder des carcasses diverses congelées, mais ladite magie ne fonctionnait plus depuis des lustres, et il ne restait rien d'autre que de l'os, du cuir et de la poussière... Et de l'eau, puisqu'un puits était creusé dans la demeure elle-même. Kacem, à l'aide de son armure qui le rendait imperceptible, put ainsi aller ravitailler en eau le nain et les marins, puisque le dragon ne pouvait le voir ou sentir. En échange il prenait de la nourriture pour le groupe de sept. Mais les réserves ne dureraient pas éternellement.

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Journal de Tobias - récit n° 32

Message non lupar Niemal » 27 septembre 2016, 16:22

Alors, comment dire... Les copains, c'est bien gentil quand on ne peut pas faire autrement que d'se serrer les coudes, mais dans d'autres circonstances, ils sont loin d'être tout rose. Là, ces derniers jours, Kacem a montré qu'il avait des ressources, et notamment une armure magique assez fantastique, et qu'il savait s'en servir. Et que le voleur qu'il était n'avait aucun mal à devenir un assassin sans pitié. Bon, certains me diront qu'il a aussi risqué sa vie, et qu'il n'a pas été le seul à tuer, mais on dirait qu'il y a pris aussi un certain plaisir...

Bon, si on r'garde les choses en face, les bandits bédouins qui en ont le plus souffert nous auraient sans doute fait pareil s'ils avaient pu. Et que avec tout ça, on a pu progresser et avoir davantage de dromadaires et tout, et que la civilisation n'a jamais été aussi proche, et la fin du désert avec. Mais j'me d'mande si justement l'problème c'est pas la civilisation en fait. Plus on en est proche, plus j'ai d'bonnes occasions d'râler. Qu'est-ce que ça va être et qu'est-ce qu'on va faire quand on s'ra d'retour en Gondor ou plus au nord, j'me d'mande bien...

Des bestioles à l'horizon
Bon, alors si j'résume bien, on était coincés par ce foutu dragon le temps qu'le mago du groupe apprenne à lui parler et à lui dire de nous laisser passer. Entretemps, on avait d'la flotte à volonté - toujours bon à prendre en plein désert - et des provisions qui s'résumaient à pas grand-chose plus la barbaque qu'on pouvait prendre sur nos montures. L'problème c'est qu'si on bouffe nos montures, on fait comment pour quitter l'désert après ?

Bon, Farouk le débrouillard a réussi à glaner des trucs à bouffer dans les rochers ousqu'on était, autour de la tour, des espèces de rongeurs entre autres choses. Reste que ça risquait pas d'nous am'ner très loin. Pis, ben, l'a bien fallu attaquer not' réserve : on a choisi un dromadaire qu'avait pas l'air trop bien, de tout' manière on pouvait facilement se passer d'une monture, on en avait assez. On en a fait des côtelettes et plein d'autres trucs, enfin surtout moi, et comme y avait plein d'viande - c'est gros ces trucs-là - j'ai fait sécher une partie au soleil, sur le dôme de la tour.

Pasque j'allais souvent sur le dôme - on m'avait balancé là-haut avec une échelle, par l'extérieur - pour zieuter les environs et voir si yavait pas des trucs intéressants en vue. Du genre, une troupe de dromadaires qu'auraient l'bon goût d'passer pas loin, par exemple. Histoire de pouvoir renouveler nos provisions, entre autres choses. Et pis ben justement, un matin j'crois, m'a semblé voir au loin des p'tites silhouettes de quadrupèdes au sommet des dunes assez loin, trop pour avoir des détails ou êt' vraiment sûr de la chose.

Alors Kacem a décidé d'aller faire un peu d'exploration. On avait déjà fait des p'tites expériences qu'avaient montré que Farouk, Tirielle et moi on pouvait êt' assez discrets pour se barrer d'la tour sans alerter le dragon, surtout si Manil l'attirait à un autre endroit. Kacem avait son armure pour le masquer ; par contre les deux Dúnedain et l'nain fallait pas en espérer grand-chose question discrétion. Enfin bon, comme ça l'voleur d'Umbar a fini par rejoindre le nain et les montures avec Tirielle. I-z-en ont pris une et sont allés voir du côté de c'que j'avais vu.

Coup manqué
Les deux amis ont donc progressé dans l'désert, et z-étaient assez perceptifs pour arriver à pas s'perdre et à r'trouver les bestioles que j'avais repérées. Mais i's'sont vite rendu compte que lesdites bestioles étaient pas seules, et elles étaient loin d'êt' sauvages. En gros, i s'agissait d'une troupe de bédouins avec p'têt' une trentaine de dromadaires. Et l'Haradrim a aussi r'péré des guetteurs à un endroit. Et comme c'était de jour et qu'il avait pas spécialement fait attention à êt' discret, les guetteurs les avaient manifestement vus.

Kacem a décidé d'aller les voir et d'entamer la conversation, mais i' s'est vite montré méfiant. D'une part, yavait au moins un gars qu'était parti pour aller prévenir la troupe de l'arrivée de l'elfe et lui. Ensuite, à voir les bédouins d'plus près, ça lui f'sait pas tout à fait penser à d'honnêtes marchands mais plutôt à des types comme lui - des voleurs, quoi - en un peu plus guerrier. Pis les gars qu'étaient restés semblaient très contents d'causer pour ne rien dire mais d'les faire patienter ici le temps qu'les renforts arrivent...

Ça, plus un aut' gars pas loin avec un arc prêt, l'voleur d'Umbar s'est dit qu'ce s'rait con d'rester trop longtemps dans l'secteur, mais qu'yavait p'têt' un truc à tenter. Alors avec Tirielle il a faussé compagnie aux guetteurs - avec une égratignure en prime de la part de l'archer - avant l'arrivée d'une compagnie de bédouins guerriers à dos de dromadaire. Deux gars sur un dromadaire face à plus d'une dizaine, c'était trop tentant, et donc la chasse a été donnée. Droit vers la tour et le territoire du dragon...

Le calcul du voleur était simple : on attire les brigands là-dedans, le dragon en fait de la charpie, et on récupère les restes, en particulier les montures. Problème : quand Kacem est passé dans la zone dangereuse, l'elfe s'est laissé tomber entre deux dunes et elle s'est planquée, mais elle a entendu les bédouins qui s'arrêtaient - i d'vaient connaître la présence du dragon. Plus loin, ledit dragon fonçait à la poursuite du dromadaire qui s'enfuyait à toutes jambes. L'voleur d'Umbar s'est laissé tomber dans l'sable et les bédoins ont réussi à récupérer not' dromadaire, non sans s'demander poursquoi l'ver des sables avait évité Kacem au dernier moment.

La revanche du voleur assassin
Nos deux amis sont rentrés bredouilles, à pied, avec une monture en moins. Pas terrible comme bilan. Avec ça, on avait indiqué not'présence aux autres et ils ont déplacé leur camp pour se tenir pas trop loin d'la tour, mais hors de portée d'la zone contrôlée par le dragon. L'a d'ailleurs fallu dire au nain et aux marins de déplacer l'camp avec nos dromadaires pour qu'i s'fassent pas r'pérer, et qu'on perde pas tout. Donc maint'nant on avait un dragon ET une compagnie de bandits bédouins pour nous emmerder.

Mais Kacem avait pas dit son dernier mot. On a r'péré qu'les bédouins avaient organisé deux postes de guet pour nous surveiller. Farouk, Tirielle et lui sont allés, de nuit et en catimini, tester leurs talents de discrétion contre le sens d'observation des guetteurs. Sachant qu'en plus que Kacem avait une armure qui lui permettait de se concentrer et d'être complètement imperceptible aux yeux d'un être vivant. J'vous dis pas l'avantage. Et il comptait bien en profiter, et il ne s'en est pas privé...

De toute manière les copains étaient déjà bien trop discrets. A peu près deux fois, Kacem arrivait assez près, dans l'dos de deux guetteurs, tout proche de deux autres qui buvaient l'thé, dont un sans pouvoir le voir. Ça plus deux archers discrets et perceptifs de nuit, f'sait vite quatre morts qu'avaient pas l'temps d'donner l'alarme, et des montures et petit matériel en plus. En bref, les deux postes de guet furent bientôt nettoyés d'leurs bédoins. Farouk et Tirielle sont partis apporter tout ça au camp du nain, moins un dromadaire pour Kacem qui comptait bien continuer son p'tit travail.

Après j'ai pas bien compris tout c'que l'voleur d'Umbar m'a raconté, mais j'crois qu'il est allé voir de plus près l'camp en espérant pouvoir y mettre le souk et récupérer des trucs. En tout cas Farouk et l'elfe sont rev'nus après, du côté d'un coin ousqu'i s'étaient donnés rendez-vous, et l'voleur était un peu poursuivi par des bédouins pas très contents. Une p'tite embuscade nocturne de deux archers, un voleur qui disparaît pour tuer des gars isolés, et les bédouins ont vite jeté l'éponge : i-z-ont fui vers leur camp, qu'i-z-ont levé au p'tit matin j'crois. On avait des montures en plus et on s'était débarrassés d'eux.

A nouveau en route
Pendant c'temps-là, Manil avait l'air de bien progresser au niveau magie. J'crois qu'il avait fini par apprendre à faire un rituel pour app'ler des animaux magiquement - toujours intéressant pour attirer la bouffe à nous, par exemple - mais aussi pour leur parler. Bon, l'dragon était un peu plus qu'un animal, mais en y mettant beaucoup du sien, pis avec l'aide du super laboratoire de magie d'la tour, il pouvait faire ça pour lui avec un peu de succès. Peu après les bédouins, l'a pu essayer, et... ça a eu l'air de marcher. Non sans mal - l'avait l'air un peu crevé - mais il a pu s'faire comprendre.

Après, chais pas c'qu'il avait pu lire dans les bouquins d'son probable paternel, l'a rien voulu nous en dire. Juste que ça lui donnait des idées sur où aller chercher après ça. N'empêche que, quand on a été prêts, l'a pu dire au dragon qu'i fallait qu'i nous laisse passer et ça a eu l'air de bien marcher. On a donc quitté la tour avec de la flotte, dela viende séchée, des armes de qualité, quelques bouquins, d'autres trucs qui pouvaient s'vendre - Belzagar a mis la main sur tout c'qu'i pouvait - et j'en passe ; et on a reformé l'groupe avec le nain, les deux derniers marins survivants et les dromadaires - trois d'plus que c'qu'on avait avant d'rencontrer les bédouins.

Après, on a bien fait gaffe à pas partir du même côté qu'les bédouins qu'on avait croisés. Pasque c'est sûr qu'on s'était sûr'ment pas fait des amis, là. Même si on avait tué une bonne dizaine de personnes, ça f'sait qu'le tiers des guerriers, sans parler des femmes et enfants et p'têt' d'autres. Mais bon, on a progressé dans l'désert de dunes et après un moment, on a fini par rejoindre la côte et l'océan, qu'on a longés vers le nord-est et Umbar. Avec toutes nos montures et c'qu'elles portaient, ça pouvait p'têt' faire assez marchand. Si seulement on avait pas un nain, une elfe, deux Dúnedain et j'parle même pas d'moi...

Et pis ben enfin on a fini par sortir de la mer de dunes. Ho, bon, c'était encore le désert, mais au moins yavait un peu d'végétation et les bestioles qui allaient avec : insectes, oiseaux, rongeurs, serpents, scorpions, etc. C'était donc vach'ment plus vivant et facile de trouver à s'nourrir. Et de toute manière on a vite trouvé le village qu'on nous avait mentionné, un hameau de pêcheurs et éleveurs comme çui qu'on avait déjà vu deux ou trois s'maines auparavant. Kacem est allé voir si les bédouins étaient pas là, pis on est arrivés dans la p'tite bourgade comme des marchands qu'on était pas...

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Journal de Tobias - récit n° 33

Message non lupar Niemal » 21 octobre 2016, 16:14

Vous savez quoi ? Ben chuis ben content d'êt' enfin sorti d'ce foutu désert ! Bon, après, il est pas si loin qu'ça et on pourrait y r'v'nir vite si ça chauffait, et pis j'crois qu'là ousqu'on va c'est pas encore très verdoyant. D'un aut' côté, sur la fin c'était pas si mal, s'agissait juste de trouver les bonnes personnes et d'leur parler comme i faut... Ouais, bon, ça avait mal commencé, avec des attaques, des morts, des vengeances en veux-tu en voilà, l'escalade quoi. N'empêche qu'à la fin on a pu échanger poliment et rester plus civilisés. Si seulement on avait pu commencer comme ça avant...

Reste que chais pas très bien c'qu'on va faire maint'nant et comment ça s'fait qu'on soit encore tous ensemble. Bon, on a évité Umbar ousqu'on est plusieurs à pas êt' en odeur de saint'té. On a dit au r'voir aux derniers marins, on est pus qu'huit, mais on est dans un coin ousque Farouk a pas forcément laissé qu'des bons souv'nirs. Pis si j'ai bien compris, on doit aller vers des montagnes du Mordor ousqu'i paraît ya des orcs qui foutent le bazar et qui s'raient sur not' chemin. C'est là qu'le papa d'Manil est allé avant d'disparaître...

Salut les amis !
Mais revenons à ousqu'on en était restés la dernière fois : fin des dunes de sable et arrivée dans une petite bourgade. Bien entendu, les vieux réflexes sont vite rev'nus, et Kacem est parti en éclaireur pour repérer d'éventuelles anicroches. Comme l'a rien vu de tel, l'est rev'nu nous dire que la voie était libre et on a pu entrer dans l'village avec toute not' caravane. Les dromadaires sont allés dans une espèce d'enclos réservé aux bestiaux d'leur genre, et on a pu faire la connaissance du p'tit village de pêcheurs attenant.

Bon, ça r'semblait pas mal à celui qu'on avait vu pas loin de not' débarquement avec le bateau magique. Des gens très terre-à-terre, pas ben riches, mais prêts à aider pourvu qu'ce soit pas à sens unique. Des Suderons qui voyaient parfois passer quelques caravanes ou dont l'port de pêche et la crique ousqu'ils étaient abritaient de temps en temps des navires marchands en provenance ou à destination d'Umbar, mais qui s'comptaient sur les doigts d'une main chaque année. Un coin où la question de la survie et où le concret primaient sur la politique et les grandes idées.

On avait b'soin d'eau et d'nourriture, i-z-avaient tout ça, on pouvait leur fournir divers biens récupérés çà et là qui pouvaient les intéresser... On s'est r'posés et nettoyés pendant deux jours en faisant un peu de troc avec les gars du coin. Bon, on f'sait p'têt' pas très marchands avec deux Dúnedain, un nain, une elfe et un hobbit, sans parler du rouquin. Mais on s'est fait discrets, pis les pêcheurs/éleveurs du village ont pas cherché à trop fouiller dans not' passé, c'est pas bon pour la santé et on dirait qu'i comprenaient très bien ça.

Après réflexions diverses, on a fini par dire adieu aux deux marins survivants. Au départ c'étaient nos geôliers, partis vers le sud pour nous vendre en esclavage ; mais bon, on avait pas mal fait d'trucs ensemble et on s'était aidés. Kacem est allé leur parler pour s'assurer d'leur discrétion. Et comme les deux gusses sentaient qu'not' compagnie était p'têt' pas la meilleure à l'approche d'Umbar, i-z-ont accepté sa proposition sans mal : rester dans l'coin avec un peu d'argent, des armes et un dromadaire, et rentrer à Umbar par leurs propres moyens, sans nous. Salut les gars, c'était sympa, et bonne chance pour la suite !

De vieilles connaissances...
Le temps était plus frais sur la côte et loin d'la mer de dunes, pis c'était bientôt l'hiver. Alors on est r'partis de jour, vu qu'le soleil était encore chaud en journée mais supportable, et avancer de nuit avait pas autant d'attrait. Mais c'était encore la matinée qu'on a aperçu des guetteurs un peu plus en hauteur qui s'sont dépêchés d'enfourner leurs bêtes pour aller prévenir on savait pas qui mais on s'en doutait un peu. Genre des bédouins qu'avaient toujours pas digéré la mort de certains des leurs...

Et donc c'qui d'vait arriver arriva : on a eu beau accélérer l'allure, on a bientôt vu v'nir une troupe de bédouins en armes - vingt ou trente au moins, j'me souviens plus bien - qu'étaient pas là pour causer poésie ou marchandage. Et i-z-étaient meilleurs cavaliers que nous, si bien qu'on a vite dû chercher un coin où s'abriter. Mais aucune végétation suffisante aux alentours, et les seuls rochers capables de nous planquer avaient les pieds dans la flotte salée. Les bédouins s'sont mis un peu au-d'sus d'nous, en arc de cercle, à bonne distance... et i-z-ont pris leurs arcs.

Bon, Tirielle était meilleure et elle avait un arc magique, donc elle a pu faire quelques dégâts, sans parler de Farouk aussi. Mais les autres étaient prudents, et rapidement i's'sont mis à l'abri du peu de végétation ou autre couvert qu'i pouvaient trouver, et du coup i-z-étaient à peu près intouchables. Et si nous on s'planquait derrière nos dromadaires, ben, personne protégeait les dromadaires... et ces cons-là ont commencé à leur tirer dessus. Et petit à petit, on a vu filer les dromadaires blessés et apeurés les uns après les autres, jusqu'à c'qu'il en reste pus qu'deux ou trois.

Bref, on était mal : bientôt on aurait plus aucune monture, et c'était encore le désert autour. Les bédouins avaient récupéré nos bêtes, et c'qu'on avait laissé sur elles, et après ce s'rait facile pour eux d'rester à distance pour nous pourrir la vie et nous tomber d'sus dès qu'on s'rait assez affaiblis. Et privés d'armures dignes de ce nom, si on voulait leur tomber d'sus pour que l'nain et les Dúnedain leur fassent goûter à leurs armes, nos guerriers s'raient vite lardés d'flèches. Bref, ça s'annonçait mal pour nous.

Histoires de discrétion
Mais les bédouins étaient pas seuls à s'planquer : avant qu'i soient tous sur nous à nous bloquer avec leurs arcs et flèches, Kacem avait pris soin de s'écarter du groupe et d'se planquer dans un creux plein d'végétation - et bien, même nous on l'voyait plus. Du coup, on a décidé après un moment d'avancer le long d'la côte : quitte à s'prendre quelques flèches, autant le faire en bougeant un peu. Comme ça, même si nos ennemis nous suivaient, Kacem finirait par êt' dans leur dos. Ce qui avait fini par arriver, et les bédouins ne l'avaient pas remarqué...

Et donc, le combat prit une nouvelle tournure quand les bédouins ont vu leur nombre diminuer mystérieusement à une extrémité de leur groupe. Bon, bien sûr, l'voleur d'Umbar a pas pu rester complètement caché et après un temps assez bref (et deux ou trois morts quand même) une partie du groupe de bédouins lui sont tombés dessus... ou du moins ils ont essayé. Car les archers étant moins nombreux, on a foncé vers Kacem pour le défendre et abattre quelques ennemis, qui ont vite battu en retraite. On a r'trouvé la même position, avec juste quelques ennemis en moins, et l'voleur dans l'équipe.

Oui mais... sans moi. Ben ouais quoi, vous m'auriez vu courir à toutes jambes vers Kacem avec mes guiboles à moi ? Que dalle, chuis resté planqué et du coup c'est moi qui m'suis r'trouvé en dehors du cercle des ennemis. Chuis pas aussi bon qu'le voleur pour m'planquer mais chuis plus p'tit, on m'remarque moins, pis chuis pas nul quand même. Et j'ai une amulette magique, et deux même, car Manil m'avait passé la sienne. J'me suis un peu rapproché des bédouins, et j'leur ai chanté une belle berceuse après avoir envoyé un caillou dans la tête de l'un, histoire de les rendre bien agressifs...

Ben ça a marché - j'y ai mis toute l'énegie qu'j'ai pu et j'étais crevé après ça - sauf pour quatre d'entre eux. Tous les autres ont roupillé, mais les quat' qui restaient ont voulu me tomber d'sus. Bon, l'un d'eux a r'çu une pierre dans la tête et il a rejoint les dormeurs, mais les trois aut' avaient la nette intention de m'faire la fête. Heureusement, Belzagar a gueulé comme un putois enragé en leur fonçant dessus, histoire de faire diversion - merci l'grand, t'es moins con qu't'en as l'air et j'te dois une fière chandelle ! Un gars a tenté d'fuir, les deux autres ont tiré sur l'équipe qu'arrivait, mais i-z-ont pas fait long feu et le fuyard a été arrêté d'une flèche. Sauvés !

Issue pacifique... et avantageuse
Après, ben, c'est pas trop chouette. Les copains ont tué tous les bédouins sauf deux, pour les interroger. En fait quelques-uns avaient filé, alors qu'on semblait foutus, avec les dromadaires à nous qu'ils avaient récupérés. Mais si on comptait bien, i d'vait pas leur rester beaucoup d'guerriers dans la troupe, mais surtout des femmes, des vieux et des enfants. Bon, les femmes d'vaient pouvoir combattre, d'ailleurs on a trouvé quelques-unes d'entre elles parmi les morts. N'empêche que les copains voulaient régler leur compte à tous une bonne fois pour toutes. Pis j'ai suggéré qu'on pourrait p'têt' trouver une issue moins sanglante, que sinon j'allais p'têt' pas êt' d'accord, et qu'i aurait p'têt' des conséquences fâcheuses pour tous... Moi, tuer des femmes, des vieux et des enfants, j'risquais pas d'l'oublier !

Farouk a embrayé en disant qu'les bédouins avaient une espèce de code d'honneur et que si on leur proposait une issue acceptable au conflit, on pourrait s'en sortir avec une promesse de non-agression. Peut-êt' même qu'i pourraient nous aider et qu'on pourrait tourner ça à not' avantage ? Après débat, les copains ont décidé de tenter l'coup. On a embarqué les deux prisonniers et on a suivi les traces de ceux qu'étaient partis avec nos dromadaires jusqu'au camp des bédouins. Où on a fait comprendre qu'on venait en invités et pas pour leur casser la gueule, même si on aurait pu...

Si j'me rappelle bien, ceux qui parlaient la langue du coin et qui s'y connaissaient un peu en tchatche sont allés voir le chef du groupe, un vieux, pour lui proposer de repartir à zéro et d'oublier nos querelles. En gros, i nous aidaient à passer Umbar discrètement pour aller vers le nord, en échange on leur foutait la paix et même on leur laissait une partie d'nos affaires encombrantes mais qu'avaient d'la valeur pour eux. Y compris une partie d'nos montures, tandis qu'les autres s'raient échangées pour des chevaux, poneys ou mules. C'était pas mal à leur avantage, et le vieux a dit OK et il a annoncé ça à tout l'clan, en disant qu'désormais on était des invités et à traiter comme tels. Et vu qu'ça manquait d'hommes, p'têt' bien qu'i a eu quelques veuves à consoler pour une partie du groupe...

Et ça a bien marché. On est resté deux bonnes semaines parmi les bédouins, à partager leur vie, les aider même. Pas des mauvais bougres, ils ont su nous faire passer par l'est et à nouveau le désert de sable pour arriver à proximité des terres des seigneurs Haruze, ousque Farouk avait sévi, même si c'était loin de la côte. On arrivait dans la vallée de la Harnen, j'crois qu'ça veut dire "Eau du Sud" en elfique. Déguisés en bédouins, on pouvait aller jusqu'à une ville proche de la rivière, aussi loin qu'les bédouins avaient l'habitude d'aller. I nous ont fourni des montures comme on voulait pour des terrains moins déserts et plus rocailleux, pis fallait qu'on choisisse un coin pour s'séparer...

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 34

Message non lupar Niemal » 10 novembre 2016, 13:25

Vraiment, ya pas à s'y tromper : plus ya d'civilisation, plus ya d'emmerdes. Déjà, l'a fallu qu'on fasse gaffe à passer inaperçus ou déguisés pour certains, histoire de pas trop attirer les ennuis et faire remonter d'anciennes inimitiés. Pis après on dirait qu'on est tout l'temps à prévoir le pire : des bandits, des taxes (chais pas l'quel des deux les copains craignent le plus, on dirait l'deuxième plutôt !), manquer d'argent... comme si ça nous avait été utile sur l'île ou dans l'désert ! Et à force de prévoir le pire, ben, bien entendu, i finit par arriver... en pire.

Bon, après, vous m'direz, ya pas qu'des mauvais côtés : pouvoir acheter du matériel, dormir dans un lit, manger des repas chauds dans une auberge ou taverne, pas craindre qu'un puissant magicien ou sorcier décide de faire la pluie ou l'beau temps comme vous voulez pas... Mais la rapidité avec laquelle, 1 - les trucs bizarres arrivent qui n'augurent rien de bon et 2 - les copains réagissent de travers, comme si tous les autres n'étaient qu'des salauds, ya d'quoi rester songeur. Et moi, quesque j'dois craindre le plus ? Qu'les copains se fassent tuer par une secte d'assassins ou qu'ils deviennent eux-mêmes des assassins ? Le deuxième a déjà commencé, on dirait...

Retour à la civilisation
Bon, mais déjà, fallait trouver par où on voulait passer la rivière Harnen, sachant qu'les seuls ponts sur cette rivière se trouvaient dans des villes contrôlées par Umbar, qu'avait pas les elfes ou les Dúnedain du Gondor (comme Tirielle ou Gaerwen) parmi leurs amis. Et les deux gars du groupe qui v'naient d'Umbar - Belzagar et Kacem - étaient tellement appréciés chez eux qu'on les avait jugés et vendus comme esclaves (avec tous les autres membres du groupe sauf moi). Et autour - et dans - ces villes on pouvait éventuellement trouver des Haruzes que Farouk avait dérangés. Super.

En fin d'compte on est allés à Amrûn, la plus grosse ville du coin. En s'faisant discret ou en s'faisant maquiller par l'elfe, surtout Farouk ou elle. L'problème c'est qu'avec un pirate qui dépasse tout l'monde d'une tête et qu'est costaud comme un boeuf, j'vous dis pas la discrétion ! Yavait qu'à espérer qu'on était suffisamment loin d'Umbar pour que personne ait entendu parler d'lui, ou alors qu'ça mette du temps avant d'réagir - assez pour qu'on soit partis avant. Et pis après tout ça datait de plus d'un an c't'affaire.

Bon, on a choisi aussi cette ville pasqu'elle était la meilleure pour nous amener là où Manil voulait nous voir arriver, à savoir quèqu'part dans les montagnes sud du Mordor. Et au départ de la ville en question - Amrûn - yavait le début d'une route commerciale avec l'Est qui passait juste à côté d'la vallée ousqu'on d'vait aller. Ouais, la route passait par Korb Chelkar, la capitale d'un seigneur haruze du coin, et c'est au nord de c'te capitale qu'yavait la vallée où l'père de Manil avait prévu d'se rendre vingt ans auparavant.

Avec l'aide des bédouins et des déguisements de l'elfe on a pu faire plein d'emplettes sans trop s'faire remarquer. On a acheté sept poneys et une mule, des équipements de voyage (tentes, couverture, nourriture...), de combat (boucliers et armures surtout, mais que du cuir pasqu'on avait pas l'argent pour mieux) et divers trucs utiles (pour escalader, les soins, etc.), vêtements chauds compris. Ben ouais, c'était l'début d'l'hiver et on partait pour les montagnes du Mordor.

Voyage et rumeurs
Pis on a fini par partir enfin, à cheval. Moi j'voyageais avec Farouk, on était d'vant et on zieutait tout pasqu'en plus des taxes "officielles" des p'tits seigneurs du coin, i pouvait y avoir d'autres taxes plus ou moins officielles ou des bandits pas du tout officiels mais qui pouvaient faire comme si... ou pas. Et pis comme on était pas vraiment des experts cavaliers, ben on allait pas trop vite. Surtout qu'c'étaient des p'tits ch'vaux légers et rapides, mais avec le poids d'Belzagar fallait pas trop forcer sa bête si on voulait la garder longtemps !

L'hiver, on fait pas des masses de rencontres, ya pas grand-chose à faire dans les champs, pas beaucoup de commerce non plus, et la récente guerre où Umbar avait pris l'contrôle de la région sur le Gondor avait pas dû arranger les choses. Donc c'était calme, on était bien visibles, c'qu'a pas manqué d'attirer l'oeil d'une p'tit' équipe de calvaliers haruzes du coin, genre patrouilleurs du seigneur local. Genre curieux qui cherchent les emmerdes, et faut bien avouer qu'certains d'nous correspondaient assez à c'te description !

Mais bon, ça s'est pas trop mal passé : Belzagar attirait les regards mais sinon Tirielle et Farouk étaient bien maquillés, et Kacem et ce dernier arrivaient à répondre aux questions des patrouilleurs sans trop leur donner envie d'en savoir plus et sans trop dire n'importe quoi. Ya eu plusieurs rencontres comme ça, sans compter les villages où on passait (après avoir payé les taxes !) mais pas inaperçus. M'enfin quoi, les gens nous fichaient la paix tant qu'on restait civilisés, qu'on payait et qu'on répondait à quelques questions.

On en a profité pour sonder un peu les gens du cru et comprendre pourquoi z-avaient l'air un peu tendus. En fait i semblait qu'des gens disparaissaient dans l'coin. Bon, ça s'était toujours fait par le passé et les p'tits seigneurs locaux avaient pour habitude de jouer à la guéguerre entre eux, genre guérilla discrète. Mais là ça collait pas trop, tout l'monde était touché sans savoir d'où ça v'nait et depuis plusieurs mois ça prenait de plus en plus d'importance. Du coup la méfiance régnait, le commerce était en berne et les gens avaient pas l'moral, i parlaient que d'ça. Yavait aussi des histoires d'orcs dans les montagnes mais ça taraudait pas autant les Haruzes.

Taxes et individus louches
Le soir, alors qu'on pensait arriver pas loin d'un gros patelin qui s'appelait Oud Ilaz, on est passés dans un coin un peu plus sauvage où la vallée était plus étroite. A gauche, on était bloqués par la rivière qu'on suivait d'puis l'matin ; à droite une forêt touffue bloquait l'paysage. Et la route passait juste entre les deux, jusqu'à un endroit où une barrière mobile avait été érigée, comme pour bloquer les voyageurs avec des histoires de taxes. Avec quatre gugusses habillés comme les gars du coin, et le verbe qui va avec, même si les habits faisaient pas aussi convaincants qu'avec les patrouilles déjà rencontrées.

Mais surtout, j'ai bien distingué que pas loin d'la barrière, yavait aussi p'têt' près d'une dizaine d'autres individus avec des habits qu'avaient l'air encore moins frais et "officiels", avec des armes pas loin et en train d'se planquer. Bref, ça puait l'embuscade, même si personne avait l'air agressif pour l'instant. Et faut bien dire que les taxes demandées étaient encore plus élevées qu'avant, toujours pour l'entretien des routes, la sécurité (tu parles !), blablabla. Du coup, on s'est dit qu'on était pas pressés, qu'on allait contourner les bois et pis le soir était pas loin.

Du coup on a dit au r'voir aux gars, on a r'broussé ch'min et on a commencé à contourner la forêt. Pis pas loin, on a mis pied à terre pour entrer dans la forêt et s'installer pour pieuter. Farouk a trouvé l'endroit de rêve, abrité, discret, avec une source, etc. Et pendant qu'certains d'entre nous allaient chercher à bouffer, Kacem est rev'nu en arrière jusqu'à l'orée d'la forêt pour vérifier si on était suivis ou pas. Et i s'est planqué car à l'orée d'la forêt, yavait bien quelques individus louches qui nous avaient suivis depuis l'arrêt au péage.

Bon, i paraissaient pas assez motivés pour nous tomber d'sus, car manifestement i-z-avaient eu cette intention. Mais après discussion i's sont éloignés. Juste au moment où Kacem allait les perdre, il a entendu l'un d'eux qui parlait de trouver d'aut' victimes pour les sacrifices, un truc de rituel ou chuis pas très sûr de c'que l'voleur m'a raconté. En tout cas, quand il est rev'nu - on était à une heure de la lisière et i f'sait nuit à présent - il était plus du tout motivé pour rester là. Le mystère autour d'la région s'épaississait et on avait p'têt' la solution ? Bref, il a embarqué l'équipe pour une petite virée nocturne...

Pour faire simple, si les gars qu'on avait vus étaient à l'origine des troubles du coin, fallait pas s'priver de régler l'problème (avec les gars) ou d'en apprendre plus. Et donc on est r'tournés à la barrière du péage, en catimini - les plus discrets un peu devant, en s'aidant d'herbe ou de magie pour mieux voir dans l'noir. Quand on est arrivés, yavait pas trace des gars planqués, mais les quat' gusses qui tenaient l'péage étaient là autour du reste d'un feu : trois qui dormaient et un qui veillait adossé à un arbre, l'air pas très attentif.

Conclusions hâtives et conséquences à porter
De toute manière, attentif ou pas, Kacem a concentré sur lui la magie d'son armure d'manière à pouvoir arriver tout contre lui. Pis lui a ouvert une nouvelle bouche mais au niveau du cou, tout en l'empêchant de faire du bruit. Le gars est mort pis l'voleur nous a appelés, les autres ont été maîtrisés. On a r'péré un coffret avec cadenas, l'nain a pas réussi à l'ouvrir en l'crochetant mais l'voleur si : l'argent des taxes était là, qu'on a embarqué. L'un des gars a râlé qu'on était nuls, qu'il avait la clé, du coup j'crois qu'il a pris un pain de Belzagar et on les a fouillés.

Pis Kacem a mené l'interrogatoire auprès du gars qui semblait êt' le chef ou en tout cas l'meilleur parleur. Au départ l'était pas vraiment coopératif, mais l'voleur savait délier les langues, le gars avait la trouille et l'a pas insisté. L'problème, c'est qu'au fur et à mesure qu'i parlait, on s'est d'mandé si on avait pas fait une boulette : apparemment les aut' qu'étaient partis avaient rien à voir avec ceux qu'on interrogeait, qui semblaient être des vrais officiels du seigneur local. Les aut' qu'on avait vus planqués, ben, le type qu'on interrogeait les connaissait pas, mais un supérieur lui avait d'mandé d'les traiter comme des gars en mission, importants.

Plus on en apprenait, plus on s'demandait dans quoi on avait mis les pieds : ceux qu'avaient parlé de sacrifice, leur chef avait un tatouage noir en forme de visage de femme dans la main. I semblait pas clair, mais l'avait des alliés bien placés (au moins un, en tout cas) dans l'armée haruze du coin. Et nous on avait sans dout' tué un innocent qui f'sait son boulot, avec trois d'ses copains qui nous avaient bien identifiés à présent. Qu'est-ce qu'on allait faire d'eux maintenant ? Certains étaient partisans d'un nettoyage par le vide et se fichaient pas mal du fait que j'disais qu'j'étais pas du tout d'accord...

En fin d'compte Kacem a réussi, avec l'aide de Tirielle je crois, à faire avaler au type qu'on avait trouvé son copain mort en arrivant. Qu'on avait juste fait une p'tit' erreur pasqu'on croyait qu'c'étaient des bandits qu'on poursuivait. On leur a rendu leur fric (certains ont râlé...) et autre équipement pis leur liberté, et Kacem a ajouté qu'fallait qu'i fassent gaffe, i s'passait des trucs bizarres dans l'coin, et l'supérieur était p'têt' pas tout blanc. Pis on est partis, de nuit, en espérant pas avoir bientôt l'armée locale à nos trousses. On a dormi un peu plus loin, en forêt, et on a repris la route au p'tit matin.

A Oud Ilaz on s'est arrêtés manger et on a discuté avec les gens du cru à l'auberge. Quand on a parlé d'un tatouage de visage de femme et des gars qu'on avait vus en forêt, ça a dit des trucs à un gusse. Avec un verre en plus il a dit qu'ça lui rap'lait un machin secret qu's'ap'lait le culte de la dame sombre ou quèqu'chose dans l'genre, du côté d'la vallée où on voulait aller, avec des montagnards que la description qu'on donnait lui rap'lait... Pis on a continué et on a fini par arriver à Korb Chelkar, la capitale d'un gros seigneur local, genre prince. C'est à partir de là qu'on d'vait prendre au nord vers la vallée pas claire...

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 35

Message non lupar Niemal » 25 novembre 2016, 16:27

Plus l'temps passe, et plus j'ai l'impression qu'on a mis les pieds dans une sacrée merde ! Des disparitions en veux-tu en voilà, des trucs louches, une ancienne secte pas si oubliée que ça et même de plus en plus active dernièrement, de la corruption dans les armées locales, un endroit isolé aux portes du Mordor... Et pour quoi ? Retrouver le prétendu père de Manil parti ya vingt ans, pour trouver un trésor on s'demande à quoi ou à qui i va servir, et sans doute s'attirer plein d'emmerdes et d'ennemis. Génial.

Des fois j'commence à r'gretter l'île : une fois le patron rencontré, on avait plus d'mauvaise surprise. Alors que là, on va dans un terrain inconnu, chez des montagnards qui veulent pas not' bien, sans aide possible de la part de quiconque. Bon, en fait on a déjà de l'aide, faut être honnête : un gars bizarre qu'en sait pas mal sur nous et qui connaît même les hobbits comme moi ! Mais qu'est-ce qui nous dit qu'il est pas d'mèche avec la foutue secte qui enlève les gens pour les sacrifier et appeler j'imagine même pas quelle saloperie, saloperie qu'on aura bien sûr à affronter, pas vrai ? Super...

Escale et départ vers le nord
Une fois à Korb Chelkar, on a commencé par bouffer et prendre la température du coin. Toujours les mêmes histoires, des tensions, des inquiétudes, des disparitions qu'affectent tout l'monde et qu'on attribue à tout et n'importe quoi. Rien d'bien neuf en somme. Avec en plus le fait qu'on roule pas sur l'or et qu'à force de voyager et d'profiter du paysage, ben not' réserve d'argent diminue. Bon, on a continué à s'équiper, parfois en faisant du troc, comme Belzagar qu'a changé un cimeterre qui lui servait pas pour une bonne tente pour deux.

On s'est d'mandé quand est-ce qu'on partait mais en fin d'compte on a pas voulu rester pour la nuit. Surtout pasque ça coûte cher et qu'on veut économiser. Donc on est partis dans l'après-midi et on a pris vers le nord, dans cette foutue vallée qui mène aux montagnes du Mordor qu'on commençait à voir à l'horizon. Pis c'était pas la meilleure des saisons en plus : les montagnes avaient déjà leur manteau blanc au sommet, plus on avançait plus on montait et plus i f'sait froid, et trouver d'la bouffe risquait d'se compliquer plus haut.

Même si les jours commençaient juste à rallonger, on était à la période de l'année où les nuits étaient les plus longues. Donc on est pas allé bien loin et on a commencé à s'demander où crécher. Et on a pas voulu rester sur le ch'min principal où on était bien visible, mais trouver un endroit plus discret. On est donc sorti un peu du fond d'la vallée, qu'est pas large, pour se rapprocher des escarpements et autre relief qui bordent le coin, et accessoirement bloquent les rayons du soleil encore plus vite qu'ailleurs.

Mais bon, Farouk nous a trouvé une grotte sympa assez grande pour tous, à 'abri du vent, pis avec le bois que certains avaient ramassé on risquait pas d'avoir trop froid. L'elfe et le Haradrim sont allés chercher à bouffer et i-z-en ont ram'né pas mal. Au départ on voulait voyager d'nuit pour êt' plus discret mais on s'est vite rendu compte que de nuit, dans un terrain escarpé qu'on connaissait pas et avec certains au pied pas très sûr, ça risquait d'poser des problèmes. Pis en plus la pluie est v'nue en rajouter une couche. Mais au moins la nuit s'est bien passée.

Voyage et rencontre
Au p'tit matin, i pleuvait trop pour continuer, pis ça servait à quoi d'se presser ? On est restés dans la grotte sauf quelques courageux qui sont partis trouver à bouffer (Farouk et l'elfe je crois) ou surveiller les environs (Kacem). Mais ya rien eu à dire, et avec la bouffe récoltée nos provisions n'ont pas été entamées. En bref, si yavait eu plus de soleil et d'chaleur ça aurait été des chouettes vacances. Bon, un peu sombres faut bien l'dire, entre la période de l'année, le temps dégueulasse et cette vallée encaissée au fond d'laquelle on était, ça f'sait pas des masses de lumière.

Comme yavait l'temps, on en a profité pour causer. Et en fin d'compte, plusieurs ont dit que de toute manière on aurait beaucoup d'mal à passer inaperçu, avec tous les bergers aux alentours, en hauteur, qui pouvaient nous zieuter. D'ailleurs, le voleur avait r'péré un troupeau d'chèvres juste gardé par deux chiens et plusieurs (Belzagar en particulier, l'est bien un pirate çui-là) voulaient aller se servir, comme si on aurait pas à en payer les conséquences. Au bout du compte la raison a fini par l'emporter et on a décidé qu'entre les dons de Farouk pour trouver la bouffe et mes compétences pour la transformer en quelque chose d'appétissant, ça pouvait suffire.

Restait donc que la discrétion semblait pas primordiale, au moins jusque-là. D'ailleurs certains pensaient que laisser les ennuis venir à nous était l'plus sûr moyen d'les débusquer. Et qu'on s'rait fichus d'se créer nous-mêmes des problèmes (chutes et accidents divers) en voulant passer de nuit dans des coins dangereux qu'on connaissait pas. Globalement on est tombés d'accord là-d'sus. Si bien qu'après une deuxième nuit humide mais sans anicroche, on est r'partis au p'tit matin sous un ciel froid mais pas trop humide.

En cours de route on est tombés sur un groupe de cavaliers qui r'semblaient à des guerriers du prince Haruze de Chelkar. Pas une patrouille de r'connaissance mais plutôt un truc de guerre. Z'étaient un peu méfiants au début et i-z-ont posé des questions, mais le chef a semblé se dérider quand on a avoué qu'on était v'nus chercher un parent à l'un d'entre nous qu'avait disparu dans l'coin, au fond d'la vallée. Comme si c'était exactement c'que le gars pouvait trouver de normal... et i semblait bien qu'ça l'était.

Le gars était sympa et causant et on a compris qu'la p'tite troupe était partie plus ou moins pour la même chose : avec les disparitions récentes, i-z-avaient été envoyés pour essayer d'voir si les rumeurs de montagnards kidnappeurs étaient fondées. Bon, ben i-z-ont rien trouvé dans l'genre, mais l'gars nous a quand même dit qu'il avait senti qu'les autochtones disaient pas tout. P'têt' qu'i-z-avaient eux-mêmes peur de quèqu'chose ? Bref, rien de clair ou d'évident, mais ça confirmait bien qu'yavait embrouille quasi garantie ousqu'on mettait nos p'tits (et gros) petons !

Une personne bien informée
On a fini par arriver au dernier bourg de la vallée avec auberge et tout. Pas un gros machin, mais assez pour faire une halte et acheter des trucs au besoin. Au-delà, la vallée se rétrécissait et montait de plus en plus et la neige était pas très loin, toutes les hauteurs étaient blanches. On est allés à l'auberge passer la - longue - nuit. Pour la plupart on restait discrets, dans nos chambres, mais Belzagar et Kacem sont allés dans la salle commune, bien remplie. Avec les nuits longues les gens du coin v'naient boire et discuter, et l'voleur et l'pirate espéraient bien apprendre un truc ou deux, comme à chaque fois qu'on s'arrêtait quèqu'part.

Ben ça a pas manqué. Les questions à propos d'un culte ont rien donné au début, mais ont attiré l'attention d'un gars un peu isolé qui s'est rapproché. Un Haradrim du coin avec des habits de voyage comme quelqu'un qui crapahute dans la nature, un rôdeur quoi. Manifestement il en savait un rayon sur c'qui nous intéressait, et ça l'intéressait aussi de connaître plus nos motivations. Bref, les deux copains et lui ont fini dans un coin un peu isolé, autour d'une bière, et ils ont beaucoup échangé. Le type - l'a pas voulu donner son nom - connaissait les environs et semblait bien connu des locaux, et il avait des trucs à dire.

Manifestement, i connaissait tout sur le culte, qui datait du 2e Âge. Yavait autrefois une forteresse en haut d'la vallée, en ruines actuellement, qui gardait p'têt' un passage vers le Mordor. En tout cas semblait y avoir toujours un peu d'activité, et ça avait augmenté ces derniers temps. Mais s'lon lui, par le chemin principal, impossible d'arriver sans être repéré et avoir un comité de réception comme il se doit, car yavait tout l'temps quelqu'un là-haut. Et si le combat f'sait pas peur à Belzagar, le rôdeur a parlé d'entrée facile à défendre, en hauteur, avec des pierres et autres à balancer sur les intrus. Bref, le machin pas évident à prendre de front.

Mais à côté de ça, il a aussi suggéré qu'il existait une autre voie possible, en catimini, pour des gens qu'avaient pas froid aux yeux et qu'aimaient bien la grimpette. En gros, i nous disait qu'i pouvait nous am'ner là-bas par des ch'mins détournés et discrets. Mais que ce s'rait pas d'la tarte et qu'les risques seraient grands. Enfin, il disait pas ça franch'ment, i suggérait toujours ça de manière détournée, l'air de nous évaluer. Comme si l'avait lui-même son intérêt à aller farfouiller dans l'coin mais en sachant bien qu'i pouvait pas s'le permettre seul. Semblait bien qu'yavait un accord à passer d'une manière ou d'une autre...

Envoyé du nord
Le gars est parti tranquillement en laissant entendre que si on essayait l'approche discrète et risquée plutôt que frontale, i s'rait pas loin. Et si c'était un piège ? Mais en fait, au cours de l'échange, les copains ont compris que le gars était bien plus qu'un rôdeur du coin qui passait son temps à trouver des herbes et à faire du colportage. D'abord pasqu'i connaissait trop de trucs, son érudition était trop grande : i parlait très bien l'commun et sans doute d'autres langues ; Belzagar l'a interpelé en Adûnaic que l'autre a compris et dans lequel il a répondu. I connaissait les hobbits ! Et i semblait qu'il avait r'péré voire reconnu l'pirate d'Umbar, et p'têt' même d'autres membres du groupe...

Pis même s'il laissait pas trop voir sa caboche, et quoiqu' manifestement un Haradrim, yavait quèqu' p'tits points qui dénotaient qu'il avait p't'êt' aussi une ascendance dúnadan, comme plus grand et plus costaud qu'les autres ; i f'sait p'têt' plus vieux aussi après lui avoir parlé... En tout cas, Belzagar était persuadé qu'le gars était en fait un rôdeur du nord, venu de l'Arthedain. Une sacrée trotte pour un Haradrim m'est avis ! N'empêche que, qu'i vienne de Gondor, d'Arthedain ou d'ailleurs, le gars f'sait penser à un espion ou informateur des pays ennemis d'Umbar.

On s'est dit qu'on allait lui faire confiance et tenter l'approche discrète et acrobatique. Du coup, on a laissé les ch'vaux à l'écurie d'l'auberge plus quelques affaires qu'allaient nous alourdir et pas forcément êt' très utiles. On a ach'té davantage de matériel d'escalade et tout c'qu'on pouvait avoir besoin pour une balade en montagne, en essayant de pas trop en prendre pour rester les plus légers possible. Ben ça a pas été évident évident, et les copains ont vite eu l'air de mules, en particulier le nain et l'pirate.

On est donc partis vers le nord et le haut de la vallée, par un ciel splendide mais froid, d'autant qu'le fichu soleil restait pas longtemps visible avec les falaises et autres escarpements qui s'rapprochaient. Les dernières fermes ont vite été dépassées, maint'nant c'était vraiment la montagne. On savait pas quand l'rôdeur nous recontacterait ou comment, mais on lui f'sait confiance pour ça. Par contre, quand on m'a dit qu'il avait parlé de grimpette difficile, me suis d'mandé comment ça allait le faire avec certains poids lourds de l'équipe comme le nain : contrairement à Belzagar qu'avait dû apprendre en grimpant aux haubans, Marti savait pas faire beaucoup plus que tomber comme une pierre...

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Slyden
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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar Slyden » 25 novembre 2016, 18:57

Cela fait deux jours que nous marchons depuis que nous avons quitté la dernière bourgade. Le relief devient de plus en plus escarpé mais nous n'avons pas eu encore besoin d'escalader le moindre obstacle. Le rôdeur ne nous a pas encore contacté. La dernière chasse fut chanceuse et à ramener 50kg de viande fraiche, de quoi tenir un certain temps à condition de pouvoir la transporter. L'aube se lève et nous entamons notre troisième jour de marche...

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 36

Message non lupar Niemal » 28 novembre 2016, 18:52

Aïe, le gars était sérieux quand i parlait de balade pour aventuriers pleins de ressources ! La grimpette a pas réussi à tout l'monde, nous v'là réduits à sept - plus le gars - et j'ai vraiment cru un moment qu'ça risquait d'êt' définitif... Bon, faut croire qu'la chance finit par sourire aux audacieux même quand i's splantent et ça aurait pu êt' pire. Reste qu'on a failli perdre deux membres du groupe d'origine en quelques heures, et que not' guide, ben on a vu qu'il avait pas tout prévu et qu'les surprises i yavait droit aussi !

Alors bon, on m'dira que sans c'détour on s'rait p'têt' tous morts à l'heure qu'il est. Que pour une fois j'ai pu voir le pirate complètement épuisé, encore plus que moi ! En fait même pas qu'une fois d'ailleurs... Et que malgré les difficultés on s'est serrés les coudes pour avancer et on a bien progressé. Mais on f'ra quoi une fois là-bas ? Pasque si on continue à perdre des gens à c't'allure-là, chais pas c'qu'on va pouvoir faire en cas d'nouvelle mauvaise surprise. Pis là, c'était que d'la grimpette ; mais quand i s'agira d'êt' discrets et d'pas s'faire voir des gars d'la forteresse, ch'sens qu'le Belzagar pourrait avoir des soucis à s'faire...

Balade et message
On est donc r'partis au matin du 3e jour et les choses sérieuses ont commencé : le terrain d'venait traître, surtout pour ceux qu'étaient chargés comme des baudets. Entre la pente, la neige au sol, les rochers, les p'tits dénivelés et j'en passe, c'était plus d'la marche, ou plutôt pas que, et pas encore de l'escalade. Du coup, ceux habitués à bourlinguer dehors comme Farouk et moi étaient à l'aise et s'fatiguaient pas trop... tant qu'i-z-étaient pas trop chargés. Pour ceux qu'avaient pas l'pied leste et l'bon équilibre et qui portaient beaucoup, j'vous dis pas l'état à la fin d'la journée...

Parfois on tombait sur des ruines ou des restes d'abri au fond d'la vallée, mais pas de vraie maison. On pouvait parfois voir des cabanes de berger voire des hameaux au loin, en altitude, mais pas au fond d'la vallée principale. Des p'tits troupeaux et leurs gardiens nous observaient de loin parfois, mais au fur et à mesure qu'on montait i s'faisaient moins nombreux, et on a eu aucun contact direct. Par contre c'est sûr qu'on était bien annoncés, pour peu qu'les montagnards se voyaient les uns les autres et discutaient d'nous.

A la fin du jour une partie d'l'équipe était bien crevée, mais Farouk a trouvé un chouette abri, une grotte assez bien abritée... et en hauteur. Problème : fallait vraiment grimper pour y arriver. Mais Kacem l'a fait avec une corde et un grappin, corde qu'il a laissé pendre pour le reste de la troupe ; ça aidait assez pour que tous puissent monter, parfois avec un peu plus de fatigue. Le rôdeur haradrim a aussi ram'né plein d'bois sec qu'on a monté avec les cordes, si bien qu'i f'sait bien chaud et tout.

Certains sont restés éveillés une partie d'la nuit et ont fait des tours de garde. I-z-ont rien entendu, mais à un moment ya eu un bruit qui m'a réveillé - les copains savent que j'ai l'sommeil léger : Farouk est v'nu m'voir avec c'qu'il avait trouvé : on nous avait envoyé une pierre enrobée d'un parchemin avec un plan. Rien d'écrit, juste des symboles. Moi ça m'a paru assez clair et j''ai cru comprendre que not' mystérieux guide nous disait de continuer une demi-journée jusqu'à prendre une vallée latérale sur la droite. De là, une aut' demi-journée nous amènerait jusqu'à un bois de résineux avec une grotte cachée dedans, où fallait qu'on aille...

C'était pas aussi clair que ça pour les autres qu'ont moins l'habitude qu'moi de lire ou marquer des trucs sur des livres ou parchemins, mais m'ont fait confiance. On est r'partis le lend'main, ya rien eu d'autre la nuit, et on a laissé une bonne provision d'bois dans la grotte. Mais la neige au sol dev'nait vraiment gênante, c'était d'plus en plus dur d'avancer, et les copains - enfin certains d'entre eux - ont pas pu continuer à la même vitesse : à la fin d'la journée on était arrivés à la vallée latérale que j'avais r'pérée sur le plan. Farouk nous a trouvé un coin abrité dans un p'tit bois à flanc d'falaise, où on a passé la nuit, pour la plupart épuisés.

Discussion au coin du feu
Pendant la nuit, la neige s'est mise à tomber. Tirielle, qui veillait sur nous depuis une corniche plus haut, a dû r'descendre. Pis on est r'partis l'lend'main, et c'était pas mieux qu'la veille. Au moins on risquait pas trop d'êt' r'pérés, pis nos traces dans la neige s'effaçaient assez vite. En tout cas on a vu personne dans la journée, et les seuls signes de vie dans la montagne étaient ceux des bestioles du coin. En fin d'journée, là encore dans un état pas terrible pour certains, on a fini par tomber sur c'qui r'semblait au bois d'arbres résineux dans l'quel yavait not' grotte à trouver. Où on trouv'rait p'têt' un aut' plan pour aller ailleurs jusqu'à plus loin et encore une aut' suite...

En tout cas i f'sait noir sous les arbres, mais yavait pratiqu'ment pas d'neige. Kacem est allé fureter vers le bas du bois à l'affût d'une embuscade, i nous a dit plus tard qu'il avait fait fuir des chamois, des espèces de chèvres des montagnes. Pour ma part, chuis allé vers le haut avec Farouk et j'ai vite r'péré des traces dans les tas d'aiguilles au sol. Le Haradrim voyait rien, faut dire qu'le gars (ou la fille) qu'était passé avait pris bien soin de laisser les traces les plus légères possibles, mais chuis pas né d'la dernière pluie ! Pis chais pas, ces derniers jours j'ai été particulièrement en forme pour r'pérer des trucs autour de nous...

En tout cas les traces nous ont am'né à une grotte où j'ai senti d'la viande en train d'rôtir... avec présence de quelqu'un en prime. C'était bien not' gars, dans une chambre bien dissimulée accessible depuis une fissure pas très large dans la falaise. Un coin abrité bien aménagé où i d'vait v'nir régulièrement et où il avait laissé du matériel et du bois sec, assez large pour nous tous. On a commencé par manger et s'reposer un peu, et certains en avaient bien b'soin ! Pis en fin d'compte on a commencé à discuter avec le gars, on a fait davantage connaissance, on a parlé avenir. Il a dit qu'on pouvait l'app'ler Lakem, mais que c'était pas son vrai nom. Au cas où on s'rait fait prisonnier et torturé...

Il a confirmé c'qu'on avait d'viné d'lui, en partie au moins : l'était espion/rôdeur du Gondor, sa mère était une Haradrim du coin et son père un noble Dúnadan. Ça f'sait un bail qu'il informait l'Gondor de c'qu'i s'passait par ici. I savait qu'i s'passait des trucs plus haut, dans la forteresse qui datait du Second Âge et du culte de la Dame Sombre - l'avait fait des recherches à c'sujet. Mais c'était très mineur, yavait pas grand-chose et i surveillait ça d'loin. Jusqu'à l'année dernière où quèqu'chose avait changé, et où l'activité du culte avait beaucoup augmenté.

I savait pas pourquoi, mais brusquement l'ambiance était différente, comme si i manquait quèqu'chose aux gens du coin, aux gens du culte. S'étaient mis à se voir plus souvent, à enlever des gens de plus en plus loin - en général jamais dans la vallée, sauf pour les curieux qui v'naient fourrer leur nez trop près ou pour les familles du coin trop bavardes. I semblaient faire des trucs, d'la magie p'têt', pour appeler quèqu'chose ou quelqu'un. I nous a dit des rumeurs qui parlaient d'la forteresse ou du culte, pis c'qu'il avait trouvé dans des bouquins ou constaté par lui-même...

Bref, le gars voulait aller voir de plus près l'intérieur de la forteresse, et, si possible, ou bien faire du nettoyage, ou bien en apprendre plus pour faire un bon rapport à Gondor. On était d'accord pour faire les cobayes ou mercenaires, vu qu'on avait des intérêts communs, mais pas gratuit'ment. En gros, si l'gars représentait l'Gondor, certains comme Belzagar voulaient avoir l'assurance que si on aidait, l'Gondor s'rait r'connaissant, par exemple en lui cherchant pas noise à lui, qui v'nait d'Umbar. Lakem était entièrement d'accord et il nous a promis que lui vivant - bon argument pour prendre soin d'lui - son pays saurait se souvenir de notre aide...

Un peu d'escalade
Par contre, restait à arriver à cette fameuse forteresse. L'rôdeur nous a parlé de sa fameuse route discrète, qu'il avait trouvée yavait pas mal d'années et qu'il utilisait de temps à autre, mais pas d'puis 2-3 ans : une belle falaise à escalader plus loin dans la vallée, pis une étroite fissure entre deux montagnes à parcourir, pis encore un peu d'escalade avant d'se r'trouver au-d'sus d'l'endroit. Resterait à descendre discrètement, sans alerter les gardes du ch'min d'ronde, et à farfouiller les ruines et les parties creusées dans la roche. Mouais... En tout cas on était d'accord pour aller voir, et c'est c'qu'on a commencé à faire dès le lend'main.

Ya d'abord eu une journée de montée dans la vallée. Le gars était plus loin d'vant nous pour r'pérer d'éventuels trouble-fête, et Farouk et moi on était vigilants partout ailleurs, mais on a rien vu. En fin d'journée, avant d'nous am'ner à un abri, on est passé d'vant la fameuse falaise, et j'ai vu qu'c'était loin d'êt' gagné : dur et assez long, en partie gelé et battu par le vent, les mauvais en escalade allaient souffrir ! Mais la nuit s'est bien passée et le lend'main matin on était là. Le soleil était d'la partie et éclairait la falaise, c'était déjà ça d'gagné.

Plutôt que d'mettre tous nos oeufs dans l'même panier, on a décidé d'faire deux cordées : l'une avec Le gars, puis Kacem, puis Tirielle, puis Marti ; l'autre avec Belzagar et moi, puis Farouk, puis Gaerwen, puis Manil. Belzagar et Lakem avaient corde et pitons et i mettaient ces derniers dans la falaise pour bloquer une éventuelle chute, et on était tous encordés, sauf moi. Moi j'étais d'vant l'pirate pour trouver le meilleur passage, vu qu'j'étais perceptif comme pas deux. De l'aut' côté c'est l'rôdeur du Gondor qui f'sait ça, vu qu'i connaissait l'coin et qu'c'était l'meilleur grimpeur. Les plus mauvais étaient en dernier, au cas où...

La falaise était vach'ment haute, autour de la hauteur de deux portées de flèche ! Heureusement, on avait du matériel d'escalade pour la plupart, et avec corde et pitons c'était plus facile. Mais certains étaient bien chargés, notamment Farouk, et en cours d'ascension il a dû se délester sur Gaerwen, tellement l'était crevé. Not' cordée à Belzagar et moi était régulière et tout, on est arrivés en haut sans problème au bout d'trois heures. J'étais juste complèt'ment crevé, comme tous les autres sauf Belzagar... qu'avait voyagé léger pasqu'i pensait qu'il aurait à m'porter, mais qu'a pas eu besoin. Même Manil, pas franch'ment un grimpeur, a pris sur lui pour nous suivre à la même allure.

D'l'aut' côté, par contre, ça a pas été si simple. Marti ralentissait les autres, il allait trois fois moins vite et i pouvait pas faire mieux, et rapid'ment on a vu qu'i pourrait pas aller jusqu'en haut. I s'est alors détaché et l'a commencé à descendre pendant qu'les autres continuaient et v'naient nous r'joindre. Mais sans la corde pour l'aider, l'allait d'plus en plus lentement, et il était encore à une douzaine de pas du sol quand on s'est dit qu'i pourrait pas faire mieux qu'tomber - i ralentissait d'plus en plus. Pis chais pas, l'a (enfin !) trouvé l'énergie, la technique, le chemin, et l'a pu descendre rapidement le reste mais d'manière contrôlée, complètement vidé et avec les genoux qui tremblaient. L'avait plus qu'à retourner à l'abri et à nous attendre, si c'n'est qu'la bouffe allait tôt ou tard lui manquer.

Mauvaise surprise
On était donc plus qu'sept, plus le gars du Gondor, et certains complètement crevés. On a quand même avancé une heure sur le terrain pentu et enneigé jusqu'à arriver à la fameuse faille étroite entre deux montagnes, vraiment bizarre. Un ch'min tortueux entre deux falaises qui s'touchaient parfois, assez large pour passer tous de front par endroit mais où ailleurs Belzagar et d'autres devaient passer de côté en enlevant leur sac à dos. On s'est r'posés un peu pour manger et récupérer quelques forces à l'entrée, tout en examinant la faille qui nous attendait.

C'était presque comme entrer dans une grotte et i f'sait noir comme dans un four, la neige ou la lumière arrivaient pas vraiment jusqu'en bas. Mais aussi, j'ai senti pas très loin une odeur de charogne. Lakem disait qu'le coin était a priori sûr, mais Tirielle est partie seule en avant pour trouver c'qui puait comme ça et éviter des mauvaises surprises. L'était pas entrée d'puis longtemps quand on l'a entendue crier et app'ler à l'aide. Pas très longtemps, le temps qu'on prenne quelques affaires elle était silencieuse, mais elle avait pu nous dire l'essentiel : une araignée géante lui était tombée d'sus et l'avait blessée.

Belzagar m'a pris sur ses épaules et a foncé dans l'boyau, mais i f'sait si noir qu'il a dû ralentir ; si bien que Kacem et Farouk - même si ce dernier était crevé et pouvait pas courir - ont pu l'rejoindre. J'avais du trèfle de lune préparé avec moi alors j'ai dit au pirate d'attendre un peu et on en a mis dans les yeux pour mieux voir dans l'obscurité - sauf Farouk qu'en avait pas besoin. Pis l'pirate m'a r'pris et on a foncé jusqu'à r'trouver l'elfe : elle était derrière un passage étroit, en train d'se faire emberlificoter par une maousse araignée deux fois grosse comme moi dans un cocon d'soie. L'araignée s'est arrêtée pour nous r'garder, pis l'a continué comme si de rien n'était, juste en s'poussant un peu sur l'côté. Si bien qu'je pouvais plus lui envoyer une pierre, on voyait qu'ses pattes...

L'araignée semblait seule, on pouvait pas lui tirer d'sus, alors tant pis, j'me suis avancé dans l'boyau jusqu'à être à un ou deux pas d'la créature, en m'faisant tout p'tit. Elle m'a perçu, chuis sûr, mais elle a dû s'dire qu'j'étais pas une menace et elle m'a laissé passer. Kacem arrivait derrière, l'était presque au contact, et là l'araignée l'a pris au sérieux et s'est préparée à l'attaquer ; du coup l'a sorti son cimeterre pour frapper avant, mais ma fronde a été plus rapide. J'ai envoyé ma pierre dans la tête de l'araignée, ça l'a étourdie et l'voleur en a profité pour attaquer deux fois et passer sur l'côté. La flèche de Farouk qui a suivi a transpercé la tête et l'araignée est morte.

Belzagar, qu'arrivait après - c'était étroit pour lui - a râlé qu'il avait pas pu attaquer, mais j'm'en fichais pas mal. Chuis allé voir l'elfe inconsciente, presque entièrement couverte par son cocon. Kacem l'a libérée et j'ai pu voir qu'elle était juste endormie, pas morte, avec une trace de morsure pas trop grave plus quelques côtes sans doute cassée. L'araignée avait dû la paralyser, elle en aurait sûrement pour quelques heures à s'remettre. Lakem et les autres ont fini par arriver avec une torche, la lumière m'a aidé à récupérer les glandes à venin - poison et paralysant - d'la bestiole pour utilisation future. L'rôdeur du Gondor était étonné, c'était la première fois qu'il en voyait une ici, même s'il en avait vu ailleurs dans les montagnes du Mordor. Et si yen avait une là, risquait d'y en avoir d'autres pas loin... Génial.

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 37

Message non lupar Niemal » 02 janvier 2017, 17:05

Bon ben ça y est, on a enfin atteint c'te foutue forteresse ousque le soi-disant père de Manil a disparu, attiré par un ancien trésor qu'a l'air de motiver pas mal une partie d'l'équipe. Pas qu'ça a été un voyage de tout r'pos, hein, même Belzagar a failli y passer - j'vous dis pas la méchante cicatrice au cou qu'i va garder - et c'est pas l'seul à avoir reçu des blessures. Et le pirate a déclenché deux fois des p'tit's avalanches dont une qu'a bien failli emporter la corsaire et lui...

Mais nous voilà à portée de c'te forteresse. En gros, la plupart se fichent de savoir c'qu'est arrivé à la famille de Manil, mais la perspective du butin, par contre... Reste que c'est pas juste un gâteau à découper et à servir, ya du monde dedans et ça pas l'air très simple à investir discrètement. J'comprends mieux l'espion du Gondor qui nous a am'né là et qui voulait un coup d'main pour en savoir plus. Kacem est parti fouiner là-bas discrètement, pendant qu'on fait les poireaux sur un nid d'aigle, serrés les uns contre les autres pour se t'nir chaud...

Araignées en pagaille
Mais rev'nons au début. Bon, vu l'état d'l'elfe, on a préféré passer toute la nuit dans cette espèce de canyon un peu protégé du vent et d'la neige. Après quelques heures Tirielle était réveillée mais blessée (et soignée), mais surtout i f'sait noir comme dans un four dans la faille, on préférait avoir plus de lumière. Donc on a attendu l'matin, qui tarde vu l'époque de l'année. Bref, dès l'aube on était partis, plutôt doucement à cause des blessures de l'elfe et aussi car on savait qu'on aurait d'la compagnie d'ici peu. Petit à petit, j'ai commencé à entendre pis voir d'aut'es araignées géantes - de tout' manière avec le boucan que f'sait Belzagar (entre autres) on risquait pas d'passer inaperçus.

Les araignées géantes étaient loin d'être bêtes et elles s'tenaient à distance de nos arcs ou fronde. Par contre elles avaient fait ou elles faisaient des assemblages de toile au-d'sus d'nous, mais Farouk y a foutu quelques flèches enflammées et ça marchait pas trop mal, obligeant les araignées à fuir. Jusqu'à un endroit où elle avaient fait un mur de toile qui mettrait du temps à brûler. Elles étaient au-d'sus et derrière nous, prêtes à nous foncer d'sus. Et dès qu'on a commencé à brûler le mur de toile en face, elles ont foncé, près d'une douzaine : une partie sont arrivées d'en haut et se laissaient tomber sur nous, une autre partie arrivaient de derrière à toute allure. Et elles vont vite avec leurs grandes et nombreuses guiboles !

Avant qu'elles arrivent on a pu en descendre (littéralement !) une ou deux, mais fallait éviter les corps qui tombent. Pis Belzagar a été trop lent : une araignée lui est tombée dessus, l'a même pas eu l'temps d'esquiver, et elle l'a pas loupée ! Méchante blessure au cou, plus le poison qui l'paralysait, l'a fini par terre, inconscient (l'a quand même eu l'temps d'donner un coup d'épée, allongé sur le dos) et pissant son sang, en un rien d'temps ! Et on était tous trop occupés à éviter les araignées qui tombaient ou celles qui arrivaient de derrière pour s'occuper d'lui !

Mais on était pas manches non plus et on a réussi assez vite à tuer ou blesser à mort la plupart des araignées sans réelle blessure, et les dernières se sont enfuies. Par contre Tirielle a dû tirer à l'arc et elle a rouvert sa blessure la plus grave, ça s'est r'mis à saigner. 'fin bref, j'ai tout d'suite fait un pansement au pirate avant d'm'occuper d'l'elfe voire d'autres. On a décidé de donner un don-de-vipère à Belzagar pour guérir sa blessure, mais ça prendrait une journée de repos. Donc on est à nouveau restés là à s'reposer, pendant qu'nos réserves de bouffe diminuaient... Mais on n'a plus été dérangés par les arachnides.

Neige et avalanches
J'ai profité d'la pause forcée pour recoudre quelques plaies - l'elfe a beuglé comme un putois et elle a fini par tomber inconsciente - et soigner tout l'beau monde. La grosse blessure du pirate était plus qu'une cicatrice, mais de belle taille ! Pis on est r'partis le lend'main, à l'aube, mais on a eu aucun problème. Les araignées s'étaient taillées et quelques cocons pleins avaient disparu dans la nuit. En milieu d'après-midi on est arrivés au bout, au milieu d'un cercle de montagne couvertes de neige.

Lakem, not' guide, trouvait qu'i f'sait trop beau et chaud. Pas qu'c'était magique, juste que ça favorisait les avalanches après tout' la neige fraîche qu'était tombée. Faudrait donc monter là où i nous disait, mais pas dans les traces les uns des autres. Mais bon, de toute manière on allait pas commencer tard dans la journée, pis on avait plus beaucoup d'vivres. Alors Farouk est allé chasser le chamois - l'en a rapporté un - pendant qu'je dénichais des racines et aut' trucs à manger - froid : vous faites comment sans bois donc sans feu ? Et on a passé une nouvelle nuit dans la faille.

Le lend'main, toujours très beau, on est donc parti à l'ascension d'la montagne enneigée. Au début on n'était pas attachés mais après certains étaient encordés deux par deux pour s'aider, comme Belzagar et Gaerwen, ou Manil et Kacem. Le matin, on avançait tous plus ou moins en même temps, au même niveau mais à distance les uns des autres, les rapides attendant les lents. L'après-midi, selon les gens, certains prenaient des zones plus rocheuses et où fallait faire de la grimpette (les bons en escalade), d'autres plutôt les coulées de neige fraîche moins raides mais où fallait savoir avancer sur ou dans la neige.

Ben ça s'est bien passé. Dans un premier temps, avant qu'certains s'encordent, quand yavait que d'la neige, le pirate a fait partir une plaque de neige sous ses pieds, mais l'a réussi à se ret'nir à la neige devant, et yavait personne derrière lui... Par contre, l'après-midi, rebelote mais Gaerwen était attachée à lui, et il était devant. Elle a essayé de sortir de la coulée d'avalanche mais l'a pas pu. Belzagar a réussi à s'accrocher et pas s'laisser emporter par la corde à laquelle les deux étaient attachés. C'était chaud, l'a réussi à tenir mais l'a bien transpiré ! Et enfin on a pu arriver à un col...

Descente et mauvais temps
L'était trop tard pour descendre vers la forteresse, la nuit allait tomber avant. On était en plein vent, sans aucun abri, alors l'a fallu en faire : on a tassé la neige en plusieurs gros tas, et quand y en avait assez on faisait un trou dedans pour chacun d'nous, comme un terrier dans la neige. A l'intérieur, tant qu'on était pas en contact direct avec la neige, c'était assez chaud et confortable. En tout cas, en s'y mettant tous, ça nous a pas pris trop longtemps, même si f'sait bien nuit quand on a fini. Mais rien d'plus à en dire.

Le lend'main, on s'est d'mandés comment approcher la forteresse : en gros, on pouvait y arriver avant la fin d'la matinée avec un trajet direct, mais rapid'ment les gars d'la forteresse pourraient nous zieuter s'ils levaient la tête. On pouvait aussi y aller plus lentement pour êt' plus discrets, ou prendre des voies plus difficiles et plus discrètes, mais ça risquait d'êt' plus dur ou fatigant. Pis ya Lakem, not' guide, qu'a r'marqué qu'le temps était en train d'changer et qu'on allait bientôt s'prendre une bonne tempête de neige...

Du coup on s'est dit qu'c'était une bonne occasion : ce s'rait un peu plus dur, mais on avait un peu de temps tranquille au début, ousque les sentinelles auraient du mal à nous r'pérer. Pis après on s'rait invisibles de la forteresse mais avec la neige et le vent pour compliquer la chose - heureusement la descente était pas dure. On savait juste pas si la neige arriverait vite ou pas. On a tenté l'coup et on a commencé à descendre, lentement et discrètement au début, pis la neige est arrivée...

La suite a pas été facile, surtout la fin, n'empêche qu'on a bien géré. On était tous encordés, moi l'premier pour trouver l'meilleur passage - même Lakem avait vite vu qu'j'étais pas mauvais. Les moins bons étaient au milieu, pour êt' aidés par les autres en cas d'pépin. Y' en a bien eu un ou deux mais vite maîtrisés. Au milieu d'la journée, on voyait plus très loin mais Lakem m'a montré un nid d'aigle où aller, un petit éperon où on pourrait tous se mettre sans risquer d'glisser. On s'est mis les uns contre les autres dans un abri de neige pour partie et une toile de tente qui nous recouvrait. Au chaud et invisibles de l'extérieur.

Une forteresse inaccessible... ou presque
La tempête a duré tout le reste du jour et de la nuit. Pis au p'tit matin, les nuages sont partis et on a pu sortir un peu de not' trou. En f'sant attention à pas glisser, on a observé la forteresse qu'on pouvait facil'ment voir à une ou deux portées d'flèche de là où on était, plus bas et à notre gauche. D'un côté, des murs d'enceinte adossés à la paroi rocheuse et à des tours, avec une entrée gardée par deux tourelles ; sur les bords de la cour intérieure, des bâtiments dont certains avaient l'air en mauvais état et d'autres qui semblaient entretenus et utilisés. Et un chemin étroit, juste assez large pour une mule et facile à défendre, qui amenait à l'entrée d'la forteresse depuis loin dans la vallée.

En fait on a passé une bonne partie d'la journée à observer l'coin. Des traces de pas dans la neige au fond d'la cour menaient de l'entrée et ses tourelles aux bâtiments opposés, ceux qu'étaient en meilleur état, et inversement. L'une des tourelles de l'entrée semblait occupée, d'la fumée sortait d'une cheminée. Mais on dirait qu'i yavait aussi des gens dans la roche car d'la fumée sortait aussi de quelque part dans les rochers au-d'sus des toits des bâtiments. Pis on a vu des gens sortir et pelleter la neige de la cour pour que le centre soit dégagé, et aussi le ch'min d'ronde.

Comme autres trucs intéressants, on a pu déduire que quat' personnes au moins étaient en permanence dans l'une des tourelles qui gardaient l'entrée, et elles étaient remplacées p'têt' quat' fois par jour, matin, midi, soir et (sans doute) minuit ; par des gens qui v'naient des bâtiments en face, ou peut-être des salles creusées dans la roche. Régulièrement (p'têt' cinq ou six fois entre les relèves), quatre gars de la tourelle sortaient sur le chemin d'ronde sur les murs d'enceinte et observaient les environs. Ça durait pas longtemps et les gars mettaient pas une énergie extraordinaire à surveiller le secteur, mais z-avaient l'air de faire ça proprement.

En fin d'journée, avant qu'i fasse trop noir mais peu après qu'le soleil est descendu derrière les montagnes, Kacem est parti vers la forteresse, discrètement. L'est arrivé là-bas sans mal, s'est posté sur le toit d'une tour de garde contre la paroi rocheuse, contre une cheminée. L'a observé un moment, le temps de voir passer une relève, pis l'est descendu et on l'a plus vu. Me suis dit qu'il avait dû se planquer dans un bâtiment contre la paroi rocheuse, j'l'avais vu examiner les toits pour peut-être trouver par où passer, mais yavait pas d'trou là où l'était. En tout cas on l'voyait plus et la nuit était encore jeune...

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 38

Message non lupar Niemal » 15 février 2017, 15:10

Bon sang, quelle boucherie ça a été ! Et quand j'parle de bouch'rie, c'est encore en d'sous d'la réalité, hein : ennemis brûlés ou asphyxiés, combat avec des tas d'os magiques, magie noire à gogo... L'elfe a pris gros, mais on s'en est tous sortis. Par contre, question prisonniers, on peut pas en dire autant. Et faut voir la couche d'ossements sur laquelle on a fritté... Combien de dizaines ou de centaines de personnes sont mortes là, j'ai même pas envie d'essayer d'l'imaginer !

Mais bon, d'un aut' côté, ça a presque été trop facile : à part pour le sorcier à la fin et ses squelettes, ça a été presque du gâteau : infiltration, exécutions, re-infiltration, etc. Et tout ça nous dit toujours pas c'qu'y f'saient là tous ces gugusses, pour qui c'était tous ces sacrifices, et pourquoi ça a accéléré les derniers mois comme on dirait qu'ça a fait. Pis on a pas encore trouvé trace du père de Manil ou de c'qu'il était v'nu chercher. Si ça s'trouve, va encore y avoir quelques bonnes surprises... ou plutôt des mauvaises...

Etape 1 - élimination des gardes
Kacem a fini par revenir, avec une p'tite complication sur la fin : alors qu'il était en train de crapahuter vers nous, un garde est sorti et a eu l'malheur de r'garder dans sa direction et a dû voir un p'tit mouv'ment. Tiriel a décoché une flèche près du voleur pour le prév'nir, il a r'gardé en arrière et a compris. L'a fait l'mort un moment et l'garde a fini par reprendre sa ronde sans app'ler personne, donc c'était bon. Kacem a enfin pu finir de revenir et de nous mettre au courant de tout c'qu'il avait vu en bas.

Du coup on a pu mettre au point un p'tit plan pour investir la forteresse. Dans tous les cas ça commençait par l'élimination des gardes au moment des rondes, de nuit, lorsque deux d'entre eux étaient sur l'chemin d'ronde à zieuter partout, isolés... Ensuite faudrait investir la pièce au niveau d'l'entrée dans la forteresse, discrètement, pour pas alerter les autres et pouvoir les surprendre lors de la relève. Et pouvoir ainsi pénétrer dans la partie troglodyte, dans les souterrains quoi.

Ben on a fait ça : Kacem, Tirielle, Farouk et Belzagar sont descendus et ont fait deux duos de choc planqués dans les tourelles à l'extrémité des ch'mins d'ronde. Quand les deux gardes se sont pointés, z-ont pas fait long feu, même si l'un d'eux a pas exactement pris l'chemin prévu. Mais bref, sont morts tous les deux sans bruit, et les deux duos s'sont rapprochés des tourelles du centre qui commandaient la herse de l'entrée, et en particulier de celle ousqu'i' yavait du feu et des présences humaines...

Une porte a été ouverte et une flèche a mis fin à la vie du premier garde, mais l'autre s'est t'nu hors de portée assez longtemps pour crier et app'ler à l'aide. L'a pas t'nu longtemps mais l'mal était fait : une nouvelle équipe est sortie pour voir c'qu'i' s'passait, ça a fritté même si les copains ont mis l'feu aux bâtiments pour donner l'change mais sans vraiment convaincre. 'fin bon, sont tous morts mais à l'intérieur, les aut' avaient vu c'qu'i s'était passé et i-z-ont fermé l'entrée. Et on f'sait comment après pour entrer dans les parties souterraines ?

Etape 2 - l'ennemi vient de l'intérieur
Bon, on pouvait attaquer la porte à la hache ou la démonter d'une manière ou d'une autre, ça a pas empêché l'équipe de progresser. L'problème, c'est que d'l'aut' côté, c'était un couloir avec des meurtrières de chaque côté, et des gars bien équipés de lances ou flèches pour nous trouer la peau ! On pouvait boucher les meurtrières avec du bois pris aux autres bâtiments, c'que les copains ont commencé à faire, mais c'était pas facile et ça allait prendre du temps. Pis yavait plus d'surprise, ça allait fritter plus dur...

Pendant c'temps-là, j'étais descendu, comme Manil et le Dúnadan du Gondor aussi. Par contre Gaerwen était pas aussi à l'aise et il lui a fallu plus de temps pour arriver. De toute manière on avait pas trop b'soin d'elle, ça a plus été un truc pour Tirielle et moi. L'était fine, et sa magie l'aidait à être comme une anguille, et moi ch'peux m'faufiler à des endroits ousqu'i ya qu'un hobbit pour aller... comme une cheminée par exemple. On avait vu d'la fumée sortir d'un endroit dans les rochers, assez grand pour moi. J'ai pu descendre sans mal et elle a pu suivre, même si c'était un peu plus galère pour elle.

On s'est r'trouvé dans une cuisine, et on a commencé à investir les souterrains, en éliminant les ennemis isolés quand y en avait. On a trouvé l'armurerie juste avant qu'un chef et ses gardes nous mette la main d'sus... ou plutôt qu'il essaye : quand la porte s'est ouverte un garde s'est pris une flèche de l'elfe dans la gorge, et l'chef avait pas prévu en sautant par-dessus l'corps de l'autre que j'allais lui attraper une jambe pour qu'i s'étale par terre devant l'elfe... qu'avait plus qu'à l'finir. L'dernier a été tué et on a récupéré les clés sur le chef.

Pendant c'temps-là les copains occupaient les derniers gardes en essayant d'passer le couloir aux meurtrières, mais avec l'aide des clés on les a enfermés sans qu'i' s'en rendent compte dans la pièce de garde. Par contre, en furetant ailleurs, Tirielle est tombée sur un sorcier qui lui a foutu une trouille bleue, elle tremblait d'partout et pouvait plus rien faire. Alors j'l'ai laissée dans la cuisine, dans un coin, et chuis rev'nu prévenir les copains de c'qui s'était passé, les clés en prime.

Etape 3 - entrée maîtrisée
Et ça tombait bien : les copains avaient réussi à bloquer les meurtrières et pouvaient enfin accéder à la porte du bout du couloir sans devoir ressembler à des pelotes d'épingles. L'problème, c'est qu'les aut' avaient pas attendu qu'la porte tombe pour prévoir aut'chose : z-avaient mis plein d'bois derrière avec de l'huile, pis z-y ont mis l'feu ensuite. Un gros feu difficile à traverser : p'têt' que certains auraient pu traverser mais ça aurait été chaud, pis y-z-auraient eu des flèches ou des lances pour les accueillir...

Mais c'que les ennemis avaient pas prévu, c'est qu'leur porte pour sortir, ben Tirielle et moi on l'avait fermée ! Du coup on s'est contenté de quitter l'couloir et d'fermer la porte, pendant qu'les gardes découvraient qu'i-z-étaient coincés dans un endroit pas très grand avec un gros feu ronflant pas possible à passer, une solide porte de garde renforcée, et pas d'eau pour éteindre le feu... et c'est pas en pissant qu'i-z-allaient faire grand-chose ! On les a donc entendus app'ler à l'aide, mais savaient pas qu'on avait tué leurs copains et fermé toutes les portes qu'on pouvait...

P'tit à p'tit on a plus entendu qu'leurs râles et pis plus rien : z'étaient asphyxiés par leur propre feu... L'a fallu attendre encore un p'tit moment, et même un gros, c'qu'a laissé l'temps à Gaerwen de finir d'arriver d'ailleurs. 'fin bref, on a pu ouvrir les portes et laisser l'air se renouv'ler un peu, pasque c'était irrespirable là-d'dans. Les gars étaient tous morts - autour d'une demi-douzaine je crois. Au total, entre les gardes du ch'min d'ronde, ceux venus prêter main-forte, les gardes de l'entrée et ceux massacrés par Tirielle avec mon aide, ça f'sait autour d'une vingtaine de morts.

I' d'vait pas rester grand monde, mais on est entrés prudemment. On a pu r'trouver l'elfe qui f'sait peine à voir, toujours tremblante sous l'coup d'la magie noire qu'elle avait r'çue. On l'a laissée en paix et en sécurité et on est allés voir plus loin, jusqu'à une nouvelle pièce que les clés qu'j'avais parvenaient pas à ouvrir. Et dans cette pièce, yavait du monde, j'pouvais l'entendre. Pas du monde en grande forme, sans doute des prisonniers attendant d'êt' sacrifiés. Et sans doute aussi le sorcier qu'on avait rencontré avec Tirielle. Le boss sorcier de la citadelle nous attendait, on s'attendait à c'que ça cartonne.

Etape 4 - sorcier et magie noire
Avec l'aide de Kacem on a pu entrer, et j'vous dis pas le genre de pièce sinistre que c'était : une grande salle avec un monolithe de pierre noire au milieu, avec des gens attachés à des chaines sur le monolithe, l'air pas tous vivants pour certains. Deux portes sur les murs droit et gauche. Et surtout, plein d'ossements par terre, les ossements d'humains (et certains pas vieux), des dizaines voire des centaines, certains en petits morceaux. Franchement, on s'sentait mal là-dedans, fallait faire un effort à certains pour entrer...

On a avancé avec prudence dans la pièce, pis on a vu que la porte de droite avait un p'tit espace qui permettait à une personne de regarder depuis l'aut' côté. Une personne genre un sorcier qu'en a profité pour activer sa magie, de deux manières : et d'une, ya trois tas d'os qu'ont commencé à bouger par terre, pour se transformer en squelettes hach'ment forts et agressifs ! Et de deux, tout l'monde a senti venir depuis la porte une vague de panique magique, tant et si bien que Gaerwen et Kacem ont pris leurs jambes à leur cou et sont partis en courant.

Bon, en fait, avec des efforts i's'sont sentis mieux hors de la pièce mais i-z-arrivaient pas à y re-rentrer. Alors j'les ai encouragés pendant qu'on s'frittait avec les squelettes qui nous posaient pas mal de problèmes : Farouk pouvait voir qu'ses flèches étaient à peu près inefficaces, et même l'arme magique de Belzagar, spéciale contre les morts-vivants, ben c'était pas folichon. L'en avait deux sur lui tout seul et y galérait un peu : i s'prenait quelques griffures et i cassait quelques os, mais ça risquait d'prendre du temps.

Bon, à force d'encouragements la capitaine et l'voleur ont r'trouvé assez de gnaque pour revenir. Pas qu'ça f'sait grand-chose, mais en fait on a trouvé - Gaerwen je crois - qu'les squelettes étaient p'têt' costauds, mais restaient légers. On pouvait donc facilement les pousser avec un bouclier pis les maint'nir dans un coin - l'Dúnadan du Gondor défendait bien. Ça a permis à Kacem de déverrouiller la porte derrière laquelle le sorcier nous balançait ses sorts. L'a essayé d'fuir, mais pas bien loin. Quelques parties vitales en moins, et ses squelettes tombaient d'eux-mêmes, privés de sa magie. Tirielle allait mieux aussi. Pfuuu, pas une partie d'plaisir ce coup-là.

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 39

Message non lupar Niemal » 22 février 2017, 20:53

On a nettoyé la secte de la Dame Sombre ? Ouais, ben, pas complètement en fait. D'une part i reste encore pas mal de trucs pas franchement nettoyés, pis le peu d'nettoyage qu'on a fait on a failli s'faire nettoyer avec - moi l'premier. Mais Kacem aussi, avec son armure magique qui l'rend indétectable, ben l'a quand même dû app'ler à l'aide pasqu'il était un peu coincé, face à un machin qu'même si t'es indétectable tu peux pas forcément l'tuer facil'ment - et il en a fait l'expérience, et heureus'ment qu'c'est un rapide... Et j'parl'rai pas du grand Belzagar en train d'fuir avec sa queue entre les jambes !

L'bon côté d'la chose c'est qu'on a quand même sauvé què'qu' personnes, déjà. Accessoir'ment, j'crois qu'le voleur a trouvé des trucs précieux - l'a pas voulu en parler beaucoup mais ses yeux pétillaient quand même pas mal, malgré l'poids qu'ça f'sait. Pis on a aussi r'trouvé la trace du père de Manil, même si d'une part, l'est bien vieille, et d'autre part, c'est pas franch'ment à son honneur. On savait déjà qu'il avait un pouvoir sur les gros lézards-dragons, pas besoin d'en met' partout où i passe. Pis la Dame Sombre avec lui, l'a l'air encore plus balèze, et e' pourrait rev'nir...

Pièges à gogos
Bon, alors i semblait qu'on avait tué tous les adorateurs de la secte, tous les gardes, leur sorcier, et tout et tout. Pas d'aut' bruit, le calme, pas d'nouveaux ennemis à trucider. Avec la mort du grand chef Tirielle a eu l'air d'aller mieux, pareil pour Belzagar et Gaerwen, c'était déjà ça. Pis bien entendu, pendant qu'moi j'me précipitais pour aller voir les pauv' gars accrochés au monolithe noir de la pièce aux ossements - certains qui bougeaient encore ya pas longtemps - d'aut' s'précipitaient pour aller trouver les trésors du sorcier mentionné auparavant. Bon, vous m'direz, venant d'un voleur (Kacem) et d'un pirate (Belzagar), j'pouvais pas êt' vraiment surpris.

Bon, dans les quarties dudit sorcier, les copains sont d'abord tombés sur une bibliothèque, mais manquait plein d'livres embarqués ya pas longtemps. Un bureau était là aussi avec divers parchemins que Farouk et Manil allaient commencer à lire d'ici peu. Yavait aussi une porte, et Gaerwen aurait mieux fait d'faire plus attention avant d'prendre la poignée pour l'ouvrir : le dard empoisonné qui l'a piquée a pas eu l'temps d'lui faire grand mal, l'a eu d'la chance, un bon réflexe ou les deux ; mais vu l'peu d'poison qu'elle a chopé et la vitesse et l'intensité du truc, elle aurait bien pu crever en une minute et j'aurais rien pu faire. Utiliser les clés trouvées sur le boss et faire plus attention, c'est c'qu'a été fait après. Et ça a pas suffit.

Le porte donnait sur une chambre assez luxueuse, avec des tentures assez riches sur trois murs. Pendant que l'voleur examinait un coffre - l'allait trouver plein d'fric et d'bijoux dans un double-fond - le pirate arrachait les tapisseries à sa manière - brutalement. Manque de pot pour lui, yavait un mur avec des belles runes magiques et l'a hurlé et pris ses jambes à son cou. L'était dans un tel état d'panique qu'il aurait p'têt' pu s'jeter dans l'vide en fuyant de la forteresse, le con ! Gaerwen a essayé d'l'arrêter, il lui a balancé un méchant coup - nez cassé, j'crois. Mais l'sort de Tirielle l'a calmé un peu, i s'est réfugié dans ses bras en pleurnichant pis elle a continué à l'réconforter, dans la cuisine, pendant qu'la capitaine du Gondor fulminait un peu... beaucoup même.

Mais c'était pas tout. Kacem et Lakem, le rôdeur du Gondor, étaient là aussi et i-z-ont eu sacrément la trouille mais z-ont pu résister. Pis la magie a eu l'air de partir et i semblait bien qu'i yavait un passage secret sur le mur derrière les runes. On m'a appelé alors pasqu'i trouvaient rien j'crois, alors qu'moi j'ai identifié l'mécanisme qu'ouvrait la porte, avec une salle vide derrière. Un p'tit meuble lancé d'dans a rien fait alors chuis entré pour mieux fouiner... et l'plancher s'est ouvert sur une fosse de six mètres et des pieux métalliques acérés prêts à m'embrocher sévère. Chuis p'tit, agile, entraîné, mais chais pas comment j'ai fait pour m'en sortir sans une égratignure. La peur, la chance, chais pas. Et yavait une porte en bas, qui donnait sur des souterrains. Mais j'y r'viendrai.

Personnes en détresse
Avant d'continuer, faudrait p'têt' parler un peu du plus important, pour moi du moins : yavait six personnes accrochées au monolithe par des menottes métalliques, dont trois qu'avaient l'air bien mortes et les autres pas franch'ment fraîches : mal en point et inconscientes, des blessures pas trop graves, épuisées et affamées sans doute, et tous les symptômes d'un choc psychologique violent. On a pu les délivrer et les sortir d'la pièce au monolithe et aux ossements, et me suis occupé d'elles - une femme et deux hommes d'âge moyen - avec l'aide de Farouk. Bon, avec un peu d'eau, des couvertures, du r'pos, des soins, z-avaient l'air mal en point mais z-ont pu récupérer mieux que c'que j'pensais. N'empêche qu'elles risquaient pas d'partir de tout d'suite d'la forteresse en plein hiver dans les montagnes...

A côté d'ça, Farouk a fini par dénicher les geôles pas loin, qui donnaient sur la pièce au monolithe. En fait yavait un peu d'bruit dans une des geôles, un couple assez jeune de paysans du coin dont la femme avait été violée, entre autres choses. C'étaient les derniers arrivés et z-avaient pas l'air en trop mauvais état. Enfin, on a pu s'en rendre compte après avoir ouvert la porte, c'qu'a pas été si simple que ça j'ai cru comprendre. Le rôdeur haradrim est v'nu quémander l'aide du voleur pour ça, et i's sont rendu compte après ça que la clé était sur un trousseau accroché derrière la porte de la salle de garde des geôles, que Farouk avait un peu omis de fouiller...

Enfin quoi, on avait donc, en plus de nombreux macchabées, deux prisonniers secoués mais pas trop mal en point, pis trois autres encore vivants mais pas en état d'faire grand-chose. L'a fallu les rassurer au départ, tous - ben c'est vrai, quoi, quand on voit des gars comme Belzagar ça fait plus peur que les gars d'la secte - et gagner leur confiance. Bon, avec le temps et des bons trait'ments c'était pas trop dur, et i-z-ont pu nous faire le récit d'leur calvaire. On a pas appris tant d'choses que ça, les derniers étaient arrivés sans doute yavait quelques jours, peu avant nous. Par contre, i semblait bien qu'l'objectif des gars du culte c'était avant tout d'faire souffrir le plus possible, physiquement et encore plus psychologiquement. Semblaient êt' très bons pour ça les gars.

Pourtant ça avait pas l'air d'êt' très efficace leurs tortures. Pasqu'i semblait bien, et c'était confirmé par les écrits du prête dans la langue locale, que tout ça c'était pour faire rev'nir la fameuse Dame Sombre qu'avait quitté tous ces gugusses un an auparavant. Avant elle était pas là très souvent mais l'était régulière. Devant son absence, les rituels, enlèvements et tortures avaient augmenté mais sans effet visible. Apparemment e' s'nourrissait de la souffrance et de la peur des autres, alors pour la faire rev'nir les gars d'la secte ont augmenté la dose, encore et encore. En farfouillant dans l'autel qui lui était consacré, j'ai aussi senti un truc bizarre : yavait un grand siège où la Dame devait siéger parfois - yavait des traces. Sauf que contrairement aux aut' sièges où s'asseyaient les gars, yavait aucune odeur de sueur, rien d'vivant. Comme si la Dame Sombre était une saloperie d'mort-vivant...

Gardien affamé
Bon, mais rev'nons un peu au piège où j'étais tombé. Yavait donc une porte, en pierre, que Kacem est venu ouvrir. C'était facile, yavait des barreaux pour descendre et de la place pour circuler le long des murs, comme si le piège était fait pour fuir et protéger contre d'éventuels poursuivants. Bon, bref. Derrière la porte on avait des souterrains plus ou moins naturels, genre labyrinthe, des croisements un peu partout. Avec quelques traces plus ou moins régulières, mais certaines assez vieilles - genre des traces de bottes de p'têt' un an - ou assez récentes... et grosses. Grosses comme celles que ferait un très gros lézard dont le corps frotte contre les parois des souterrains, même si les parois sont à deux pas l'une de l'autre. Et pas des pas de hobbit.

Si on ajoute les odeurs de mort et quelques bruits massif à distance, c'était facile de se dire que revenir en arrière et ne pas explorer les boyaux souterrains était une option plus que prudente. Bref, chuis rev'nu et chuis r'sorti de la fosse en m'disant qu'on f'rait mieux d'pas aller trop loin par là. Pourtant on en avait pas fini avec ça. De son côté, L'elfe a essayé d'ouvrir une des portes de la pièce au monolithe, et l'a failli se prendre un méchant piège qu'a fait fondre la clé qu'elle avait mise dedans. J'vous passe les détails, mais après avoir trouvé comment ouvrir c'te foutue porte, ben derrière on a trouvé une grande caverne avec divers boyaux qu'en partaient et une odeur et des traces qui montraient qu'le gros lézard devait crécher là ou pas loin - et qu'il avait mangé là plus d'une fois, comme les os qui trainaient indiquaient bien...

Mais c'est pas tout. Plus tard, Kacem a voulu quand même explorer les souterrains, protégé par sa fameuse armure magique qui l'rend indétectable pour une personne sur qui i s'concentre. L'était donc parti avec des torches - dont une allumée - faire un peu d'exploration. Rapid'ment, l'a attiré l'gros lézard, qui arrivait à l'suivre à l'odeur ou autre chose et qu'était assez gros pour l'avaler en une seule fois. Et surtout, il voyait la lumière de la torche ! Mais sans torche, l'voleur voyait plus le lézard et il pouvait plus se concentrer pour que le lézard le perçoive pas ! Après avoir jeté sa torche allumée à distance, torche qu'allait finir par s'éteindre, l'a essayé de blesser la créature mais même surprise, l'a pas pu faire grand-chose et l'avait l'air plus menaçante que jamais...

En fin d'compte, il a appelé à l'aide et j'ai entendu, alors on a ouvert la porte, on a fait du bruit pour attirer la créature et Kacem a pu s'barrer. D'not' côté, Manil f'sait une découverte intéressante : dans la caverne du monstre, dans laquelle i pénétrait pour la première fois, yavait des traces qui f'saient furieusement penser à un rituel de son papa, c'qu'a faussi fait penser au précédent gros lézard qu'on avait vu dans l'désert... Du coup, l'a essayé de parler au p'tit dragon - qu'a essayé d'le manger d'abord - et avec un peu d'sa magie l'a pu échanger avec la bestiole, qu'a pu confirmer c'qu'on commençait à d'viner. Bref, le père de Manil était à l'origine de la présence du dragon ici, dans les cavernes, et des ordres qu'on lui avait donnés. En gros, tuer tout l'monde sauf la Dame Sombre et ceux qui l'accompagnaient. Et l'avait l'air d'être bien balèze, c'te Dame Sombre...

On part quand ?
Je passe sur les détails de la fouille de la forteresse, mais en gros on avait bien tué tout l'monde (sauf les prisonniers et l'mini-dragon) et on était tranquilles. Et blindés de bouffe, d'armes et armures diverses, de papiers sur le passé d'la secte, de livres sur des trucs noirs, de matos divers (outils, bois, couvertures...), etc. Avec en prime trois mules qu'avaient pas franch'ment envie d'entrer dans les souterrains. Mais à côté d'ça, d'une part on avait pas grand choix des endroits par où partir, d'autre part on allait p'têt' pas rester seuls très longtemps. Entre la Dame Sombre qui pouvait passer faire salut à tout moment et d'aut' gars du culte, on pouvait s'attendre à tout. Alors qu'est-ce qu'on attendait pour se barrer ?

Premier problème : on était crevés. L'a fallu une bonne matinée de sommeil pour que la plupart aillent mieux, au moins c'était facile. Mais les trois ex-prisonniers mal en point, leur a fallu du temps pour émerger d'l'inconscience, et dans leur état z-étaient pas capables de prendre la route dans les montagnes ni même d'êt' transportés. Se balader sur une p'tit' route de montagne en hiver, sur une mule, quand on est blessé et épuisé physiqu'ment et moralement, ça allait pas l'faire. Au bas mot leur fallait une semaine pour arriver à tenir debout et faire plus que s'traîner, comme par exemple tenir sur un canasson. Et encore.

Une semaine sur place, ça enchantait pas vraiment les copains. On pouvait avoir d'la visite à tout moment, et on s'attendait pas à c'qu'elle soit amicale. D'un aut' côté, ça laissait du temps à Farouk et Manil pour lire les papiers trouvés chez l'sorcier. Bon, entre ça et l'échange avec le mini-dragon, on a pu comprendre mieux c'te secte et c'qu'i' s'était passé dernièrement, l'histoire des enlèvements et tout, mais j'ai déjà dit l'essentiel. Restait qu'le père de Manil était parti yavait bien vingt ans après avoir fait cadeau d'un dragon à la secte, et on savait pas du tout où il était allé. Avec la Dame Sombre, sans doute, mais pour où, la question restait sans réponse.

A côté d'ça, on n'avait pas trouvé non plus de trésor numénoréen dans l'coin. si ça s'trouve l'était encore quèqu'part par là. Ou la Dame Sombre l'avait embarqué ya bien longtemps. Après, de toute manière, on avait pas vraiment les moyens d'porter grand-chose : avec les trois blessés graves à emmener sur les mules, on pouvait pas embarquer trop d'trucs : adieu les lots d'armes et armures à revendre des dizaines de pièces d'or, par exemple... Farouk voulait aussi retrouver l'nain, seul au besoin, sans parler du matos qu'on avait laissé dans la vallée, ou à flanc de montagne. Et certains auraient bien voulu foutre en l'air la forteresse pour éviter qu'elle continue à servir, ou au moins le monolithe noir magique, qu'on savait même pas comment l'avait pu finir là. N'empêche que le soleil avançait dans l'ciel qu'on avait pas encore beaucoup d'éléments de réponse à ces questions-là...

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Niemal
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Journal de Tobias - récit n° 40

Message non lupar Niemal » 15 juin 2017, 09:50

Pas à dire, là où l'équipe passe, les corbeaux festoient pas mal. Ou les dragons d'ailleurs. Vous m'direz, mieux vaut qu'ça soit d'autres que nous, n'empêche que ces derniers jours la boucherie a marché à fond. Franch'ment, pas besoin d'orcs pour rendre les montagnes du Mordor bien sanglantes. Et l'pire c'est qu'j'ai pas mal aidé à tout ça. Bon, soyons honnêtes, c'était pour sauver un copain mal en point, un nain qu'sait pas trop grimper ou passer inaperçu pis qu'on a enfin pu r'trouver, j'vous dis pas dans quel état...

Alors ouais, super, les ennemis trépassent et on est encore là, le bien est l'plus fort et j't'en passe et des meilleures. Mais ya toujours la Dame Sombre et l'père de Manil quèqu'part, ya toujours un p'tit dragon dans les cavernes, ya toujours ce foutu monolithe noir qui m'fout les j'tons (et pas qu'à moi)... Me d'mande si l'nettoyage est terminé pis si on a fait du bon boulot ou si tout va bien vite recommencer avec d'autres. Pis on fait quoi après ? Lakem veut r'tourner en Gondor faire son rapport, mais certains copains sont pas trop sûrs de l'accueil qui les attend...

A la recherche du nain
Bon, Farouk a décidé d'aller chercher Marti sans plus attendre. I s'rait sans doute parti seul vu l'peu d'intérêt des autres si en fin d'compte j'avais pas décidé d'l'accompagner. Même si ce foutu drogué de baston ou d'argent a déjà essayé d'me voler, et chuis pas près d'oublier ça, n'empêche qu'il a aussi ses bons côtés et que j'le voyais mal se débrouiller tout seul dans la nature ou auprès de Haradrim pas forcément très accueillants envers des étrangers solitaires. Sans parler des adorateurs de secte divers qu'aiment rien d'mieux qu'de venir en aide aux personnes en détresse... de manière définitive. Après tout, on n'est pas les seuls bouchers au monde, loin d'là. Bref, me suis dit qu'Farouk pourrait apprécier un coup d'main d'ma part, pis les blessés étaient en bonne voie d'guérison, zavaient plus b'soin d'moi.

On est donc partis l'soir même, après avoir pris des trucs blancs à se mettre pour être plus durs à voir sur un paysage enneigé. Le ch'min était couvert de neige mais bon, le Haradrim et moi on a l'pied sûr, c'était pas un problème. On a bien avancé dans la nuit, avec la neige l'obscurité était pas trop un problème, surtout pour Farouk qui voit super bien dans l'noir. Bref, on est bien descendus jusqu'à un coin où j'aurais bien fait un camp mais yavait aussi un feu plus en contrebas : des gens étaient là, amis ou ennemis c'était pas possible de savoir. Alors Farouk a décidé d'me prendre sur ses épaules vu que j'commençais à êt' fatigué pis on a commencé à descendre pour voir de plus près le camp en contrebas sans s'faire voir.

On s'est donc approchés du camp installé plus au fond d'la vallée, dans un petit bois où coulait le ruisseau qui descendait des montagnes. Tout l'temps depuis l'chemin enneigé, Farouk a effacé nos traces, même si dans la neige ça reste facile de nous suivre quand même. Au bruit, yavait des chiens dans l'camp, et j'ai pu r'pérer des gardes mais difficile d'en savoir plus de si loin. On a contourné l'camp, on s'est planqué dans un coin, on a bouffé un lièvre attrapé peu auparavant, et on s'est pieutés. Au p'tit matin, le Haradrim m'a réveillé et j'ai entendu que les autres étaient en train d'lever l'camp. Mais aussi, j'ai pu entendre quelqu'un jurer et p'têt' même se battre un peu. Manifestement, ce con d'Marti était pas arrivé au village : l'avait fait une mauvaise rencontre et maint'nant l'était prisonnier du groupe qu'on v'nait d'contourner. Et qui semblait prêt à s'diriger vers la forteresse d'où on v'nait...

Bon, on s'est éloignés un peu et on s'est planqués en grimpant un peu en hauteur, derrière un trio d'épicéas sur une p'tite corniche. De loin on a vu le groupe arriver au ch'min qui menait à la forteresse : une bonne vingtaine de guerriers qui ressemblaient bien à ceux d'la forteresse, avec des chiens, deux mules et Marti attaché et bien gardé. Problème : quand l'groupe est tombé sur nos traces dans la neige (Farouk les avait effacées seulement après avoir quitté le ch'min), ça a été un peu l'branle-bas d'combat. Un groupe de six guerriers accompagnés de trois chiens s'est détaché du groupe et est arrivé assez vite dans not' direction. On était coincés et avec les chiens ou la neige, pas vraiment possible de semer les guerriers qu'arrivaient. Et l'reste du groupe attendait pas loin...

Bluff et méfiance
Farouk avait imaginé un discours pour passer pour un père à la recherche de son fils perdu ou un truc dans l'genre. Moi j'étais assez p'tit pour qu'i' m'remarquent pas, et donc le Haradrim a essayé de s'la jouer au bluff, genre pauv' gars paumé qui d'mande rien à personne mais qu'a eu peur en voyant le groupe armé. Bon, l'a débité son histoire, mais on sentait bien qu'les guerriers avaient pas franch'ment envie d'le laisser s'en tirer à bon compte. P'têt' qu'i croyaient à son histoire, mais après tout, vu l'nombre de gars qu'i d'vaient kidnapper, zavaient p'têt' pas envie d'laisser partir un éventuel témoin gênant. Ou p'têt' simplement qu'pour eux c'était un nouveau futur sacrifié à balancer à leur divinité, et zavaient pas envie d'le laisser filer si facilement !

Bref, à chaque fois, le chef des six lui disait d'accord ton histoire l'est bien jolie, mais descends donc par là qu'on voie à qui on a affaire, et viens avec nous c'est mieux pour ta propre sécurité. Pis en passant donne-nous tes armes, t'en auras pas b'soin avec nous. Ce à quoi Farouk leur répondait quèqu'chose du genre allez vous faire foutre, mais en plus poli. Enfin, chais pas exactement c'qu'i disait vu qu'c'était dans leur langue, hein, un parler haradrim local. Dans tous les cas ça avançait pas vraiment, pour pas dire que c'était complètement bloqué. Zétaient coincés en bas et Farouk leur avait bien fait comprendre qu'il accueillerait des invités avec du fer, et donc nous on était coincés en haut.

Vu l'impasse que c'était, au bout d'un moment deux gars sont partis prév'nir le reste de la troupe. En bas, les guerriers s'étaient tous planqués derrière des arbres proches, donc la fenêtre de tir était réduite. Mon rôdeur haradrim aurait pu en blesser un p'têt', mais après les autres auraient été encore plus vigilants. Enfin bref, les deux gars partis prév'nir les autres ont fini par revenir, tandis qu'on voyait le reste de la troupe commencer à reprendre la route sur le ch'min qui m'nait à la forteresse. Zavançaient pas bien vite, c'qu'était normal vu l'étroitesse et la présence de la neige. C'était la fin d'la matinée, et leur faudrait sans doute la journée pour arriver là-haut où les copains nous attendaient, mais pas eux, et pas si tôt...

Avec Farouk on a monté un plan. En plus de mettre du poison d'araignée sur ses flèches pour davantage d'efficacité, on a décidé d'attendre la nuit. Not' force c'était la discrétion, et on allait jouer là-d'sus. Les autres savaient pas qu'j'étais là, ou en tout cas i savaient pas de quoi j'étais capable. De nuit, nous discrets et perceptifs, et eux moins, on avait l'avantage... si j'arrivais à descendre sans m'faire voir et m'faire flécher. Le gros problème c'était les chiens également : i zavaient pas besoin d'me voir pour me r'pérer et réagir, donc i d'vaient être la cible prioritaire des flèches empoisonnées. Ben c'est c'qu'on a fait.

Des cris dans la nuit
J'ai réussi à descendre sans m'faire voir, jusqu'à des buissons plus ou moins en d'sous de là où Farouk nichait, derrière les trois p'tits épicéas. Me rappelle plus si les chiens ont commencé à grogner à c'moment-là ou après la première flèche de Farouk, mais l'résultat est l'même : un chien s'est pris la flèche, l'a jappé un bon coup, mais encore plus quand il a senti l'poison mortel lui courir dans les veines. La pauv' bête est morte peu d'temps après. Les deux autres ont filé vers moi, l'une s'est prise une autre flèche du Haradrim au-d'sus d'moi qui lui a définitivement fermé la gueule, et l'autre, ben, la pierre de ma fronde qu'il a prise en plein tête l'a sonné assez pour l'arrêter, le temps pour Farouk de l'achever avec une autre flèche pendant qu'j'me replanquais.

Les archers ont tiré sur Farouk qui s'était un peu découvert pour tirer les chiens en bas d'la falaise ousqu'il était, mais sans conséquence, même si i m'a dit qu'l'une des flèches était passée pas loin. Pis après l'a attendu, vu qu'c'était à moi d'jouer. Discrèt'ment, j'ai commencé à faire le tour du coin ousque les guerriers étaient planqués à zieuter du côté du Haradrim. J'en ai choisi un un peu à l'écart, une pierre de ma fronde, pis l'gars f'sait un pas d'côté juste assez pour qu'une flèche empoisonnée vienne lui rendre la vie un peu difficile - efficace, le poison des araignées. Et pendant c'temps-là j'me replanquais.

On a fait ça plus d'une fois et c'était assez efficace, p'têt' aussi qu'mon Haradrim a réussi à en tirer un ou deux directement, lorsqu'ils essayaient d'le flécher, mais à c'jeu-là c'était l'plus fort. En tout cas, après un moment, il en restait plus qu'un, leur chef. L'a compris qu'c'était perdu pour lui et il a essayé d'se débiner en courant, en prenant bien soin de mettre des arbres entre Farouk et lui pour pas s'prendre une flèche dans l'dos. Mais l'avait pas prévu qu'une branche viendrait s'mettre dans ses pattes juste en passant près d'un arbre où j'm'étais planqué. Par terre, c'était une cible plus facile, et une flèche lui a réglé son compte.

Bon, Farouk est descendu, on était contents : on avait divisé un peu l'groupe et on avait réglé leur compte au tiers d'entre eux. Restait maint'nant à espérer qu'les copains auraient bien géré le reste, là-haut. On a commencé à s'mettre en ch'min mais j'étais trop crevé pour faire le voyage. On a trouvé un coin où s'pieuter, et après quelques heures le Haradrim m'a réveillé, et on est r'partis. On voulait arriver avant l'aube à la forteresse, et on pensait mettre la moitié de la nuit, heureusement longue en hiver. Mais avant d'arriver là-haut, alors qu'i f'sait encore nuit, on s'est arrêtés et on s'est planqués : on avait rejoint l'groupe, même si i manquait p'têt' bien deux ou trois gugusses et un chien. Par contre Marti était toujours là...

Bluff et embuscade
Les copains m'ont raconté un peu c'qu'i s'était passé sans nous. Après not' départ, ils ont mis des sentinelles sur les murs de la forteresse et devant la salle du monolithe. J'crois que Kacem avait même installé une sorte d'alarme si jamais la porte des cavernes était ouverte. Pis i-z-ont continué à soigner les blessés, Gaerwen i'm'semble. Bon, en tout cas, le lend'main soir après not' départ, l'elfe a vu qu'du monde arrivait. L'a prév'nu l'équipe, et après un moment ses sens d'elfe lui ont appris qu'le nain était d'retour... et pas dans le meilleur état qui soit. Et avec le toit d'une tourelle à l'entrée qu'on avait fait partir en fumée, les guerriers qu'arrivaient risquaient fort de s'méfier...

Alors bon, z-ont décidé de la jouer à l'entourloupe : l'elfe s'est déguisée, le problème c'est qu'elle parlait pas la langue locale. Alors elle a déguisé aussi Kacem, qui parlait haradrim même si pas forcément exactement celui du coin, mais on pensait qu'ça pouvait passer. Le groupe est arrivé, le chef avait l'air méfiant, surtout qu'i r'connaissait pas not' voleur qui lui parlait. Lui a d'mandé d'faire venir quelqu'un qu'i connaissait, ce à quoi Kacem aurait répondu qu'l'était indisponible pour cause de retour de la Dame Sombre. Mais l'gars a posé d'autres questions et on sentait bien qu'la ruse prenait pas complètement. En tout cas l'chef a d'mandé à un d'ses hommes d'aller voir avec un chien, et les copains ont dû penser qu'la partie bluff allait prendre fin...

Ça a donc bastonné : Gaerwen a ouvert la porte et s'est occupée du chien, tandis qu'l'homme basculait dans l'vide suite aux couteaux dans l'dos lancés par Kacem. Plus tard, paraît qu'l'est descendu au fond - chouette grimpette pourtant - pour récupérer ses dagues. Ya eu d'autres échanges de tirs, l'elfe a p'têt' tué deux aut' gugusses dont l'chef, pis un autre gradé a commencé à ordonner une retraite. Zont fait une pause hors de portée de tir, mais Tirielle a proposé un marché : rendre la forteresse aux guerriers contre le nain ; le tout après avoir dit que tous dedans étaient morts et que ce s'rait leur tour à eux bientôt. Mais l'nouveau chef - qui parlait le ouistrain - avait l'air têtu m'ont dit les copains, et l'a compris qu'Marti était un copain, donc important, et l'a préféré envoyer des noms d'oiseau à Tirielle en la prenant pour la chef - ça lui a fait plaisir - et s'éloigner un peu plus.

Pis l'a commencé à torturer le nain pour en savoir plus sur le groupe. Son but c'était d'en savoir le plus possible et partir ramener des renforts, ou du moins c'est c'qu'i disait. Les copains se sont dit qu'le gars allait finir par tuer Marti qu'était trop con et têtu pour donner des réponses satisfaisantes, donc qu'i fallait intervenir et pas les laisser partir. Autrement dit, sortir de la forteresse pour combattre sur le chemin large de parfois juste un pas. A ce jeu-là, les archers étaient les plus forts, et Tirielle était la meilleure, donc fallait juste trouver de quoi s'protéger des flèches des autres. Son idée ? Prendre une porte de la forteresse, y mettre des poignées et s'en servir de bouclier, avec Belzagar comme porteur dudit bouclier.

Vives tensions
Les copains se sont donc approchés de la bande de guerriers dont l'chef essayait d'faire parler - ou plutôt chanter - Marti. Ledit nain a beau êt' fort et endurant (et têtu) comme une mule, i commençait à céder à la douleur et à chanter donc. Voyant qu'les secours arrivaient, le chef des guerriers s'l'est joué provocateur et il a commencé à balancer en l'air des morceaux d'barbe du nain. Rapport à une menace de l'elfe qu'avait dit qu'si i touchait à un poil de barbe de son copain, l'était un gars mort. Manifestement, le gars en question avait envie d'montrer qu'la menace prenait pas avec lui, et même au contraire. Bon, à un moment i s'est pris une flèche de Tirielle dans l'bras et il a chanté lui aussi, mais ça changeait rien.

Les guerriers étaient prêts au combat, et surtout le chef a dit qu'si les copains f'saient un pas d'plus, le nain partirait en morceaux plus ou moins gros dans l'vide. Arriver à temps pour sauver Marti semblait impossible, et l'elfe voulait y aller coûte que coûte pasque sinon son copain allait mourir. Le rôdeur du Gondor, Lakem, a dit qu'i yavait p'têt' mieux à faire, pasque pour lui, deux têtes de mule comme Tirielle et l'aut' chef des guerriers d'la secte, i risquaient bien d'avoir raison tous les deux : l'elfe allait tuer tout l'monde (pas toute seule, hein), mais l'chef allait tuer Marti. Alors que peut-être qu'en les laissant partir i s'méfieraient moins et on pourrait sauver Marti en les prenant par surprise.

Tirielle s'est laissée influencer, surtout qu'elle était bien la seule à penser qu'i fallait foncer dans l'tas pour sauver l'nain. Donc au bout du compte, ben, les copains ont arrêté d'avancer et pis i-z-ont fini par repartir vers la forteresse. Le tout avec des commentaires moqueurs du chef, des menaces de retour avec les forces nécessaires, etc. Surtout qu'le nain avait dit qu'les copains étaient une vingtaine, qu'i zavaient pris la forteresse d'assaut en passant par la montagne, etc. Manifestement le chef des guerriers prenait ça au sérieux. Et pis plus que tout, d'après c'que les copains m'ont dit, il avait vraiment la haine, et Tirielle en particulier d'vait lui donner de sacrées aigreurs d'estomac !

Paraît qu'la grande gueule d'elfe s'est pas mal exprimée aussi, elle a envoyé aussi des noms d'oiseau et des promesses de mort et tout et tout. L'histoire lui a donné raison, mais on en était pas encore là. Les copains ont fait retraite jusqu'à la forteresse, où ils ont décidé de s'reposer et d'repartir seulement en fin d'nuit ou début d'journée. Pendant c'temps-là, les guerriers avec Marti descendaient un peu sur le ch'min, avant d'trouver un endroit hors de vue d'la forteresse et assez large pour faire un camp. Où i-z-ont soigné leurs blessés - et même le nain, d'vaient avoir en tête de l'utiliser d'une manière ou d'une autre - et se sont r'posés. Et c'est là où on les a trouvés, Farouk et moi.

Chant et chutes
Le Haradrim et moi, on a donc monté un plan. J'étais r'posé, donc j'pouvais m'servir d'l'amulette magique qui m'permettait d'endormir les gars agressifs. Ben on allait faire une embuscade pour les rendre agressifs, pis j'allais chanter, en espérant qu'la majorité piquerait un roupillon qu'on rendrait définitif après s'être débarrassé des autres pas endormis. On a r'culé un peu jusqu'à trouver un coin idéal où on pouvait s'planquer un peu - surtout moi - et où on pourrait met' not' plan à l'œuvre. On a trouvé, on s'est installés, Farouk a mis de l'huile sur un buisson et a fait une flèche enflammée pour ralentir des guerriers pas endormis, pis on a attendu, planqués sur le chemin.

Le groupe est descendu après un moment, et Farouk a fléché l'premier chien, qu'est mort rapidement. Ces cons d'guerriers, zont pas réussi à voir d'où ça v'nait, donc le deuxième chien a subi l'même sort. A présent on avait les coudées encore plus franches, ça s'présentait bien. Les guerriers ont enfin r'péré mon Haradrim, et i's'sont divisés en deux : des guerriers ont commencé à courir vers nous, d'autres ont pris leurs arcs et leurs flèches pour trouer mon copain, sans compter un blessé qu'savait pas trop quoi faire. Bien entendu, Marti était resté plus haut avec les archers et les mules, et p'têt' qu'il avait un gusse pour lui tenir la corde qui l'attachait, mais j'crois pas, ça d'vait être un des archers. Et j'ai chanté.

Ben, l'amulette marche toujours pas mal, hein. Les deux tiers des guerriers s'sont endormis, et certains, en mouvement ou penchés vers le bas pour tirer, ben i sont tombés pas seul'ment dans l'sommeil mais aussi d'assez haut - une portée d'flèche peut-être dans l'bas d'la vallée - et on a pas eu b'soin d'aller les ach'ver. Deux guerriers armés ont continué sur le ch'min vers Farouk, un archer a tiré, le blessé était encore là... Le rôdeur était un peu plus loin qu'moi, et manifestement les guerriers m'avaient toujours pas r'péré. L'premier m'est passé d'vant sans m'voir et a fini avec une flèche de Farouk (qui s'est occupé d'l'autre archer avant j'crois, chais plus bien). Le second a p'têt' r'marqué quèqu'chose mais pas assez vite pour éviter ma pierre dans sa tête, et l'a continué bien bas... Et Marti s'est occupé du blessé surpris, histoire de lui faire goûter aussi aux joies du fond d'la vallée !

Bref, on a réussi à tous les tuer, à r'trouver Marti et à récupérer ses affaires (et deux mules), entre autres choses. Là-d'sus, Kacem et Tirielle sont arrivés qui comptaient prendre le groupe en filature et faire des trucs discrets et mortels, mais zont même pas eu l'temps ! On est r'montés à la forteresse, mais pas tout d'suite, j'étais crevé et l'nain était mal en point. Après avoir soigné Marti et pris un peu d'repos, on a pu rejoindre les autres et passer une semaine à s'reposer. L'a fallu encore utiliser l'amulette pour soigner magiquement l'nain pasqu'il en avait bien besoin et ça allait plus vite. Si bien que malgré ses nombreuses blessures, et l'une était sérieuse, l'a été r'mis sur pied en juste une semaine !

Restait plus qu'à savoir quoi faire ensuite : on avait cinq mules, trois kidnappés sauvés, plein d'matos à transporter et vendre. Sans compter des trucs précieux trouvés çà ou là, et j'me d'mande c'que l'voleur d'Umbar a trouvé sans nous l'dire. Et Manil avait plein d'livres concernant l'passé d'la forteresse et son père, entre autres choses. Et on fait quoi maint'nant, on va où ? Lakem voulait rev'nir en Gondor faire son rapport, on avait trois gugusses à ram'ner chez eux, des trucs à vendre... et ensuite ?

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Slyden
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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar Slyden » 28 juillet 2017, 16:37




Le groupe n’est plus sur la route principale et ne semble pas avoir été suivi.
Autour du feu, Farouk exprime ce qui est latent depuis un certain moment: il est temps de se séparer. Désormais libre de choisir une route, chacun n’a pas les mêmes envies, les mêmes buts ce qui est légitime.
L’Haradrim annonce qu’il n’ira pas au Gondor. Il restera dans le Harondor afin d’aider comme il le peut la population sous le joug des seigneurs Haruzes. Il souhaite bonne chance au groupe. Peut être leurs chemins se recroiseront-ils ? Tobias indique alors qu’il va suivre le Haradrim.
Ils emporteront un cheval pour deux et la mule qui porte leur équipement et laissent leur part de pierres précieuses.
D’autres personnes peuvent bien sur se joindre à eux si ils le souhaitent même si pour beaucoup il est difficile de passer inaperçu et qu’ils ont peut être d’autres objectifs que de voler les riches pour donner aux pauvres.



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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar phejal » 06 août 2017, 17:35

Tiriel et Marty lui souhaite bonne chance pour la suite, à lui ainsi qu'à Tobias (gros bisous) mais leur rêve un jour de revoir leur pays natal et la dangerosité d'être elfe ou nain dans cette région fait qu'ils ne peuvent les accompagner.

"Bonne route les amis et que les Valars vous protège".
Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre.

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Journal de Tobias : récit n° 41

Message non lupar Niemal » 06 août 2017, 18:18

Pas à dire, j'commence à r'gretter d'plus en plus not' bonne vieille île magique, loin d'la "civilisation" où tout est compliqué et ousqu'on dirait qu'ya toujours quelqu'un qui t'veut què'que chose de pas très bon pour toi... Au choix : ta vie, ton équipement, ton fric, ou d'autres trucs qu'on sait pas et qu'on veut pas savoir ! Et chuis pas l'seul à penser ça, les copains ont l'air de pas vouloir traîner dans l'coin et la proximité du Mordor les ennuie d'moins en moins, dans la mesure où au moins ya pas grand monde à part què'ques orcs faciles à gérer. Alors qu'ceux qui nous ont en grippe, par contre...

Pas non plus qu'ce soit simple entre nous : entre Tirielle qui ronronne du côté du pirate d'Umbar, et Kacem qu'est prêt à m'trucider si j'touche à son fameux or, j'vous dis pas l'ambiance des fois ! Alors comme ça, l'or qu'on a récolté peut servir à nous sauver mais pas à sauver les autres ? Du coup Farouk s'demande c'qu'i fait là, pendant qu'l'elfe cherche les compromis... Même Marti a pas trop mal réagi quand j'lui ai piqué sa bourse pour en faire profiter les pauv' du coin... qu'ont pas fait trop d'histoire à m'aider à sauver Tirielle au passage. 'fin bon, si Kacem veut crever seul sur son or comme un dragon, ben j'attendrai qu'i crève pour me servir après coup !

Retour et partage
Bon, alors suite à nos dernières aventures, le bilan était simple : on avait trois blessés, des gens sauvés du culte qu'allait leur faire un mauvais sort. J'parle mêm' pas d'Marti : entre sa super constitution et l'amulette magique que j'avais, l'avait guéri en un rien d'temps ! Bref, nous restait plus qu'à attendre un peu qu'les ex-futur sacrifiés soient prêts à assumer un p'tit voyage en montagne en hiver - une semaine à tout casser - et on pouvait charger les mules avec le meilleur trouvé dans la forteresse, et en particulier les armures métalliques et les meilleures armes. Et je passe sur les trucs que l'voleur d'Umbar avait pu trouver et garder par-devers lui...

Au final, entre la guérison des ex-prisonniers et le mauvais temps, on a dû attendre neuf jours. Pis on est descendus dans la vallée, sans problème aucun, pis on est rev'nus au village ousqu'on avait laissé nos affaires et chevaux, à la grande surprise de certains. Bon, bref, on a tout récupéré sans mal, pis on est r'partis, vu qu'les gars du coin avaient pas de forgeron ou marchand capable de nous donner la valeur des trucs qu'on voulait vendre, d'après les copains. On s'est dit qu'i fallait aller jusqu'à Amrûn j'crois qu'la ville s'appelle, un coin fortifié sur la rivière qui s'jette dans l'océan. En tout cas, d'après Farouk, un endroit où on pouvait trouver des bons marchands et artisans.

Ouais p'têt' ben, mais en attendant, on est passés sur plein de p'tits territoires haruzes dont les patrouilles avaient une règle toute simple : la tranquillité en échange d'une "taxe" pour les marchandises qu'on transportait. Du coup, après un moment, on est sortis d'la route principale pour les éviter le plus possible, même si ça nous prenait plus de temps. On en profitait pour se trouver à bouffer nous-mêmes le plus possible - Farouk est vraiment un as - et si parfois on croisait une patrouille, nos deux Haradrim discutaient l'bout d'gras pour faire baisser le prix d'la taxe, qui s'montait quand même à què'ques pièces de bronze à chaque fois...

Mais à la ville d'Amrûn, on d'vait subir un inventaire complet pour payer une taxe d'entrée en fonction de c'qu'on f'sait entrer comme trucs précieux. Du coup, et aussi pour le cas où, et en tout cas pour que ce soit moins visible, le fric qu'on avait rassemblé a été partagé entre tous. Sauf pour moi, vu qu'j'aime pas avoir de l'argent sur moi sauf pour le donner. Bref, l'argent a été réparti, on s'est présentés à l'entrée d'la ville, on a payé la taxe d'entrée et on est entrés. On a laissé les ch'vaux à une écurie proche de l'entrée, celle de l'auberge conseillée par Lakem, où on pouvait laisser un message au patron pour lui. Ben ouais, le gars du Gondor avait préféré pas êt' vu en not' compagnie, pis s'était occupé des gugusses qu'on avait sauvés, donc on était juste entre nous.

Voleurs et proie
En entrant j'ai vu plein d'mendiants, pour beaucoup d'anciens guerriers qu'la guerre (avec Umbar ou Gondor, ou les deux, ou entre les seigneurs du coin, pas très clair tout ça) avait laissés en piteux état - estropiés quoi. Certains étaient encore blessés ou malades, donc j'me suis dit qu'c'était du boulot pour moi. Bien sûr le premier truc qu'ces pauv' gars avaient besoin, c'était un peu d'argent pour pouvoir manger, dormir sous un toit, etc. Bref, zavaient besoin d'argent, donc j'ai pris la bourse du nain - chuis pas près d'oublier la fois où il avait voulu prendre la mienne à Tharbad - et chuis allé leur en faire profiter.

Pendant c'temps, les copains voulaient aller vendre leur équip'ment piqué au culte auprès d'un bon (et unique) armurier de trucs de métal de la ville. Mais Tirielle a pas voulu attendre et elle a préféré partir seule dans son coin, pour trouver un autre artisan capable de lui vendre c'qu'elle cherchait. Apparemment l'a trouvé c'qu'elle voulait, mais j'ai cru comprendre auprès des mendiants du coin qu'c'était pas très prudent, surtout qu'j'ai vite repéré des gars qui l'avaient repérée et qui la suivaient. P'têt' qu'elle s'était grimée en homme, mais un gars qu'achète auprès d'un armurier, c'est qu'il a du fric. Quand c'est un étranger qu'a pas l'air gros et qu'est seul, forcément, c'est tentant...

J'avais connu ça à Tharbad, donc j'ai pas été surpris d'la suite. Les gars l'ont suivie, et ont fini par lui tendre une embuscade. Elle a réussi à éviter leurs coups et en a tué un avant d'se jeter par la fenêtre d'une maison quand elle a vu qu'elle était coincée. Mais elle a été suivi par le groupe de voleurs, alors j'ai décidé d'faire intervenir les mendiants qui m'avaient accompagné pour m'aider - m'étais dit qu'i pouvaient être utiles, et vu tout l'fric que j'venais d'leur refiler, i pouvaient bien m'faire ça ! On est donc arrivés dare-dare dans la boutique d'un fripier où elle avait fini par être coincée...

Ben elle s'était bien battue - l'avait même tué un autre de ses poursuivants - mais à présent elle était par terre où deux gars étaient en train d'la rouer d'coups avant d'l'achever d'un coup d'épée. Bon, le gars qu'a levé son épée s'est pris une pierre de ma fronde derrière le crâne et les autres ont vite compris que des gueux, et surtout d'anciens guerriers, même blessés, quand c'est nombreux ça peut être vilain. Bref, les voleurs ont été laissés par terre, pour mort, dépouillés par mes "copains", pendant que j'soignais ma copine. Heureusement l'avait aucune blessure grave, et vu qu'c'est une elfe elle gardera pas d'cicatrice. S'est même fendue de quelques pièces pour les gueux, pour les r'mercier d'lui avoir sauvé la vie. Ça c'est la Tirielle que j'aime !

Tensions internes
Bon, après l'avoir soignée on est r'partis chercher les autres, qu'étaient plus à l'auberge. I d'vaient essayer d'vendre les armures et armes récupérées dans la forteresse, et vu qu'les gars du coin utilisaient pas trop de métal - portez une armure métallique dans l'désert, qu'y fasse froid ou chaud, et vous comprendrez - ça laissait pas guère de choix : yavait qu'un seul artisan qui f'sait et vendait ou ach'tait des armures métalliques, sans parler des armes, dans la ville. Et c'est bien là qu'on les a trouvés, ousque ça discutait ferme. Peu de demande, un gars qu'avait l'monopole, les prix proposés plaisaient pas aux copains. Zont fait affaire mais presque à contre-cœur on dirait.

Quand on est entrés et qu'les autres ont vu l'état d'l'elfe, forcément, ya eu des questions. On a raconté c'qu'y s'était passé et Tirielle s'en est pris plein la tronche, comme quoi elle en f'sait qu'à sa tête et écoutait pas les autres, etc. Pas qu'c'était pas mérité, même si, à sa décharge, j'ai cru comprendre qu'elle avait voulu faire une surprise. Si j'ai bien compris et bien r'péré què'ques p'tits échanges, l'était allé acheter un cadeau pour le grand pirate pour qui on dirait qu'elle avait des sentiments. Ch'crois qu'le cadeau lui a plu - l'a gardé en tout cas - mais l'a pas répondu aussi favorablement qu'elle l'aurait souhaité. I voulait prendre le temps d'considérer ses sentiments à elle avant d'voir si ça changeait beaucoup les siens...

Pour rev'nir sur ce côté perso d'l'elfe, yavait tout d'même un p'tit truc : j'pouvais dire qu'je faisais la même chose sans qu'les autres m'engueulent autant. Après tout, j'avais dit qu'j'allais m'occuper des pauvres, seul, et on m'a laissé faire sans problème. Bon, p'têt' aussi j'attire pas l'attention comme l'elfe pis mon côté "survivor", mon héritage de Tharbad, fait qu'les autres ont plus confiance en moi pour me dépatouiller tout seul. Ou qu'i s'en fichent plus pour certains. Bref, l'elfe s'est fait tirer les cloches et le négoce a continué. Vendre, récupérer du fric, mais aussi achats. Et c'est là qu'ça a commencé à êt' mon tour d'm'en prendre plein la gueule.

Tirielle l'avait déjà d'viné quand elle m'avait d'mandé d'où v'nait l'fric donné aux pauvres par mes soins. J'lui avait dit et elle avait l'vé les yeux au ciel vu qu'yen avait pour une p'tite fortune - l'équivalent d'plusieurs pièces d'or. Et l'nain a bien fini par s'rendre compte qu'i lui manquait quèqu'chose, et deux plus deux faisant quatre le reste du groupe a bien fini par comprendre. Marti était écoeuré mais l'a pas fait d'grabuge pour autant, l'a même refusé l'argent que Tirielle a voulu lui donner pour compenser. Par contre, Kacem m'a dit droit dans les yeux qu'si jamais un jour j'lui f'sait un truc pareil, i'm'tuerait. Et l'était très sérieux. Marrant - normal ? - v'nant d'la part d'un voleur qui gérait l'fric du groupe, à sa manière...

Recherchés !
Ce côté pas très souple de Kacem, ça l'a aussi empêché de faire quelques affaires, estimant qu'il avait pas l'fric qu'i méritait pour les trucs qu'i vendait. Bon, l'avait p'têt' pas complètement tort mais j'pense qu'il était un peu gourmand aussi. En tout cas i f'sait bien la paire avec Belzagar, alors que Farouk passait mieux auprès des gens, l'était plus à leur écoute. Pas qu'l'un soit forcément meilleur que l'autre, chacun son style... Mais en tout cas ça laissait pas les gens indifférent. Et notamment un marchand qu'a eu l'idée de faire pression auprès du groupe pour remporter un truc à bon prix. Comme les copains étaient pas disposés à l'céder au rabais, l'a laissé traîner quelques paroles comme quoi i pouvait p'têt' se faire aider par des copains convaincants pour obtenir quand même la marchandise...

Ces paroles ont pas plu au pirate - normal - même si manifestement dans l'coin les gens causaient facilement comme ça. Bref, Belzagar a dit au marchand qu'au moindre problème i r'viendrait faire la fête au gars et lui mettre la tête dans un étant qu'j'vous laisse imaginer. Le pirate d'Umbar a pas forcément beaucoup d'imagination mais i sait stimuler celle des autres... Le gars a pas bronché mais l'a apprécié la tentative de Farouk d'arrondir les angles et de pas être aussi percutant. Du coup il lui a dit - gratuitement - qu'en fait plusieurs personnes du groupe étaient recherchées depuis peu, des annonces circulaient en ville et quelqu'un semblait prêt à donner de l'or pour nos têtes...

Bon, quand Farouk nous a dit ça j'ai rajouté qu'les pauvres du coin m'avaient dit un truc un peu dans l'genre, même si vu l'argent qu'j'avais donné zavaient plus vraiment besoin d'nous dénoncer. En fait, en décortiquant nos informations, i semblait qu'i yavait peut-être plus d'un gars qu'en voulait à nos têtes. Enfin, quand j'dis nos, la mienne en f'sait pas trop partie. N'empêche que ça a achevé de refroidir les désirs de marchandage des membres du groupe. On a fait nos cliques et nos claques, pis on est r'partis sans attendre le lend'main. En passant j'ai quand même d'mandé aux gueux qu'j'avais aidés à prév'nir Lakem, notre copain du Gondor, avec qui un rendez-vous avait été pris dans la ville. Comme ça au moins i aurait pas à nous'attendre.

Pis on a voyagé, et vite encore. Dès qu'on a pu on est sortis d'la route principale pour aller au nord sur des routes secondaires, où on était moins visibles. On risquait les pépins en allant vers la côté donc on a choisi d'passer par les terres, quitte à s'rapprocher du Mordor. Mais on voulait plus attendre les mauvaises surprises que des inconnus puissants allaient nous mettre dans les pattes. Manifestement, on s'était fait des ennemis et des envieux. Des ennemis à cause de ceux qu'on avait trucidés, p'têt', mais sans doute aussi des envieux à cause des trucs qu'on portait. Après tout, yavait des machins magiques vach'ment vieux et puissants dans l'équipe, et apparemment ça commençait à se savoir...

Mais pour Farouk, tout ça lui conv'nait pas. Avoir sa tête à prix, l'avait l'habitude, à jouer les r'dresseurs de torts par chez lui. Et justement, l'avait pas envie d'fuir, mais combattre à sa manière pour aider les gens. Et franch'ment, les gars comme Kacem ou Belzagar, ils aidaient pas trop, zavaient trop leur intérêt à eux en premier avant celui des autres. Et le rôdeur haradrim avait pas non plus apprécié la menace du voleur d'Umbar à mon égard. Bref, Farouk et moi on voulait aider les autres, y compris en leur donnant le fric des riches. Le pirate et l'voleur d'Umbar, voulaient bien aider les autres mais eux-mêmes en premier, ça les dérangeait pas d'êt' riches et d'le rester. On avait passé des bons moments ensemble, mais l'était temps d'se quitter tant qu'on était encore en bons termes. Pas la première fois qu'ça nous pendait au nez, mais là fallait trancher... si possible sans blesser quiconque. Farouk et moi on a donc dit aux autres qu'on allait les quitter et rester dans l'coin.

Foutus couillons. J'espère qu'i trouveront l'moyen d'pas se faire trucider... ou au moins pas trop vite. Et qui va écrire le récit d'leurs aventures à présent ?

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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar Seb » 08 août 2017, 02:22

Une fois de plus, le point de vue de Tobias est assez juste :)
Je préciserai juste que Kacem, même s'il est un voleur, gère très honnêtement les deniers du groupe et qu'il n'a rien trouvé de plus dans la planque de la secte. De plus, ses menaces sur le hobbit ont été faites suite au vol de ce dernier sur le nain car, de son point de vue, ces choses ne se font pas entre équipiers ...

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Re: Terre du milieu Système J - La relève...

Message non lupar Psychopat » 25 août 2017, 16:10

Pour Belzagar, c'est plus l'envie de quitter la région (trop peuplée d'haradrim) qui l'emporte que d'aider son prochain (qui peut être "presque" tout le monde sauf un haradrim). Faudrait pas oublier qu'il a au moins sauver une ou deux fois tout les membres du groupe... De là à le faire passer pour un nombriliste c'est un peu ingrat. Pour l'affaire de l'or du nain, on ne parle pas de quelques piècettes de bronze mais de plusieurs pièces d'or, une réelle fortune, sans parler que cela a été fait à l'insu du groupe (vol), une pratique que le pirate déteste le plus (le vol entre camarade hein...). Même si cela avait été fait dans un but charitable, cela reste quand même pas tolérable...

Belzagar regrette sincèremment le départ du semi-homme en lui souhaitant les meilleures fortunes à l'avenir. II lui pardonne quand même son dernier geste en pensant que c'est une erreur de jeunesse et explique au jeune hobbit que l'amitié est une denrée rare en ce monde et qu'il faut la préserver à tout prix...

Pour Farouk, il le regarde fixement une main sur la garde de son épée et fonce rapidement sur lui pour le serrer très fortement dans ses bras (une embrassade virile quoi...). Il lui glisse à l'oreille en lui faisant un clin d'oeil qu'il n'aura pas le plaisir de le tuer et qu'il a intêret à tuer le plus d'haradrim pour son souvenir...
"Allez tous vous faire déchirer..."



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