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Niemal
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Téléphone mobile : par précaution, n'en abusez pas...

Message non lupar Niemal » 28 mai 2016, 08:24

Le débat sur une possible nocivité de l'utilisation du téléphone mobile n'est pas prêt de s'arrêter. Et voici de nouveaux éléments qui vont dans le sens d'un nécessaire principe de précaution : une très vaste étude qui pointe dans le sens d'une augmentation de certains cancers suite à une utilisation intensive du mobile. C'est ce qu'on peut lire dans un article du Monde intitulé Une étude américaine renforce les soupçons d’un lien entre cancers et téléphonie mobile, qu'on peut lire à http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html - cf. copie plus bas

Bien sûr, ça n'est qu'un élément parmi tant d'autres, il reste sûrement beaucoup à découvrir. Et l'impact sanitaire peut paraître mineur par rapport à d'autres impacts indirects comme l'augmentation du taux d'accident au volant (quadruplé avec un téléphone à l'oreille) ou divers problèmes de société (pistage et problèmes de couple ou de famille, par exemple). Reste que, comme le souligne l'article, même un impact faible à l'échelle d'un individu devient énorme quand on voit l'ubiquité du mobile de nos jours. A tout le moins, cela devrait inciter à ne pas abuser du téléphone mobile, surtout pour les enfants.

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Ce ne sont pour l’heure que des résultats partiels, mais ils sont de mauvais augure. Le National Toxicology Program (NTP) américain a mis en ligne, jeudi 26 mai au soir, la première partie d’une étude toxicologique de grande ampleur, suggérant un lien entre deux cancers rares et l’exposition à des radiofréquences de 900 MHz, modulées selon deux normes de téléphonie mobile : GSM et CDMA. Les données rendues publiques mettent en avant une « incidence faible » de gliome cérébral et d’une tumeur très inhabituelle, le schwannome cardiaque, chez les rats mâles ayant été exposés à ces radiofréquences. Aucun des rats du groupe témoin n’a développé ce type de cancers.

Le NTP, un programme de recherche américain associant plusieurs agences publiques, n’a pas lésiné sur les moyens. « C’est la plus vaste étude de ce type conduite à ce jour sur le sujet », dit le toxicologue Christopher Portier, ancien directeur-adjoint du NTP. L’étude, conduite sur deux ans et demi a coûté plus de 20 millions de dollars. Les groupes d’animaux étudiés comptaient chacun 90 individus, afin de maximiser la puissance statistique des résultats. Outre les animaux témoins (non exposés), certains groupes ont été exposés à des niveaux de rayonnement de 1,5 Watt par kilogramme (W/kg), d’autres à 3 W/kg et à 6 W/kg. Soit des niveaux d’exposition supérieurs à ceux des humains : la plupart des téléphones portables commercialisés ont un débit d’absorption spécifique (DAS) inférieur à 1 W/kg. En outre, les rats ont été soumis à un niveau exposition considérable. Leur corps entier a été exposé, tout au long de leur vie, 18 heures par jour, selon un cycle régulier : 10 minutes d’exposition, suivies de 10 minutes sans exposition, etc.

Effet différencié en fonction du sexe

Pour les deux normes d’émissions testées (GSM et CDMA), les résultats indiquent une incidence des deux cancers qui croît globalement avec le niveau de rayonnement reçu par les animaux. La proportionnalité de l’effet dose-réponse est en particulier clair pour le schwannome. Les chercheurs du NTP notent d’ailleurs avoir « une plus grande confiance dans l’association entre radiofréquences et lésions cardiaques, qu’avec les lésions cérébrales ». Mais, de manière surprenante, seuls les mâles sont touchés. En fonction du rayonnement reçu, le taux d’animaux développant l’une des deux pathologies varie de 1,1 % (un animal sur 90) à 6,6 % (6 animaux sur 90). Les femelles exposées dans des conditions identiques ne contractent pas ces maladies...

Cet effet différencié en fonction du sexe est inexpliqué. A ce jour, précise Christopher Portier, « il n’existe que des indices très limités de l’existence d’un mécanisme biologique à même d’expliquer la cancérogénicité des rayonnements non ionisants ». Les rayonnements ionisants – émis par certains éléments radioactifs, par exemple – altèrent l’ADN des cellules et peuvent ainsi conduire certaines d’entre elles à devenir cancéreuses. Rien de tel avec les radiofréquences, qui n’ont pas d’impact sur l’ADN...

En dépit de cette absence de mécanisme clair, plusieurs études épidémiologiques ont suggéré une augmentation d’incidence des gliomes cérébraux chez les grands utilisateurs de téléphone mobile.... mais d’autres n’ont pas mis en évidence un tel lien. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’inventorier et de classer les agents cancérogènes n’avait ainsi classé les ondes électromagnétiques que parmi les « cancérogènes possibles » (dit classement « 2B »).

L’ensemble des résultats attendu

L’affaire est donc très débattue mais les résultats préliminaires du NTP, assez inattendus, viennent apporter de l’eau au moulin de ceux qui plaident pour plus de précaution. Toutefois, le NTP précise que ces résultats ne sont que partiels et que d’autres, actuellement en cours de révision, viendront dans les prochains mois compléter et préciser le tableau. Au CIRC, on préfère attendre la publication de l’ensemble des résultats du NTP pour apporter des commentaires, mais on précise que « si cela s’avère nécessaire, en fonction de la nature des données qui seront apportées, le CIRC pourra réévaluer rapidement sa classification des ondes électromagnétiques des radiofréquences ».

Pour M. Portier, les résultats partiels présentés devraient suffire à ce que « les pouvoirs publics investissent plus, sans attendre, dans la recherche scientifique sur les impacts sanitaires de ces technologies ». Car même si les effets mis au jour n’étaient que ténus, l’affaire serait importante. « Vu l’usage mondial généralisé des appareils de communications mobiles, par des utilisateurs de tous âges, même une augmentation très faible de l’incidence d’une maladie résultant d’une exposition aux rayonnements électromagnétiques pourrait avoir des conséquences importantes pour la santé publique », notent en effet les chercheurs du NTP dans leur compte-rendu.

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Niemal
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Océans - et donc planète - en danger

Message non lupar Niemal » 06 septembre 2016, 09:49

Je ne viens plus trop poster ici non par manque de matériau mais plutôt par manque de temps ou motivation. Mais là, je me force un peu pour vous faire part d'une vision plutôt pessimiste (réaliste ?) de notre avenir. Cette vision, on la trouve dans un article du Monde intitulé Quand l’océan se meurt, la planète aussi (http://www.lemonde.fr/climat/article/20 ... 52612.html). En gros, si on voit déjà beaucoup de changement sur terre, sous l'eau, c'est encore pire, or c'est essentiel à la vie sur terre. Si vous pouvez, n'hésitez pas à aller lire l'article directement sur le site du Monde pour profiter des autres liens vers des articles complémentaires.

J'ai recopié l'article plus bas, essentiellement à titre d'information et pour appuyer encore l'idée qu'il faut agir vite, y compris à titre individuel. En effet, l'impact des changements marins que nous avons mis en place sera énorme et très rapide sur nos sociétés, y compris industrialisées. Et nous pouvons tous faire quelque chose, ne serait-ce qu'en faisant plus attention à notre alimentation. Mais relisez mes précédents posts sur le sujet si vous le souhaitez. Après, je ne cherche pas à donner mauvaise conscience à quiconque. Juste à montrer que la situation est grave et que nous sommes tous dans le même bateau...

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Au milieu du hall d’exposition du congrès de l’Union internationale pour la protection de la nature (UICN) qui se tient à Hawaï jusqu’au 10 septembre, trône une très grosse mappemonde de l’agence météorologique et océanique américaine (NOAA). Elle se taille un franc succès auprès du public en montrant en accéléré le réchauffement de l’océan, ainsi que l’augmentation de son taux de salinité depuis la fin du XXe siècle : la planète vire à l’écarlate. Et la gigantesque masse océanique qui la couvre à 71 % – soit 360,6 millions de kilomètres carrés –, devrait encore gagner un à quatre degrés d’ici 2100. Même la température de l’eau des grandes profondeurs est en train de s’élever et, près des côtes, le thermomètre grimpe 35 % plus vite que dans la haute mer depuis les années 1960.

Les scientifiques estiment que l’océan a absorbé 93 % du réchauffement dû à l’émission de gaz à effet de serre générés par les activités humaines depuis 1970. « Sans cela, il ferait 36°C de plus qu’actuellement sur la terre, ce serait invivable, » traduit Carl Gustav Lundin, directeur du programme marin de l’UICN. Or « 70 % de la biodiversité se trouve dans l’océan », rappelle-t-il. Ce rôle de tampon face aux changements climatiques a un coût élevé pour les écosystèmes marins, c’est ce que le réseau de défense de la nature montre dans une volumineuse compilation d’études scientifiques, qu’elle rend publique lundi 5 septembre.

Quatre-vingts scientifiques originaires de douze pays y ont contribué. Les experts de la conservation du vivant ont voulu publier une somme – inédite par son ampleur – de leurs recherches, « les plus systématiques – des microbes aux baleines – et les compréhensibles possibles », résume Dan Laffoley, vice-président de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN et l’un des principaux coauteurs. « Plus d’un quart de ces publications ont été mises à jour depuis la COP21 de Paris, où l’océan s’est imposé comme un élément essentiel de la réflexion sur le climat, soit elles sont postérieures aux travaux du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat de 2013 », assure M. Laffoley. Dire que le tableau dressé est sombre relève de l’euphémisme.

Migrations des organismes marins

« Les changements dans l’océan se font cinq fois plus vite que dans n’importe quel écosystème terrestre », annonce Dan Laffoley. Des régions polaires jusqu’aux régions tropicales, des groupes entiers d’espèces comme les méduses, les tortues et les oiseaux de mer se sont mis à remonter de dix degrés de latitude vers les pôles. Tous les organismes marins ont commencé à migrer : phytoplancton, algues, invertébrés, poissons, mais pas tous selon la même trajectoire. Non seulement le plancton, à la base de la chaîne alimentaire de la faune marine, change d’aires de répartition depuis cinquante ans, mais sa saisonnalité se modifie et il devient plus petit par endroits. Note plus positive : il se diversifie dans les eaux froides.

Ces nouvelles donnes ont des effets « dramatiques », insistent les auteurs, sur la reproduction et la nutrition de nombre d’espèces. Le réchauffement a par exemple un effet dévastateur sur les tortues, dont six des sept espèces marines sont classées en danger d’extinction par l’UICN. Entre autres maux, il augmente dangereusement le nombre de femelles au moment de l’incubation des œufs, au point de compromettre la génération suivante.

Certains phénomènes sont connus. Ainsi, le blanchiment des coraux est un indicateur évident, repérable à l’œil nu, du réchauffement et de l’acidification de l’eau. La totalité d’entre eux devrait être impactée d’ici 2050, alors qu’ils fournissent l’habitat d’un quart des espèces de poissons. Il est plus difficile de sensibiliser le public au sort des algues, pourtant les scientifiques s’inquiètent tout autant de la dégradation accélérée des fonds côtiers. La destruction des forêts de laminaires fait perdre certains poissons, et, pire encore, leurs habitats, tout en favorisant les proliférations d’autres algues, réduisant la quantité d’oxygène dans l’eau.

Impacts sur la santé humaine

Près des côtes, les changements vont avoir des impacts manifestes. Certaines populations y sont vraiment dépendantes des produits de la mer. La pêche et l’aquaculture fournissent environ 15 % de protéines animales à 4,3 milliards de personnes dans le monde. Or, sous l’effet de l’élévation des températures à laquelle s’ajoute l’attaque de méduses et de divers pathogènes, les élevages conchylicoles, de crustacés ou de saumons seront amenés à déménager. Quant aux pêcheurs côtiers, il y aura parmi eux des gagnants et des perdants, détaille une des études. En Afrique de l’est par exemple, la pêche moyenne correspond à 5 kg de poissons par personne et par an, aujourd’hui, dans la plupart des pays. En Somalie par exemple, particulièrement mal dotée, elle pourrait passer de 1,29 kg à 0,85 kg.

En comparaison, les eaux des îles du Pacifique sont très riches, la consommation moyenne tourne autour de 35 kg par personne et procure jusqu’à 90 % de protéines animales à leurs habitants. Les ressources pourraient y diminuer de 20 % vers 2050. Mais le problème de cette partie du monde tient surtout à la destruction des coraux. Celle-ci laisse le champ libre à du phytoplancton, des dinoflagellées, sur lequel se développent des toxines que viennent brouter des poissons herbivores, avant de se concentrer dans les grands prédateurs comme les mérous. On observe ainsi une véritable « épidémie » de ciguatera en Polynésie française ces dernières années, souligne le rapport.

Celui-ci consacre d’ailleurs un chapitre particulièrement glaçant aux impacts de ces mutations sur la santé humaine. « Davantage de chaleur, moins d’oxygène, plus de microbes », résume Dan Laffoley. Les passages qui s’ouvrent entre l’Atlantique et le Pacifique avec la fonte des glaces ne vont pas seulement être une aubaine pour le fret et les organisateurs de croisières, les espèces envahissantes vont elles-mêmes pouvoir circuler davantage, les virus aussi. Plus nombreux, les pathogènes voient en outre leur circulation favorisée par la montée du niveau des mers, qui accélère les échanges avec les bactéries terrestres dans les estuaires.

D’une façon générale, les rivages apparaissent de plus en plus vulnérables, pas seulement à cause de la montée du niveau des mers. Les relations complexes qui lient étroitement océan et climat, jouent un rôle dans l’accentuation de la force des tempêtes. Or les humains ont altéré nombre de barrières de protection naturelles, comme les mangroves, dont 30 % ont disparu en un siècle. Une fois encore, le réchauffement a aggravé ces destructions.

Il reste beaucoup à faire pour que les sociétés humaines prennent la mesure du « plus grand défi caché de notre génération », selon les auteurs du rapport. Au-delà du monde marin, c’est bien la planète tout entière qui va être bouleversée par les changements en cours. « L’océan a une capacité de résilience, il faut l’aider », plaide cependant M. Lundin. Pour cela, nous n’avons pas d’autre solution que de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

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Omniprésence des écrans... si on veut seulement !

Message non lupar Niemal » 04 juin 2017, 16:43

Cela faisait un moment que je n'avais rien posté ici, entre autres suite à des changements dans ma vie et une disponibilité de plus en plus faible. Mais l'occasion fait le larron, et je viens de lire une initiative qui me plaît beaucoup et dont beaucoup de gens ici ou ailleurs pourraient s'inspirer. Cela concerne l'excès de consommation de temps d'écran (télé, ordinateur, smartphone...) dans nos vies, en particulier celle de nos enfants. C'est ce qui est relaté dans un article du Monde qui s'intitule Des écoliers au défi de se passer d’écran pendant une semaine, que vous pouvez lire sur http://www.lemonde.fr/education/article ... 73685.html

A titre personnel, je suis très sensible à l'omniprésence des écrans dans nos vies, peut-être parce que j'en ai été relativement préservé : je n'ai jamais eu la télé chez mes parents ou chez moi, jamais eu de mobile, smartphone ou tablette, et mon travail (animateur en école de cirque et artiste amateur) me tient loin des écrans. Avant je travaillais en bureau dans l'administration et j'ai apprécié d'être moins devant un écran. Ce qui ne m'empêche pas de faire des trucs chez moi sur mon micro ! Je pourrais vous parler aussi de ce que j'ai lu sur le sujet, et encore plus de ce que j'ai constaté en plus de 40 ans, mais j'aurais sans doute l'air paternaliste ;) Mais si vous lisez l'article (que je recopie plus bas) et que ça vous donne des idées ce sera déjà pas mal :)

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« Oh non… » Le cri du cœur des élèves de CM1-CM2 invités à se passer de télévision et de console de jeu pendant une semaine n’est pas franchement enthousiaste. L’idée paraît même incongrue à ces 23 enfants scolarisés à l’école élémentaire Manin, dans le 19e arrondissement de Paris. Agés de 9 à 11 ans, seule une petite minorité n’a pas d’écran dans sa chambre.

Pourquoi limiter quelque chose à ce point imbriqué à leur quotidien ? « L’objectif n’est pas de leur dire d’arrêter les écrans, ni de les diaboliser, explique leur professeur Irène Munch, mais de les faire réfléchir sur leur propre consommation, de leur faire prendre conscience que c’est bien aussi de passer du temps avec les copains, la famille, au moins à table… »

Une heure de dessins animés le matin avant de partir à l’école, à midi quand on ne mange pas à la cantine, en mangeant son goûter, ou lors du repas familial, sans compter le film ou l’émission devant laquelle on s’endort… Dans un premier temps, les enfants doivent dresser un bilan de leur « utilisation habituelle des écrans ». Et les chiffres s’envolent : trois heures en moyenne en rentrant de l’école, et beaucoup plus le week-end… Les enfants ont beaucoup de mal à quantifier. En sixième, les collégiens français passent en moyenne six heures devant un écran (télévision, smartphone, ordinateur), selon l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children de 2016. Bien loin de la recommandation internationale de deux heures maximum d’écran par jour.

Un temps qui est pris sur celui du sommeil. « Qui se couche à 21 h 30 ? », demande Irène Munch. Les quelques courageux qui lèvent le bras suscitent les moqueries. C’est bien pour sensibiliser les familles aux conséquences des abus d’écran sur la santé (obésité, myopie, sommeil…) et le développement de leurs enfants que des parents d’élèves de cette école classée en réseau d’éducation prioritaire (REP +) ont été à l’initiative de ces semaines sans écran il y a une dizaine d’années. Pour Irène Munch, il y a une corrélation claire entre les difficultés de concentration de certains élèves et leurs habitudes de surconsommation d’écran. Ce qu’elle peut voir dans sa classe, ce sont des enfants fatigués, surexcités, qui ont besoin d’être stimulés en permanence, qui ne supportent pas de s’ennuyer, qui parfois manquent d’empathie, d’autonomie, qui peuvent être inquiets par des images qu’ils n’ont pas comprises

« Plus forts que la télé ! »

« La télé, la tablette, la console… tout ça pendant la semaine sans écran, ce sera fini ! », annonce brutalement la maîtresse. « On va faire quoi à la place ? », s’alarme Aminata. Irène Munch présente alors la semaine sous la forme d’un grand jeu où chaque enfant qui n’aura pas regardé d’écran pendant cinq plages horaires de la journée pourra accumuler des points (s’ils sont validés par ses parents), pour lui, pour sa classe et finalement pour l’école. L’opération paraît déjà beaucoup plus alléchante.

Pour gagner des points, les bras se lèvent et les idées fusent. « Sortir dehors », « aller à la piscine », « faire des jeux de société », « dormir », « s’inviter les uns les autres », « faire la cuisine avec ma mère », « faire ses devoirs »… « C’est vous qui décidez d’allumer l’écran, vous êtes plus forts que votre télé, vous pouvez l’éteindre ! » La maîtresse galvanise les troupes. « Moi je peux pas », s’inquiète doucement Atchi, accro au jeu en ligne Movie Star Planet et qui aborde cette semaine avec appréhension. Chaque élève repart avec la liste d’idées d’activités alternatives qu’ils ont construite.

Le jour J, un panneau affichant le nombre de points gagné par chaque classe est installé dès l’entrée de l’école, et des activités sont proposées par des parents d’élèves pour occuper les bambins en manque d’idées : Lego à La Villette, pique-nique, match de foot… « Pour les plus jeunes, la semaine sans écran c’est la fête, ils font des activités qu’ils n’ont pas l’habitude de faire », souligne Veronica Ortiz, déléguée des parents d’élèves, mère d’Adam, élève en CE2 qui a lui-même décidé d’organiser une soirée pyjama en tente Quechua dans son salon pour l’occasion. Irène Munch en profite pour sensibiliser aussi les parents : « Quand les enfants voient leurs parents accrochés à leur téléphone toute la journée, ils se disent que ça a l’air bien… On ne leur donne pas envie de faire autre chose. C’est bien aussi de s’ennuyer. »

« Avant il jouait beaucoup aux Lego »

Que leurs parents soient sensibles ou non aux risques engendrés par les écrans, la plupart des enfants de l’école, eux, se prêtent volontiers au jeu. « Ma fille se cache les yeux pour aller dans sa chambre si la télé est allumée dans le salon », sourit Latifa, qui a bien voulu accompagner sa fille dans son défi, sans renoncer toutefois à son smartphone. Les deux enfants de Jeanne prennent la semaine sans écran « très au sérieux » : « Pour nous c’est très agréable, on n’a pas besoin de se bagarrer. Le fait de cocher des cases, de le montrer à la maîtresse, de ne pas faire perdre de points à la classe » les motive.

Judith, mère de Léo, 9 ans, qui travaille à domicile, a plus de difficultés : « Jusqu’à l’année dernière mon fils jouait beaucoup aux Lego, dessinait, mais depuis qu’il a eu un iPad à Noël, il est happé, c’est tellement mieux que tout le reste. » « Ma crainte c’est qu’ils n’aient plus du tout d’autres curiosités, que le reste les ennuie », s’inquiète aussi Jeanne.

Pendant le week-end, une grande majorité des élèves de la classe d’Irène Munch a craqué au moins une fois. « Quand je rentre, la télé est déjà allumée par mon petit frère ou ma petite sœur », se plaint Julia. Aya, qui a réuni quelques filles de la classe dimanche pour fêter son anniversaire (elle a reçu un iPhone 5S), a organisé un karaoké… « Tu nous as fait perdre des points ! », lui reproche Atchi. A table, il a fallu manger dos à l’écran de télé qui trône dans le salon, rater des épisodes de sa série préférée… David, qui a sagement relevé le défi, a trouvé ça « très, très dur ». Ses parents sont souvent absents le soir pour leur travail et la présence de la télé lui a manqué à lui et sa sœur.

« Des choses simples qu’ils ne font plus »

Globalement la plupart des élèves sont contents de s’être prêtés au jeu et y voient tout un tas d’avantages. « On est plus sortis dehors », se réjouit Abdou, qui a aussi apprécié d’être en forme en s’endormant plus tôt – avant 23 heures… Idriss est allé au restaurant avec son père, Adam a tracé des pages entières de manga, M’Bata a cuisiné son dessert préféré avec sa mère, tandis que d’autres parents en ont profité pour insister sur les tables de multiplication…

« Les enfants se sont tournés vers ce qu’ils ont déjà, des choses simples qu’ils ne font plus, aider à faire la cuisine, passer du temps avec leurs parents, les enfants en ont envie et les parents n’y pensent pas, ou n’ont pas le temps, les moyens », constate Irène Munch.

Atchi a accepté que sa mère désinstalle le poste de télévision de sa chambre. Mais a-t-elle hâte qu’on l’y installe à nouveau ? Pas forcément, « je préfère aller au salon regarder la télé avec mon père et ma mère ».

« On oublie la simplicité », confirme Osvaldo, père d’un enfant de CE1 qui se souvient que quand il était petit en Italie, la télé était tout le temps allumée. Chez lui désormais, elle est éteinte pendant les repas. « Cela impose aussi un changement de rythme aux parents. » Car parfois les écrans sont bien pratiques pour souffler un peu après une journée ou une semaine de travail…

Latifa s’emporte : pour elle, les parents abandonnent trop souvent les enfants aux écrans, comme à un « biberon », ils ont trop souvent baissé les bras. Elle s’inquiète énormément de ce à quoi Internet (auquel ont accès librement nombre d’élèves de la classe d’Irène Munch) peut exposer les enfants. Ses deux fils collégiens n’auront droit à leur smartphone qu’à l’entrée au lycée. Et tablette et ordinateurs familiaux sont enfermés dans un coffre. « On se dit, ça va, ils sont bien tranquilles devant la télé, l’ordinateur, mais ce sont les réseaux sociaux qui entrent chez vous sans votre permission. »

Le dernier jour de la semaine sans écran est l’occasion d’un exercice de calcul mental, pour évaluer le nombre total de points remportés par la classe. Le bilan n’est pas si mal et seule une petite minorité d’élèves n’a pas voulu ou réussi à jouer le jeu. « Est-ce qu’on a gagné et contre qui ? », les interroge la maîtresse. « Contre nous-mêmes », analyse Idriss. « Contre les écrans », ajoute Abdou, fier d’avoir réussi à « résister », « parce qu’ils ne sont pas plus forts que nous ». « Quand il n’y a pas d’écran, la maison est plus calme », juge Richard, qui a exigé de ses parents qu’ils débranchent le Wi-Fi toute la semaine. « Je préfère quand on peut faire un peu tout », tempère Mamadou. Le message est passé.

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Cri d'alarme de 15.000 scientifiques

Message non lupar Niemal » 14 novembre 2017, 00:26

Voici, plus bas, le cri d'alarme lancé ce jour même par 15364 scientifiques de 184 pays. Vous le trouverez aussi en anglais à https://academic.oup.com/bioscience/article/4605229

Je ne ferai aucun commentaire ou développement sur l'importance pour chacun de lire ceci et d'en tirer les conséquences à un niveau personnel : si vous ne vous sentez pas concerné, ce que je pourrais dire ne changera rien je pense. Par contre, si certains veulent en discuter, je suis ouvert au débat constructif...

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Il y a vingt-cinq ans, en 1992, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, dont la majorité des lauréats de prix Nobel de sciences alors en vie, signaient le « World Scientists’Warning to Humanity ». Ces scientifiques exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement et avertissaient : « Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle. » Dans leur manifeste, les signataires montraient que les êtres humains se trouvaient sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Ils faisaient part de leur inquiétude sur les dégâts actuels, imminents ou potentiels, causés à la planète Terre, parmi lesquels la diminution de la couche d’ozone, la raréfaction de l’eau douce, le dépérissement de la vie marine, les zones mortes des océans, la déforestation, la destruction de la biodiversité, le changement climatique et la croissance continue de la population humaine. Ils affirmaient qu’il fallait procéder d’urgence à des changements fondamentaux afin d’éviter les conséquences qu’aurait fatalement la poursuite de notre comportement actuel.

Les auteurs de la déclaration de 1992 craignaient que l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie. Ils soulignaient que nous nous rapprochions rapidement des limites de ce que la biosphère est capable de tolérer sans dommages graves et irréversibles. Les scientifiques signataires plaidaient pour une stabilisation de la population humaine, et expliquaient que le vaste nombre d’êtres humains – grossi de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, soit une augmentation de 35 % – exerce sur la Terre des pressions susceptibles de réduire à néant les efforts déployés par ailleurs pour lui assurer un avenir durable. Ils plaidaient pour une diminution de nos émissions de gaz à effet de serre (GES), pour l’abandon progressif des combustibles fossiles, pour la réduction de la déforestation et pour l’inversion de la tendance à l’effondrement de la biodiversité.

En ce vingt-cinquième anniversaire de leur appel, il est temps de se remémorer leur mise en garde et d’évaluer les réponses que l’humanité lui a apportées en examinant les données de séries chronologiques disponibles. Depuis 1992, hormis la stabilisation de l’amenuisement de la couche d’ozone stratosphérique, non seulement l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d’entre eux se sont considérablement aggravés. Particulièrement troublante est la trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique, dû à l’augmentation du volume de GES dégagés par le brûlage de combustibles fossiles, la déforestation et la production agricole – notamment les émissions dégagées par l’élevage des ruminants de boucherie. Nous avons en outre déclenché un phénomène d’extinction de masse, le sixième en 540 millions d’années environ, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement, ou en tout cas se trouver au bord de l’extinction d’ici à la fin du siècle.

L’humanité se voit aujourd’hui adresser une seconde mise en garde motivée par ces inquiétantes tendances. Nous mettons en péril notre avenir en refusant de modérer notre consommation matérielle intense mais géographiquement et démographiquement inégale, et de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales. En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, à réduire les émissions de GES, à encourager le recours aux énergies renouvelables, à protéger les habitats naturels, à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la « défaunation » et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger.

Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie. Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d’obliger les dirigeants politiques à agir. Il est également temps de réexaminer nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction (l’idéal étant de s’en tenir au maximum au niveau de renouvellement de la population) et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources.

La baisse rapide des substances destructrices de la couche d’ozone dans le monde montre que nous sommes capables d’opérer des changements positifs quand nous agissons avec détermination. Nous avons également accompli des progrès dans la lutte contre la famine et l’extrême pauvreté. Parmi d’autres avancées notables, il faut relever, grâce aux investissements consentis pour l’éducation des femmes et des jeunes filles, la baisse rapide du taux de fécondité dans de nombreuses zones, le déclin prometteur du rythme de la déforestation dans certaines régions, et la croissance rapide du secteur des énergies renouvelables. Nous avons beaucoup appris depuis 1992, mais les avancées sur le plan des modifications qu’il faudrait réaliser de manière urgente en matière de politiques environnementales, de comportement humain et d’inégalités mondiales sont encore loin d’être suffisantes.

Les transitions vers la durabilité peuvent s’effectuer sous différentes formes, mais toutes exigent une pression de la société civile, des campagnes d’explications fondées sur des preuves, un leadership politique et une solide compréhension des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs. Voici – sans ordre d’urgence ni d’importance – quelques exemples de mesures efficaces et diversifiées que l’humanité pourrait prendre pour opérer sa transition vers la durabilité :

1 privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ;
2 préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ;
3 restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ;
4 ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ;
5 développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ;
6 réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ;
7 promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale ;
8 réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces services manquent encore ;
9 multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ;
10 désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement environnemental positif ;
11 concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie utilisant des combustibles fossiles ;
12 revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de consommation pour notre environnement ;
13 déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital.

Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulée il y a vingt-cinq ans par les plus grands scientifiques du monde, nous n’avons, dans la plupart des domaines, pas entendu leur mise en garde. Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, car le temps presse. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer.


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