Ca ne sert à rien de se mobiliser? Un contrexemple...

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yoman
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Ca ne sert à rien de se mobiliser? Un contrexemple...

Message non lupar yoman » 24 janvier 2011, 13:47

Pas si loin de chez nous...

La révolution silencieuse… On n’en entend parler nulle part.

A l’origine de cette révolution dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial des pays où l’indice de développement humain est le plus élevé, juste derrière la Norvège, la crise financière débutée en 2008.

Merveille de la désinformation, un événement aussi considérable peut se produire en Europe à nos portes sans que les médias français n'en informent le peuple. C’est sûr que l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos pouvoirs politico-financiers qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

En 2008, confronté à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des geysers d’eau chaude. Le gouvernement avait été renversé et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées.


Un palais présidentiel assiégé par une foule…Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante.

Un nouveau gouvernement est institué. Mais, très vite le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Cette loi d’indemnisation indigne une bonne partie de la population qui n’a guère l’intention de payer pour les erreurs de ses banques. En effet, cette indemnisation doit s’étendre au moins jusqu’en 2024, à hauteur de 40 % du PIB national. Dès le vote de la loi, 60.000 Islandais, soit le quart de l’électorat, ont signé une pétition pour que le président la soumette à référendum.

Le Président de la République refuse dès lors de promulguer ce choix de politique économique et décide de soumettre cette décision à un référendum. Le peuple rejeta unanimement le plan de renflouement. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette le6 mars 2010.

Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être aussi considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Les constitutants se réuniront à partir de la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.
Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.

Dans une interview avec l’agence d’information financière Bloomberg, Olafur Grimsson a dit : « La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons permis aux banques de faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir ; l’Etat n’a pas porté la responsabilité de la faillite des banques privées. »

Début 2010, lorsque le gouvernement islandais a négocié avec les intérêts financiers un renflouement draconien qui fut ensuite approuvé par le Parlement, le Président Grimsson décida de soumettre cette décision à un référendum. Le peuple rejeta unanimement (93%) le plan de renflouement.

« L’Islande se porte bien mieux qu’attendu », a déclaré Grimsson. « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens. »

En Islande, les activités en faillite furent séparées du reste des banques, ce qui permet aujourd’hui d’avoir un système bancaire au service de l’économie nationale.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays. Elle donne cependant là, une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France. Songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement supervisée par l’Élysée. Les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État. Aujourd’hui où, partout en Europe, les parlements sont soumis aux chantages d’institutions essentiellement soumises aux intérêts financiers pour voter des plans de rationnement des populations, de pillage des fonds sociaux et publics, où l'on donne de plus en plus le pouvoir aux profiteurs d’un système de privilègier, cet évènement indique, une fois encore, que seule la souveraineté des peuples permettra de trouver une issue politique à la crise économique et sociale.

Seront soumis à la décision de l' Assemblée Constituante:

Les bases de la constitution islandaise et ses concepts fondamentaux, l'organisation des branches législatives et exécutives et les limites de leurs pouvoirs, le rôle et la place du Président de la République; l'indépendance de la magistrature et leur surveillance des autres détenteurs de pouvoirs gouvernementaux; les mesures pour les élections et les circonscriptions électorales; la participation des citoyens au processus démocratique, y compris l'organisation de référendum, y compris un référendum sur une loi constitutionnelle; le Transfert des pouvoirs souverains aux organisations internationales et conduite des affaires étrangères; les affaires environnementales, y compris la propriété et l'utilisation de ressources naturelles.
L'Honneur, c'est ce que l'on ne peut vous prendre et ce que l'on ne vous donnera jamais...

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Re: Ca ne sert à rien de se mobiliser? Un contrexemple...

Message non lupar Bob Fortune » 26 janvier 2011, 22:34