Putain, le monde fout le camp ! ! !

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Niemal
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Téléphone mobile : par précaution, n'en abusez pas...

Message non lupar Niemal » 28 mai 2016, 08:24

Le débat sur une possible nocivité de l'utilisation du téléphone mobile n'est pas prêt de s'arrêter. Et voici de nouveaux éléments qui vont dans le sens d'un nécessaire principe de précaution : une très vaste étude qui pointe dans le sens d'une augmentation de certains cancers suite à une utilisation intensive du mobile. C'est ce qu'on peut lire dans un article du Monde intitulé Une étude américaine renforce les soupçons d’un lien entre cancers et téléphonie mobile, qu'on peut lire à http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html - cf. copie plus bas

Bien sûr, ça n'est qu'un élément parmi tant d'autres, il reste sûrement beaucoup à découvrir. Et l'impact sanitaire peut paraître mineur par rapport à d'autres impacts indirects comme l'augmentation du taux d'accident au volant (quadruplé avec un téléphone à l'oreille) ou divers problèmes de société (pistage et problèmes de couple ou de famille, par exemple). Reste que, comme le souligne l'article, même un impact faible à l'échelle d'un individu devient énorme quand on voit l'ubiquité du mobile de nos jours. A tout le moins, cela devrait inciter à ne pas abuser du téléphone mobile, surtout pour les enfants.

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Ce ne sont pour l’heure que des résultats partiels, mais ils sont de mauvais augure. Le National Toxicology Program (NTP) américain a mis en ligne, jeudi 26 mai au soir, la première partie d’une étude toxicologique de grande ampleur, suggérant un lien entre deux cancers rares et l’exposition à des radiofréquences de 900 MHz, modulées selon deux normes de téléphonie mobile : GSM et CDMA. Les données rendues publiques mettent en avant une « incidence faible » de gliome cérébral et d’une tumeur très inhabituelle, le schwannome cardiaque, chez les rats mâles ayant été exposés à ces radiofréquences. Aucun des rats du groupe témoin n’a développé ce type de cancers.

Le NTP, un programme de recherche américain associant plusieurs agences publiques, n’a pas lésiné sur les moyens. « C’est la plus vaste étude de ce type conduite à ce jour sur le sujet », dit le toxicologue Christopher Portier, ancien directeur-adjoint du NTP. L’étude, conduite sur deux ans et demi a coûté plus de 20 millions de dollars. Les groupes d’animaux étudiés comptaient chacun 90 individus, afin de maximiser la puissance statistique des résultats. Outre les animaux témoins (non exposés), certains groupes ont été exposés à des niveaux de rayonnement de 1,5 Watt par kilogramme (W/kg), d’autres à 3 W/kg et à 6 W/kg. Soit des niveaux d’exposition supérieurs à ceux des humains : la plupart des téléphones portables commercialisés ont un débit d’absorption spécifique (DAS) inférieur à 1 W/kg. En outre, les rats ont été soumis à un niveau exposition considérable. Leur corps entier a été exposé, tout au long de leur vie, 18 heures par jour, selon un cycle régulier : 10 minutes d’exposition, suivies de 10 minutes sans exposition, etc.

Effet différencié en fonction du sexe

Pour les deux normes d’émissions testées (GSM et CDMA), les résultats indiquent une incidence des deux cancers qui croît globalement avec le niveau de rayonnement reçu par les animaux. La proportionnalité de l’effet dose-réponse est en particulier clair pour le schwannome. Les chercheurs du NTP notent d’ailleurs avoir « une plus grande confiance dans l’association entre radiofréquences et lésions cardiaques, qu’avec les lésions cérébrales ». Mais, de manière surprenante, seuls les mâles sont touchés. En fonction du rayonnement reçu, le taux d’animaux développant l’une des deux pathologies varie de 1,1 % (un animal sur 90) à 6,6 % (6 animaux sur 90). Les femelles exposées dans des conditions identiques ne contractent pas ces maladies...

Cet effet différencié en fonction du sexe est inexpliqué. A ce jour, précise Christopher Portier, « il n’existe que des indices très limités de l’existence d’un mécanisme biologique à même d’expliquer la cancérogénicité des rayonnements non ionisants ». Les rayonnements ionisants – émis par certains éléments radioactifs, par exemple – altèrent l’ADN des cellules et peuvent ainsi conduire certaines d’entre elles à devenir cancéreuses. Rien de tel avec les radiofréquences, qui n’ont pas d’impact sur l’ADN...

En dépit de cette absence de mécanisme clair, plusieurs études épidémiologiques ont suggéré une augmentation d’incidence des gliomes cérébraux chez les grands utilisateurs de téléphone mobile.... mais d’autres n’ont pas mis en évidence un tel lien. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’inventorier et de classer les agents cancérogènes n’avait ainsi classé les ondes électromagnétiques que parmi les « cancérogènes possibles » (dit classement « 2B »).

L’ensemble des résultats attendu

L’affaire est donc très débattue mais les résultats préliminaires du NTP, assez inattendus, viennent apporter de l’eau au moulin de ceux qui plaident pour plus de précaution. Toutefois, le NTP précise que ces résultats ne sont que partiels et que d’autres, actuellement en cours de révision, viendront dans les prochains mois compléter et préciser le tableau. Au CIRC, on préfère attendre la publication de l’ensemble des résultats du NTP pour apporter des commentaires, mais on précise que « si cela s’avère nécessaire, en fonction de la nature des données qui seront apportées, le CIRC pourra réévaluer rapidement sa classification des ondes électromagnétiques des radiofréquences ».

Pour M. Portier, les résultats partiels présentés devraient suffire à ce que « les pouvoirs publics investissent plus, sans attendre, dans la recherche scientifique sur les impacts sanitaires de ces technologies ». Car même si les effets mis au jour n’étaient que ténus, l’affaire serait importante. « Vu l’usage mondial généralisé des appareils de communications mobiles, par des utilisateurs de tous âges, même une augmentation très faible de l’incidence d’une maladie résultant d’une exposition aux rayonnements électromagnétiques pourrait avoir des conséquences importantes pour la santé publique », notent en effet les chercheurs du NTP dans leur compte-rendu.

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Niemal
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Océans - et donc planète - en danger

Message non lupar Niemal » 06 septembre 2016, 09:49

Je ne viens plus trop poster ici non par manque de matériau mais plutôt par manque de temps ou motivation. Mais là, je me force un peu pour vous faire part d'une vision plutôt pessimiste (réaliste ?) de notre avenir. Cette vision, on la trouve dans un article du Monde intitulé Quand l’océan se meurt, la planète aussi (http://www.lemonde.fr/climat/article/20 ... 52612.html). En gros, si on voit déjà beaucoup de changement sur terre, sous l'eau, c'est encore pire, or c'est essentiel à la vie sur terre. Si vous pouvez, n'hésitez pas à aller lire l'article directement sur le site du Monde pour profiter des autres liens vers des articles complémentaires.

J'ai recopié l'article plus bas, essentiellement à titre d'information et pour appuyer encore l'idée qu'il faut agir vite, y compris à titre individuel. En effet, l'impact des changements marins que nous avons mis en place sera énorme et très rapide sur nos sociétés, y compris industrialisées. Et nous pouvons tous faire quelque chose, ne serait-ce qu'en faisant plus attention à notre alimentation. Mais relisez mes précédents posts sur le sujet si vous le souhaitez. Après, je ne cherche pas à donner mauvaise conscience à quiconque. Juste à montrer que la situation est grave et que nous sommes tous dans le même bateau...

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Au milieu du hall d’exposition du congrès de l’Union internationale pour la protection de la nature (UICN) qui se tient à Hawaï jusqu’au 10 septembre, trône une très grosse mappemonde de l’agence météorologique et océanique américaine (NOAA). Elle se taille un franc succès auprès du public en montrant en accéléré le réchauffement de l’océan, ainsi que l’augmentation de son taux de salinité depuis la fin du XXe siècle : la planète vire à l’écarlate. Et la gigantesque masse océanique qui la couvre à 71 % – soit 360,6 millions de kilomètres carrés –, devrait encore gagner un à quatre degrés d’ici 2100. Même la température de l’eau des grandes profondeurs est en train de s’élever et, près des côtes, le thermomètre grimpe 35 % plus vite que dans la haute mer depuis les années 1960.

Les scientifiques estiment que l’océan a absorbé 93 % du réchauffement dû à l’émission de gaz à effet de serre générés par les activités humaines depuis 1970. « Sans cela, il ferait 36°C de plus qu’actuellement sur la terre, ce serait invivable, » traduit Carl Gustav Lundin, directeur du programme marin de l’UICN. Or « 70 % de la biodiversité se trouve dans l’océan », rappelle-t-il. Ce rôle de tampon face aux changements climatiques a un coût élevé pour les écosystèmes marins, c’est ce que le réseau de défense de la nature montre dans une volumineuse compilation d’études scientifiques, qu’elle rend publique lundi 5 septembre.

Quatre-vingts scientifiques originaires de douze pays y ont contribué. Les experts de la conservation du vivant ont voulu publier une somme – inédite par son ampleur – de leurs recherches, « les plus systématiques – des microbes aux baleines – et les compréhensibles possibles », résume Dan Laffoley, vice-président de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN et l’un des principaux coauteurs. « Plus d’un quart de ces publications ont été mises à jour depuis la COP21 de Paris, où l’océan s’est imposé comme un élément essentiel de la réflexion sur le climat, soit elles sont postérieures aux travaux du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat de 2013 », assure M. Laffoley. Dire que le tableau dressé est sombre relève de l’euphémisme.

Migrations des organismes marins

« Les changements dans l’océan se font cinq fois plus vite que dans n’importe quel écosystème terrestre », annonce Dan Laffoley. Des régions polaires jusqu’aux régions tropicales, des groupes entiers d’espèces comme les méduses, les tortues et les oiseaux de mer se sont mis à remonter de dix degrés de latitude vers les pôles. Tous les organismes marins ont commencé à migrer : phytoplancton, algues, invertébrés, poissons, mais pas tous selon la même trajectoire. Non seulement le plancton, à la base de la chaîne alimentaire de la faune marine, change d’aires de répartition depuis cinquante ans, mais sa saisonnalité se modifie et il devient plus petit par endroits. Note plus positive : il se diversifie dans les eaux froides.

Ces nouvelles donnes ont des effets « dramatiques », insistent les auteurs, sur la reproduction et la nutrition de nombre d’espèces. Le réchauffement a par exemple un effet dévastateur sur les tortues, dont six des sept espèces marines sont classées en danger d’extinction par l’UICN. Entre autres maux, il augmente dangereusement le nombre de femelles au moment de l’incubation des œufs, au point de compromettre la génération suivante.

Certains phénomènes sont connus. Ainsi, le blanchiment des coraux est un indicateur évident, repérable à l’œil nu, du réchauffement et de l’acidification de l’eau. La totalité d’entre eux devrait être impactée d’ici 2050, alors qu’ils fournissent l’habitat d’un quart des espèces de poissons. Il est plus difficile de sensibiliser le public au sort des algues, pourtant les scientifiques s’inquiètent tout autant de la dégradation accélérée des fonds côtiers. La destruction des forêts de laminaires fait perdre certains poissons, et, pire encore, leurs habitats, tout en favorisant les proliférations d’autres algues, réduisant la quantité d’oxygène dans l’eau.

Impacts sur la santé humaine

Près des côtes, les changements vont avoir des impacts manifestes. Certaines populations y sont vraiment dépendantes des produits de la mer. La pêche et l’aquaculture fournissent environ 15 % de protéines animales à 4,3 milliards de personnes dans le monde. Or, sous l’effet de l’élévation des températures à laquelle s’ajoute l’attaque de méduses et de divers pathogènes, les élevages conchylicoles, de crustacés ou de saumons seront amenés à déménager. Quant aux pêcheurs côtiers, il y aura parmi eux des gagnants et des perdants, détaille une des études. En Afrique de l’est par exemple, la pêche moyenne correspond à 5 kg de poissons par personne et par an, aujourd’hui, dans la plupart des pays. En Somalie par exemple, particulièrement mal dotée, elle pourrait passer de 1,29 kg à 0,85 kg.

En comparaison, les eaux des îles du Pacifique sont très riches, la consommation moyenne tourne autour de 35 kg par personne et procure jusqu’à 90 % de protéines animales à leurs habitants. Les ressources pourraient y diminuer de 20 % vers 2050. Mais le problème de cette partie du monde tient surtout à la destruction des coraux. Celle-ci laisse le champ libre à du phytoplancton, des dinoflagellées, sur lequel se développent des toxines que viennent brouter des poissons herbivores, avant de se concentrer dans les grands prédateurs comme les mérous. On observe ainsi une véritable « épidémie » de ciguatera en Polynésie française ces dernières années, souligne le rapport.

Celui-ci consacre d’ailleurs un chapitre particulièrement glaçant aux impacts de ces mutations sur la santé humaine. « Davantage de chaleur, moins d’oxygène, plus de microbes », résume Dan Laffoley. Les passages qui s’ouvrent entre l’Atlantique et le Pacifique avec la fonte des glaces ne vont pas seulement être une aubaine pour le fret et les organisateurs de croisières, les espèces envahissantes vont elles-mêmes pouvoir circuler davantage, les virus aussi. Plus nombreux, les pathogènes voient en outre leur circulation favorisée par la montée du niveau des mers, qui accélère les échanges avec les bactéries terrestres dans les estuaires.

D’une façon générale, les rivages apparaissent de plus en plus vulnérables, pas seulement à cause de la montée du niveau des mers. Les relations complexes qui lient étroitement océan et climat, jouent un rôle dans l’accentuation de la force des tempêtes. Or les humains ont altéré nombre de barrières de protection naturelles, comme les mangroves, dont 30 % ont disparu en un siècle. Une fois encore, le réchauffement a aggravé ces destructions.

Il reste beaucoup à faire pour que les sociétés humaines prennent la mesure du « plus grand défi caché de notre génération », selon les auteurs du rapport. Au-delà du monde marin, c’est bien la planète tout entière qui va être bouleversée par les changements en cours. « L’océan a une capacité de résilience, il faut l’aider », plaide cependant M. Lundin. Pour cela, nous n’avons pas d’autre solution que de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

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Omniprésence des écrans... si on veut seulement !

Message non lupar Niemal » 04 juin 2017, 16:43

Cela faisait un moment que je n'avais rien posté ici, entre autres suite à des changements dans ma vie et une disponibilité de plus en plus faible. Mais l'occasion fait le larron, et je viens de lire une initiative qui me plaît beaucoup et dont beaucoup de gens ici ou ailleurs pourraient s'inspirer. Cela concerne l'excès de consommation de temps d'écran (télé, ordinateur, smartphone...) dans nos vies, en particulier celle de nos enfants. C'est ce qui est relaté dans un article du Monde qui s'intitule Des écoliers au défi de se passer d’écran pendant une semaine, que vous pouvez lire sur http://www.lemonde.fr/education/article ... 73685.html

A titre personnel, je suis très sensible à l'omniprésence des écrans dans nos vies, peut-être parce que j'en ai été relativement préservé : je n'ai jamais eu la télé chez mes parents ou chez moi, jamais eu de mobile, smartphone ou tablette, et mon travail (animateur en école de cirque et artiste amateur) me tient loin des écrans. Avant je travaillais en bureau dans l'administration et j'ai apprécié d'être moins devant un écran. Ce qui ne m'empêche pas de faire des trucs chez moi sur mon micro ! Je pourrais vous parler aussi de ce que j'ai lu sur le sujet, et encore plus de ce que j'ai constaté en plus de 40 ans, mais j'aurais sans doute l'air paternaliste ;) Mais si vous lisez l'article (que je recopie plus bas) et que ça vous donne des idées ce sera déjà pas mal :)

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« Oh non… » Le cri du cœur des élèves de CM1-CM2 invités à se passer de télévision et de console de jeu pendant une semaine n’est pas franchement enthousiaste. L’idée paraît même incongrue à ces 23 enfants scolarisés à l’école élémentaire Manin, dans le 19e arrondissement de Paris. Agés de 9 à 11 ans, seule une petite minorité n’a pas d’écran dans sa chambre.

Pourquoi limiter quelque chose à ce point imbriqué à leur quotidien ? « L’objectif n’est pas de leur dire d’arrêter les écrans, ni de les diaboliser, explique leur professeur Irène Munch, mais de les faire réfléchir sur leur propre consommation, de leur faire prendre conscience que c’est bien aussi de passer du temps avec les copains, la famille, au moins à table… »

Une heure de dessins animés le matin avant de partir à l’école, à midi quand on ne mange pas à la cantine, en mangeant son goûter, ou lors du repas familial, sans compter le film ou l’émission devant laquelle on s’endort… Dans un premier temps, les enfants doivent dresser un bilan de leur « utilisation habituelle des écrans ». Et les chiffres s’envolent : trois heures en moyenne en rentrant de l’école, et beaucoup plus le week-end… Les enfants ont beaucoup de mal à quantifier. En sixième, les collégiens français passent en moyenne six heures devant un écran (télévision, smartphone, ordinateur), selon l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children de 2016. Bien loin de la recommandation internationale de deux heures maximum d’écran par jour.

Un temps qui est pris sur celui du sommeil. « Qui se couche à 21 h 30 ? », demande Irène Munch. Les quelques courageux qui lèvent le bras suscitent les moqueries. C’est bien pour sensibiliser les familles aux conséquences des abus d’écran sur la santé (obésité, myopie, sommeil…) et le développement de leurs enfants que des parents d’élèves de cette école classée en réseau d’éducation prioritaire (REP +) ont été à l’initiative de ces semaines sans écran il y a une dizaine d’années. Pour Irène Munch, il y a une corrélation claire entre les difficultés de concentration de certains élèves et leurs habitudes de surconsommation d’écran. Ce qu’elle peut voir dans sa classe, ce sont des enfants fatigués, surexcités, qui ont besoin d’être stimulés en permanence, qui ne supportent pas de s’ennuyer, qui parfois manquent d’empathie, d’autonomie, qui peuvent être inquiets par des images qu’ils n’ont pas comprises

« Plus forts que la télé ! »

« La télé, la tablette, la console… tout ça pendant la semaine sans écran, ce sera fini ! », annonce brutalement la maîtresse. « On va faire quoi à la place ? », s’alarme Aminata. Irène Munch présente alors la semaine sous la forme d’un grand jeu où chaque enfant qui n’aura pas regardé d’écran pendant cinq plages horaires de la journée pourra accumuler des points (s’ils sont validés par ses parents), pour lui, pour sa classe et finalement pour l’école. L’opération paraît déjà beaucoup plus alléchante.

Pour gagner des points, les bras se lèvent et les idées fusent. « Sortir dehors », « aller à la piscine », « faire des jeux de société », « dormir », « s’inviter les uns les autres », « faire la cuisine avec ma mère », « faire ses devoirs »… « C’est vous qui décidez d’allumer l’écran, vous êtes plus forts que votre télé, vous pouvez l’éteindre ! » La maîtresse galvanise les troupes. « Moi je peux pas », s’inquiète doucement Atchi, accro au jeu en ligne Movie Star Planet et qui aborde cette semaine avec appréhension. Chaque élève repart avec la liste d’idées d’activités alternatives qu’ils ont construite.

Le jour J, un panneau affichant le nombre de points gagné par chaque classe est installé dès l’entrée de l’école, et des activités sont proposées par des parents d’élèves pour occuper les bambins en manque d’idées : Lego à La Villette, pique-nique, match de foot… « Pour les plus jeunes, la semaine sans écran c’est la fête, ils font des activités qu’ils n’ont pas l’habitude de faire », souligne Veronica Ortiz, déléguée des parents d’élèves, mère d’Adam, élève en CE2 qui a lui-même décidé d’organiser une soirée pyjama en tente Quechua dans son salon pour l’occasion. Irène Munch en profite pour sensibiliser aussi les parents : « Quand les enfants voient leurs parents accrochés à leur téléphone toute la journée, ils se disent que ça a l’air bien… On ne leur donne pas envie de faire autre chose. C’est bien aussi de s’ennuyer. »

« Avant il jouait beaucoup aux Lego »

Que leurs parents soient sensibles ou non aux risques engendrés par les écrans, la plupart des enfants de l’école, eux, se prêtent volontiers au jeu. « Ma fille se cache les yeux pour aller dans sa chambre si la télé est allumée dans le salon », sourit Latifa, qui a bien voulu accompagner sa fille dans son défi, sans renoncer toutefois à son smartphone. Les deux enfants de Jeanne prennent la semaine sans écran « très au sérieux » : « Pour nous c’est très agréable, on n’a pas besoin de se bagarrer. Le fait de cocher des cases, de le montrer à la maîtresse, de ne pas faire perdre de points à la classe » les motive.

Judith, mère de Léo, 9 ans, qui travaille à domicile, a plus de difficultés : « Jusqu’à l’année dernière mon fils jouait beaucoup aux Lego, dessinait, mais depuis qu’il a eu un iPad à Noël, il est happé, c’est tellement mieux que tout le reste. » « Ma crainte c’est qu’ils n’aient plus du tout d’autres curiosités, que le reste les ennuie », s’inquiète aussi Jeanne.

Pendant le week-end, une grande majorité des élèves de la classe d’Irène Munch a craqué au moins une fois. « Quand je rentre, la télé est déjà allumée par mon petit frère ou ma petite sœur », se plaint Julia. Aya, qui a réuni quelques filles de la classe dimanche pour fêter son anniversaire (elle a reçu un iPhone 5S), a organisé un karaoké… « Tu nous as fait perdre des points ! », lui reproche Atchi. A table, il a fallu manger dos à l’écran de télé qui trône dans le salon, rater des épisodes de sa série préférée… David, qui a sagement relevé le défi, a trouvé ça « très, très dur ». Ses parents sont souvent absents le soir pour leur travail et la présence de la télé lui a manqué à lui et sa sœur.

« Des choses simples qu’ils ne font plus »

Globalement la plupart des élèves sont contents de s’être prêtés au jeu et y voient tout un tas d’avantages. « On est plus sortis dehors », se réjouit Abdou, qui a aussi apprécié d’être en forme en s’endormant plus tôt – avant 23 heures… Idriss est allé au restaurant avec son père, Adam a tracé des pages entières de manga, M’Bata a cuisiné son dessert préféré avec sa mère, tandis que d’autres parents en ont profité pour insister sur les tables de multiplication…

« Les enfants se sont tournés vers ce qu’ils ont déjà, des choses simples qu’ils ne font plus, aider à faire la cuisine, passer du temps avec leurs parents, les enfants en ont envie et les parents n’y pensent pas, ou n’ont pas le temps, les moyens », constate Irène Munch.

Atchi a accepté que sa mère désinstalle le poste de télévision de sa chambre. Mais a-t-elle hâte qu’on l’y installe à nouveau ? Pas forcément, « je préfère aller au salon regarder la télé avec mon père et ma mère ».

« On oublie la simplicité », confirme Osvaldo, père d’un enfant de CE1 qui se souvient que quand il était petit en Italie, la télé était tout le temps allumée. Chez lui désormais, elle est éteinte pendant les repas. « Cela impose aussi un changement de rythme aux parents. » Car parfois les écrans sont bien pratiques pour souffler un peu après une journée ou une semaine de travail…

Latifa s’emporte : pour elle, les parents abandonnent trop souvent les enfants aux écrans, comme à un « biberon », ils ont trop souvent baissé les bras. Elle s’inquiète énormément de ce à quoi Internet (auquel ont accès librement nombre d’élèves de la classe d’Irène Munch) peut exposer les enfants. Ses deux fils collégiens n’auront droit à leur smartphone qu’à l’entrée au lycée. Et tablette et ordinateurs familiaux sont enfermés dans un coffre. « On se dit, ça va, ils sont bien tranquilles devant la télé, l’ordinateur, mais ce sont les réseaux sociaux qui entrent chez vous sans votre permission. »

Le dernier jour de la semaine sans écran est l’occasion d’un exercice de calcul mental, pour évaluer le nombre total de points remportés par la classe. Le bilan n’est pas si mal et seule une petite minorité d’élèves n’a pas voulu ou réussi à jouer le jeu. « Est-ce qu’on a gagné et contre qui ? », les interroge la maîtresse. « Contre nous-mêmes », analyse Idriss. « Contre les écrans », ajoute Abdou, fier d’avoir réussi à « résister », « parce qu’ils ne sont pas plus forts que nous ». « Quand il n’y a pas d’écran, la maison est plus calme », juge Richard, qui a exigé de ses parents qu’ils débranchent le Wi-Fi toute la semaine. « Je préfère quand on peut faire un peu tout », tempère Mamadou. Le message est passé.

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Cri d'alarme de 15.000 scientifiques

Message non lupar Niemal » 14 novembre 2017, 00:26

Voici, plus bas, le cri d'alarme lancé ce jour même par 15364 scientifiques de 184 pays. Vous le trouverez aussi en anglais à https://academic.oup.com/bioscience/article/4605229

Je ne ferai aucun commentaire ou développement sur l'importance pour chacun de lire ceci et d'en tirer les conséquences à un niveau personnel : si vous ne vous sentez pas concerné, ce que je pourrais dire ne changera rien je pense. Par contre, si certains veulent en discuter, je suis ouvert au débat constructif...

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Il y a vingt-cinq ans, en 1992, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, dont la majorité des lauréats de prix Nobel de sciences alors en vie, signaient le « World Scientists’Warning to Humanity ». Ces scientifiques exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement et avertissaient : « Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle. » Dans leur manifeste, les signataires montraient que les êtres humains se trouvaient sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Ils faisaient part de leur inquiétude sur les dégâts actuels, imminents ou potentiels, causés à la planète Terre, parmi lesquels la diminution de la couche d’ozone, la raréfaction de l’eau douce, le dépérissement de la vie marine, les zones mortes des océans, la déforestation, la destruction de la biodiversité, le changement climatique et la croissance continue de la population humaine. Ils affirmaient qu’il fallait procéder d’urgence à des changements fondamentaux afin d’éviter les conséquences qu’aurait fatalement la poursuite de notre comportement actuel.

Les auteurs de la déclaration de 1992 craignaient que l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie. Ils soulignaient que nous nous rapprochions rapidement des limites de ce que la biosphère est capable de tolérer sans dommages graves et irréversibles. Les scientifiques signataires plaidaient pour une stabilisation de la population humaine, et expliquaient que le vaste nombre d’êtres humains – grossi de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, soit une augmentation de 35 % – exerce sur la Terre des pressions susceptibles de réduire à néant les efforts déployés par ailleurs pour lui assurer un avenir durable. Ils plaidaient pour une diminution de nos émissions de gaz à effet de serre (GES), pour l’abandon progressif des combustibles fossiles, pour la réduction de la déforestation et pour l’inversion de la tendance à l’effondrement de la biodiversité.

En ce vingt-cinquième anniversaire de leur appel, il est temps de se remémorer leur mise en garde et d’évaluer les réponses que l’humanité lui a apportées en examinant les données de séries chronologiques disponibles. Depuis 1992, hormis la stabilisation de l’amenuisement de la couche d’ozone stratosphérique, non seulement l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d’entre eux se sont considérablement aggravés. Particulièrement troublante est la trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique, dû à l’augmentation du volume de GES dégagés par le brûlage de combustibles fossiles, la déforestation et la production agricole – notamment les émissions dégagées par l’élevage des ruminants de boucherie. Nous avons en outre déclenché un phénomène d’extinction de masse, le sixième en 540 millions d’années environ, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement, ou en tout cas se trouver au bord de l’extinction d’ici à la fin du siècle.

L’humanité se voit aujourd’hui adresser une seconde mise en garde motivée par ces inquiétantes tendances. Nous mettons en péril notre avenir en refusant de modérer notre consommation matérielle intense mais géographiquement et démographiquement inégale, et de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales. En échouant à limiter adéquatement la croissance de la population, à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, à réduire les émissions de GES, à encourager le recours aux énergies renouvelables, à protéger les habitats naturels, à restaurer les écosystèmes, à enrayer la pollution, à stopper la « défaunation » et à limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes, l’humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger.

Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie. Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d’obliger les dirigeants politiques à agir. Il est également temps de réexaminer nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction (l’idéal étant de s’en tenir au maximum au niveau de renouvellement de la population) et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources.

La baisse rapide des substances destructrices de la couche d’ozone dans le monde montre que nous sommes capables d’opérer des changements positifs quand nous agissons avec détermination. Nous avons également accompli des progrès dans la lutte contre la famine et l’extrême pauvreté. Parmi d’autres avancées notables, il faut relever, grâce aux investissements consentis pour l’éducation des femmes et des jeunes filles, la baisse rapide du taux de fécondité dans de nombreuses zones, le déclin prometteur du rythme de la déforestation dans certaines régions, et la croissance rapide du secteur des énergies renouvelables. Nous avons beaucoup appris depuis 1992, mais les avancées sur le plan des modifications qu’il faudrait réaliser de manière urgente en matière de politiques environnementales, de comportement humain et d’inégalités mondiales sont encore loin d’être suffisantes.

Les transitions vers la durabilité peuvent s’effectuer sous différentes formes, mais toutes exigent une pression de la société civile, des campagnes d’explications fondées sur des preuves, un leadership politique et une solide compréhension des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs. Voici – sans ordre d’urgence ni d’importance – quelques exemples de mesures efficaces et diversifiées que l’humanité pourrait prendre pour opérer sa transition vers la durabilité :

1 privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ;
2 préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ;
3 restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ;
4 ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ;
5 développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ;
6 réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ;
7 promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale ;
8 réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces services manquent encore ;
9 multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ;
10 désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement environnemental positif ;
11 concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie utilisant des combustibles fossiles ;
12 revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de consommation pour notre environnement ;
13 déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital.

Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulée il y a vingt-cinq ans par les plus grands scientifiques du monde, nous n’avons, dans la plupart des domaines, pas entendu leur mise en garde. Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, car le temps presse. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer.

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Plus d'insectes, plus d'oiseaux... et après ?

Message non lupar Niemal » 20 mars 2018, 10:32

Ça faisait un moment que je n'avais plus rien posté ici, mais pourtant il y aurait de quoi. Comme par exemple cet article du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle concernant deux études indépendantes sur la disparition des oiseaux de nos campagnes. C'est un article du Monde que vous pouvez lire à http://www.lemonde.fr/biodiversite/arti ... 52692.html et qui s'intitule "Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une vitesse « vertigineuse »". Je le recopie plus bas, pour aller plus vite.

Vous me direz peut-être, "qu'est-ce que je peux faire contre ça ?". Voici quelques éléments de réponse :
- favoriser le bio et autres produits issus de méthodes agricoles plus respectueuses de l'environnement
- favoriser les hommes politiques qui se préoccupent vraiment de ce problème de pratiques agricoles
- limiter le gaspillage, la viande (qui consomme nettement plus de ressources agricoles que les légumes)
- en parler autour de vous pour que les gens prennent conscience de ce qui se passe
Liste non limitative, bien sûr, on peut trouver des tas de manières d'agir à son niveau...

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Le printemps risque fort d’être silencieux. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publient, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français, et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. »

Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles et la raréfaction des insectes en général.

Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié ces deux dernières années.
Résultats de deux réseaux de surveillance

Le constat est d’autant plus solide qu’il est issu de deux réseaux de surveillance distincts, indépendants et relevant de deux méthodologies différentes. Le premier, le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) est un réseau de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il rassemble les observations d’ornithologues professionnels et amateurs, sur l’ensemble du territoire et dans différents habitats (ville, forêt, campagne). Le second s’articule autour de 160 points de mesure de 10 hectares, suivis sans interruption depuis 1994 dans la « zone-atelier « du CNRS « Plaine et Val de Sèvre », où des scientifiques procèdent à des comptages réguliers.

« Les résultats de ces deux réseaux coïncident largement et notent une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles, comme l’alouette », constate l’écologue Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres (CNRS et université de La Rochelle). Ce qui est très inquiétant est que, sur notre zone d’étude, des espèces non spécialistes des écosystèmes agricoles, comme le pinson, la tourterelle, le merle ou le pigeon ramier, déclinent également. »

Sur la zone-atelier du CNRS – 450 km2 de plaine agricole étudiés par des agronomes et des écologues depuis plus de vingt ans –, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. « On note 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990 mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés », précise M. Bretagnolle.
Déclin massif des insectes

Pour le chercheur français, « on constate une accélération du déclin à la fin des années 2000, que l’on peut associer, mais seulement de manière corrélative et empirique, à l’augmentation du recours à certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé, qui correspond à un effondrement accru de populations d’insectes déjà déclinantes ».

A l’automne 2017, des chercheurs allemands et britanniques conduits par Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) ont, pour la première fois, mis un chiffre sur le déclin massif des invertébrés depuis le début des années 1990 : selon leurs travaux, publiés en octobre dans la revue PLoS One, le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % sur le territoire allemand.

Des mesures encore non publiées, réalisées en France dans la zone-atelier Plaine et Val de Sèvre, sont cohérentes avec ces chiffres. Elles indiquent que le carabe, le coléoptère le plus commun de ce type d’écosystème, a perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années, sur la zone étudiée par les chercheurs du CNRS.

« Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie, explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées. »
Dégradations profondes de l’environnement

La disparition en cours des oiseaux des champs n’est que la part observable de dégradations plus profondes de l’environnement. « Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines, qui sont une ressource nutritive majeure pour de nombreuses espèces, relève Frédéric Jiguet, professeur de biologie de la conservation au Muséum et coordinateur du réseau d’observation STOC. Que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. »

La situation française n’est pas différente de celle rencontrée ailleurs en Europe. « On est dans la continuité d’une tendance lourde qui touche l’ensemble des pays de l’Union européenne », note M. Jiguet. Est-elle réversible ? « Trois pays, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, ont mis en œuvre des politiques nationales volontaristes pour inverser cette tendance lourde, en aménageant à la marge le modèle agricole dominant, explique Vincent Bretagnolle. Aucun de ces trois pays n’est parvenu à inverser la tendance : pour obtenir un effet tangible, il faut changer les pratiques sur des surfaces considérables. Sinon, les effets sont imperceptibles. Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »

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Expulsé pour "tenue indécente" !

Message non lupar Niemal » 09 novembre 2018, 23:54

En société, il y a parfois des préjugés qui ont la vie dure. On en trouve parfois des traces dans des expressions comme "va-nu-pieds", qui est péjoratif et connoté négativement. On trouve comme synonyme de va-nu-pieds des mots comme vagabond, misérable, voire SDF ! Pourtant, à la base, aller pieds nus n'est pas réservé qu'aux pauvres et miséreux. Rhumatologues, podologues et ostéopathes - en tout cas ceux que je connais - conseillent de ne pas se priver de le faire, et la littérature scientifique est assez unanime sur les bienfaits de marcher pieds nus, en particulier pour les gens souffrant d'arthrose...

Mais côté social, c'est autre chose. Je viens d'en faire la triste expérience pas plus tard qu'il y a deux jours (le mercredi 7 novembre 2018), à Colomiers, et très précisément au Super-U de Colomiers. Il faut dire que je marche pieds nus depuis longtemps, depuis au moins 21 ans. Au départ je faisais cela juste chez moi, ou au cirque. Progressivement je l'ai fait de plus en plus, quelle que soit la saison, dedans comme dehors. J'y trouvais largement mon intérêt : j'avais toujours des mycoses avec des chaussures, et mes genoux étant très abimés (pratiquement plus de cartilage et ligaments croisés du genou droit en moins), je me sentais mieux pieds nus. Au bout d'un moment - depuis trois ans environ - je n'ai mis les chaussures pratiquement plus que pour aller en ville ou chez d'autres gens. Et depuis cet été j'ai arrêté même cela, je ne mets plus de chaussures du tout, sauf pour faire des travaux qui peuvent être dangereux pour les pieds.

Dans l'été j'ai déjà eu des problèmes avec un supermarché que je ne connaissais pas, où un employé voulait que je mette des chaussures "pour raisons de sécurité", mais s'est trouvé bien embêté quand je lui ai dit que je n'en avais pas. Et on m'a aussi dit au métro toulousain qu'il fallait des chaussures. Mais mercredi dernier, vers midi et demi, je me suis carrément fait expulser du Super-U de Colomiers pour "tenue indécente". Au départ l'employé est venu me voir alors que j'attendais pour payer mes courses. Je précise que cela fait peut-être une quinzaine d'années que je fréquente ce magasin assez régulièrement, et particulièrement depuis trois ans que je bosse à Colomiers. Je venais tout le temps en T-shirt, shorts et sandalettes, jusqu'à cet été, où je suis venu pieds nus. Sans aucun problème ou réflexion en plus de trois mois.

Mais là, l'employé m'a dit que c'était la dernière fois que je venais dans une pareille tenue "indécente". Et il était plutôt agressif, avec un ton désagréable comme quelqu'un qui s'adresse à un voleur ou un parasite. J'ai demandé où étaient les textes qui disent que ma tenue est indécente et il a répondu qu'il n'avait pas à me les fournir, et le ton est monté. J'ai dit que je voulais porter plainte, et il m'a dit de partir immédiatement en laissant mes courses derrière moi - y compris un sac qui m'appartenait. Et de la manière dont il me parlait, même s'il n'a pas exactement utilisé ces mots, il m'a fait sentir que je n'étais pas un citoyen, juste une merde, et que je devais dégager immédiatement...

Bien entendu il ne pouvait me fournir de texte disant que marcher pieds nus est indécent, car ils n'existent pas. Mais pour lui une personne qui marche pieds nus est manifestement un pauvre et un pauvre est un voleur. Et il n'a pas de respect, ou alors très très limité, pour ce genre de gens. Je suis allé au commissariat de police où l'on m'a dit qu'une plainte ne donnerait rien, elle serait classée sans suite par les procureurs qui avaient autre chose à faire, même s'il y avait effectivement une forme de discrimination. Mais depuis cette expérience m'a pas mal travaillé et j'ai du mal à ne pas y penser. Je suis retourné au commissariat porter plainte, mais après une heure d'attente il n'y avait toujours personne pour prendre ma plainte et je suis reparti travailler. J'y retournerai plus tard je pense.

En tout cas il paraît que la France est la patrie des libertés. Ce serait bien de le rappeler à Super-U. Et ce serait bien à chacun de nous de ne pas l'oublier...

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Psychopat » 16 novembre 2018, 06:05

Recommence à aller à ce super marché, les pieds nus, mais fait toi filmer… Tu passes ensuite la vidéo dans n'importe quel réseau social et tu laisses la mayonnaise prendre.
"Allez tous vous faire déchirer..."



Asako Moharu :
"Un rikugunshokan infaillible peut-il commettre une erreur Daïdoji-san ?"
Daïdoji Asami :
"Un rikugunshokan Grue ou un rikugunshokan Lion Asako-sama ?"

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Niemal » 16 novembre 2018, 07:22

Bof, je ne suis pas sûr que ça changerait grand-chose... Sinon, je suis allé trois fois au commissariat, et à la fin ils ont refusé de prendre ma plainte, même une main courante - ce qui est illégal. L'un d'eux a même eu des réflexions dignes du gars du supermarché, disant que j'étais "en dehors de la société" (moi qui bosse à Colomiers et fais partie de deux associations columérines) mais que "ça m'arrangeait de revenir dans la société pour déposer une plainte", bref d'être juste un profiteur, un parasite. Et il ne voulait pas entendre mes argument ou y croire, mais disait que je ne les écoutais pas quand j'essayais de reprendre la parole qu'il m'avait coupée !!!

Heureusement tous n'étaient pas comme ça. Mais je ne vais pas leur faire de bonne publicité non plus. J'ai même envisagé de porter plainte contre eux, mais quel autre commissariat voudra l'enregistrer ?

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Bob Fortune » 24 mai 2019, 15:34

Salut à tous,

A voir, si vous vous souciez d'un avenir.

https://www.youtube.com/watch?v=gJckUccWZ9Y
Perso j'ai découvert Pablo Servigne en 2016 avec son livre "Comment tout peut s’effondrer "

Tout n'est pas sombre, informez vous.
Souyez curieux et verifiez vous même les infos pour vous faire une idée plus proche de la vérité.

Courrage.

Pas sur que ça suffise, mais y a des solutions :

https://www.youtube.com/watch?v=r1P41lNqkXM

A+

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Se préparer à la fin du monde que nous connaissons

Message non lupar Niemal » 22 juillet 2019, 12:38

"La fin de notre monde est proche. Une ou deux décennies, tout au plus." Ce n'est pas moi qui le dis, mais un trio de journaliste, chercheur et militant écologiste. Après, je le constate depuis pas mal de temps à travers mes connaissances et observations (je rappelle qu'à la base je suis forestier et fils de chercheur en botanique), mes lectures et mes réseaux. Bon, en fait il y a beaucoup de monde qui le dit depuis un certain moment déjà, et des gens qui ont de sacrés arguments avec ça, pour peu que vous cherchiez un peu. Après, dire que la fin du monde est là, c'est réducteur : le véritable propos, c'est de préparer le suivant, la transition, pour qu'on y perde le moins de plumes, notre planète et nous.

C'est donc un peu l'objet de cet article du Monde (réservé aux abonnés malheureusement), que vous trouverez à https://www.lemonde.fr/festival/article ... 15198.html ou du moins le début, si vous n'êtes pas abonné. Je vous le mets plus bas en copie dans son intégralité, car s'il est long et non dénué de défauts, il propose des pistes intéressantes qui peuvent faire réfléchir, même s'il ne faut pas chercher des solutions prêtes à l'emploi. Bref, je me suis dit que ça pouvait titiller certains d'entre vous peut-être, alors profitez-en si vous le souhaitez ; autrement dit bonne lecture :)

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« Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle »

Trois membres de l’Institut Momentum appellent à assumer l’effondrement systémique global qui vient pour préparer l’avènement d’une société « résiliente ».

Vivre avec la fin du monde 1/6. La fin de notre monde est proche. Une ou deux décennies, tout au plus. Cette certitude qui nous habite désormais, et qui a bouleversé nos croyances et nos comportements, est le résultat d’observations scientifiques nombreuses et variées sur l’évolution du système Terre, mais aussi de l’expression de caractéristiques banales de l’espèce humaine lorsqu’un événement extraordinaire s’annonce.

Depuis une trentaine d’années, les études et les rapports scientifiques ne cessent d’augmenter la plausibilité d’un seuil climatique planétaire qui fera basculer le système Terre dans un état inconnu, nanti de températures moyennes plus hautes que depuis un million d’années. La probabilité d’un tel futur proche est aujourd’hui plus élevée que celle de tout autre scénario prospectif.

Ce n’est plus une question de « si », c’est une question de « quand ». En examinant les centaines de travaux afférents, depuis le premier rapport du Club de Rome – Les Limites à la croissance – en 1972, jusqu’au récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) – « Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C » –, en octobre 2018, on peut estimer la date de passage de ce seuil planétaire entre 2020 et 2040.

Trajectoire chaotique

Ce seuil critique global est la conséquence de multiples boucles de rétroaction autorenforçantes entre éléments du système Terre, dévasté par un siècle de libéral-productivisme. Ainsi, pour le seul cycle du carbone, la fonte du permafrost sibérien, l’affaiblissement du pouvoir de séquestration du carbone par les terres et les océans, la déforestation de l’Amazonie et celle des forêts boréales constituent des boucles de rétroaction qui accélèrent le dérèglement climatique.

Ces rétroactions s’étendent à tous les sous-systèmes de la Terre, intensifiant ainsi l’érosion de la biodiversité, et réciproquement. Cette trajectoire chaotique du système Terre conduit les sociétés humaines vers un effondrement systémique global : passé ce seuil de bascule, le chaos sera tel qu’aucun Etat ne sera plus capable de faire respecter la loi, de contrôler les armes, de lever des impôts.

L’imminence et l’ampleur de la catastrophe « éco-anthropologique » sont telles qu’elles excèdent nos capacités de compréhension, aussi bien de perception que d’imagination

Cependant, ce basculement n’est que la composante objective de l’effondrement. Deux caractéristiques cognitives de l’espèce humaine transforment la plausibilité géobiophysique de l’effondrement en une certitude politique. La première s’énonce comme suit : l’immensité (c’est-à-dire l’imminence et l’ampleur) de la catastrophe « éco-anthropologique » est telle qu’elle excède nos capacités de compréhension, aussi bien de perception que d’imagination. Elle est irreprésentable, démesurée, supraliminaire, comme dit le philosophe Günther Anders. La seconde relève de la spécularité des croyances et des comportements : une personne informée de l’effondrement rapproché ne se demande pas si elle veut changer sa vie – c’est-à-dire diminuer drastiquement son empreinte écologique –, mais seulement si elle le ferait au cas où un certain nombre d’autres le feraient aussi.

Ainsi, l’effondrement est inévitable non parce que la connaissance scientifique de son advenue est trop incertaine, mais parce que la psychologie sociale qui habite les humains ne leur permettra probablement pas de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Il existe souvent plusieurs manières de résoudre un problème local ou circonscrit, mais affronter tous les problèmes ensemble et globalement rend le coût d’éventuelles solutions si élevé que seul le déni s’avère être la réponse adaptée. C’est ce déni de masse qui garantit que l’effondrement est certain.

Stress prétraumatique

De nombreuses populations subissent déjà les conséquences des catastrophes globales, des dérèglements écosystémiques et des pollutions diverses. Les classes sociales vulnérables et les pays pauvres (et on ne parle même pas des organismes non humains) subissent déjà des traumatismes qui commencent à être connus (stress, dépression, démence, suicides, maladies, etc.) et qui annoncent tout simplement notre avenir psychique à nous, les privilégiés.

La prédiction même d’une catastrophe peut faire souffrir. On sait que l’annonce de dégradations à venir provoque déjà ce que les psychologues appellent le stress prétraumatique, autrement dit les effets néfastes de la peur du futur. Ainsi sommes-nous confrontés à un dilemme : comment annoncer que la maison brûle — et qu’elle sera détruite — sans faire peur à ses habitants ? Si vous étiez pompiers, que feriez-vous ? Il faut le dire, bien sûr, le crier haut et fort, avec fermeté et bienveillance. Puis, tout en se concentrant sur l’incendie, prendre soin de certains habitants traumatisés, et motiver tout le monde à sauver ce qui doit l’être.

Prendre soin. Voilà ce qui manque cruellement à notre époque, et cela constitue une bonne partie de la réponse à la question : comment vivre la fin du monde ? Prendre soin de nous-mêmes, des autres, des non-humains. Prendre soin de notre psyché, des émotions que tout ce chaos génère, c’est-à-dire accueillir par l’écoute : tristesse et désespoir, colère et rage, inquiétude et peur. Tous ces affects sont parfaitement normaux. Pire, ils vont s’intensifier ! Il ne s’agit nullement de se complaire dans ces marais émotionnels, mais d’apprendre à les traverser individuellement et collectivement, à les côtoyer, afin de ne pas se laisser emporter, et trouver les ressources pour organiser la suite, pour résister.

La permaculture devient plus qu’une technique agricole : c’est une autre façon de concevoir le monde, un changement philosophique et matériel global

Mais comment résister à la fin du monde ? Ou plutôt, comment faire émerger un autre monde possible à partir de celui-ci ? La première piste est à rechercher du côté de la permaculture en tant que vision du monde et science pragmatique des sols et des paysages. Le néologisme « permaculture » a été forgé en Australie par Bill Mollison et David Holmgren, à partir de la contraction de deux termes : « permanent » et « agriculture », mais aussi « permanent » et « culture ». Depuis la Tasmanie, berceau de leur prise de conscience, ils formulent l’hypothèse d’un effondrement des subsides énergétiques injectés dans le système agro-industriel. Dès lors, la permaculture devient plus qu’une technique agricole : c’est une autre façon de concevoir le monde, un changement philosophique et matériel global. C’est une vision éthique des sociétés futures, qui seront confrontées à l’évolution des régimes énergétique et climatique.

Aujourd’hui plus que jamais, il s’agit de rejeter les leurres de la croissance verte afin de revenir à une juste mesure en réduisant considérablement notre empreinte sur le monde. Ce qui veut dire mettre en œuvre immédiatement une nouvelle organisation sociale et culturelle, qui valorise la lenteur et enseigne les boucles de rétroactions, les liens de cause à effet, les mutualismes, la complexité. Dans la société permaculturelle, les réseaux ne sont plus invisibilisés, la frontière entre producteur et consommateur s’estompe dans un contexte de simplification progressive des mégasystèmes. Aussi bien par nécessité de résilience (dans la perspective d’un effondrement des sociétés industrielles) que par éthique des ressources, il s’agit de boucler les cycles, de passer d’une économie extractiviste de stocks à une économie renouvelable de flux. Le nouveau paysage permaculturel se veut directement comestible, au plus proche des habitants, qui eux-mêmes deviennent acteurs de ces nouveaux diagrammes alimentaires et énergétiques. Les paysages se déspécialisent, les fonctions se diversifient.

Les biorégions permettront d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération

Il en résulte une deuxième piste d’action, autour de nouvelles formes politiques territoriales ancrées dans le soin des paysages, œuvrant à la résilience des établissements humains face au nouveau régime climatique. Ces nouveaux territoires prennent le nom de « biorégions » et se substituent aux découpages administratifs actuels grâce à un changement général d’échelle et à une politique de décroissance. Les biorégions permettront, avant, pendant et peut-être après l’effondrement, d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération. La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient et centralisé à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement, composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie. La civilisation automobile et l’agriculture intensive n’auront plus leur place dans cette nouvelle configuration. Les biorégions seront les territoires du ressaisissement.

Des sociétés conviviales et de proximité

La troisième voie de la résistance est celle d’un imaginaire social libéré des illusions de la croissance verte, du productivisme et de la vitesse, actionnées par les entreprises transnationales. La ville connectée, emblème d’une techno-euphorie totalement hors-sol, laissera la place à des bourgs et des quartiers off the grid (« hors réseau ») autoproducteurs d’énergie. Le nombre de véhicules sera réduit au strict minimum, les flottes seront administrées par les communes (libres !), tandis que les champs redessinés en polyculture pourront être traversés à pied. Des axes végétaux résorberont les infrastructures de la vitesse ainsi que les friches industrielles. Qui dit sociétés résilientes dit sociétés conviviales et de proximité. Aujourd’hui, chaque métropole occidentale requiert pour son fonctionnement une vaste partie de la planète. Demain, il en sera autrement, en raison de l’effondrement inéluctable des grands réseaux et de l’économie mondialisée, sur fond de bouleversements climatiques.

Voilà trois pistes, mais il y en aura d’autres. Vivre avec la fin du monde passe nécessairement par un constant effort d’imagination pour arriver à dégager de nouveaux horizons, à les inventer, afin de refermer le couvercle du nihilisme, du mal absolu, du « tout est foutu ». Ce chantier politique ne peut être que collectif. Il faut un récit commun pour rester soudés. Certes, le récit de l’effondrement comporte des risques et des écueils, comme tout récit, mais il est puissant et a plusieurs mérites : il évite le catéchisme de la croissance, il réactive une vision cyclique des choses en appelant une renaissance, et surtout il dit que c’est maintenant ou jamais. Il nous rapproche de l’idée de la mort. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que la philosophie nous enseigne depuis des siècles ? Apprendre à bien vivre, c’est apprendre à bien mourir, à prendre conscience de notre statut de mortel, radicalement vulnérable, humble, interdépendant des autres êtres vivants et de notre milieu de vie.

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Fin du monde ne veut pas dire arrêter de vivre

Message non lupar Niemal » 24 juillet 2019, 13:09

Autre article concernant la fin prochaine de notre monde, voici la position d'une philosophe, mère de deux enfants et enceinte d'un troisième. Cela ne l'empêche pas d'être convaincue que les jours de notre société sont comptés, mais cela la pousse à vivre sa vie encore mieux. Cet article du Monde réservé aux abonnés (https://www.lemonde.fr/festival/article ... 15198.html) me semble bien intéressant car il est tout sauf catastrophiste. Et pourtant son autrice admet qu'on n'a jamais connu une pareille menace : avant c'étaient les civilisations qui s'effondraient, là ce pourrait être toute vie sur la planète. Raison de plus pour vivre heureux, car de toute manière on mourra bien un jour ou l'autre, pas vrai ?

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« Nous ne sommes pas la cause de la fin du monde, mais la fin du monde nous donne une cause : vivre la meilleure vie possible »

Marianne Durano

Vivre avec la fin du monde 3/6. « A quoi bon des enfants en temps d’effondrement ? », s’interroge la philosophe Marianne Durano. Elle rappelle que bien avant l’époque de l’éco-anxiété, la philosophie s’était chargée de penser cette mortalité.

Au moment où j’écris ces lignes, je suis enceinte de mon troisième enfant. Les deux premiers cueillent des groseilles dans le jardin. Les oiseaux chantent. La brise souffle. Un arbre, par-dessus le toit, berce sa palme. Et moi, je rédige un article sur la fin du monde.

En amont de toute réflexion philosophique, deux sentiments contradictoires, mais indissociables, hantent mon esprit : l’incrédulité et la culpabilité. N’est-il pas criminel d’enfanter dans un monde promis à la destruction ? Ce point d’interrogation jette son ombre en forme de faux sur tous les débats d’écologie.

On connaît le succès des discours néomalthusiens, justifiés par les rapports scientifiques et les chiffres qui s’accumulent depuis des dizaines d’années. Les inégalités ne cessent d’augmenter, les ressources de s’épuiser, la biodiversité de décliner, la température d’augmenter, les glaces de fondre, les migrants de migrer, l’angoisse de monter. « A quoi bon des poètes en ces temps de détresse ? », disait Friedrich Hölderlin. A quoi bon des enfants en temps d’effondrement ? sommes-nous tentés de penser. A quoi bon vivre puisque nous devons mourir ?

Formulé dans sa nudité, ce problème révèle son obscène banalité. Nous engendrons des vies précaires, nous créons des œuvres périssables. « Nous autres, civilisations, savons désormais que nous sommes mortelles », disait Paul Valéry bien avant le premier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Toute la philosophie s’est chargée de penser cette mortalité pour donner un sens à l’absurde et donner la réplique à l’à-quoi-bonisme qu’il implique.

Les réponses sont variées, mais s’accordent peu ou prou sur ce point : l’horizon de la mort donne un sens à la vie. C’est parce que ma vie a une fin qu’elle peut avoir un but. C’est parce que mon temps est limité qu’il doit être utilisé à bon escient. Seule la conscience de ma finitude peut me permettre de mener une œuvre jusqu’au bout. La « fin », c’est aussi bien le terme que le but. Une vie, ou une œuvre, « achevée », c’est une vie accomplie, à la fois parfaite et passée. Je mets des enfants au monde en leur souhaitant de bien finir leurs jours, quel qu’en soit le nombre imparti.

Trois scénarios

La perspective d’un effondrement écologique ne change pas les termes de cette sagesse immémoriale, elle en radicalise la leçon. Alors, comment penser la fin du monde ? Distinguons trois approches complémentaires, de la plus superficielle à la plus radicale.

Premier scénario, le plus optimiste : nous assisterions moins à la fin du monde qu’à la fin d’un monde, le nôtre, productiviste, consumériste, globalisé. Ce serait alors une opportunité à saisir, une conversion possible vers un monde plus juste, un développement « durable », une croissance « verte ». Mais cette heureuse hypothèse devient plus utopique à chaque nouveau traité de libre-échange. Pendant que les déchets, les sommets sur le climat et les tweets de Donald Trump s’accumulent s’éloigne l’espoir d’une transition choisie et se confirme la perspective d’une récession subie.

Les scientifiques parlent désormais de « 6e extinction de masse » pour dénoncer la destruction actuelle des écosystèmes

Deuxième scénario, plus réaliste : nous assisterions à la fin de la société d’abondance. C’est la définition que donne l’ancien député (Europe Ecologie-Les Verts) Yves Cochet de l’effondrement : « Les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi. » Or, que voyons-nous en France et ailleurs ? Le prix des ressources énergétiques (carburant, gaz, électricité) augmente, tandis que les services de première nécessité (transports, sécurité, traitement de l’eau) se privatisent. Le mouvement des « gilets jaunes » peut ainsi se lire comme le premier soubresaut d’une société qui se fracture au moment de payer la facture. Face au chaos annoncé, certains s’arment : les survivalistes. D’autres misent sur l’entraide, comme le collapsologue Pablo Servigne.

Pourtant, pour catastrophique qu’elle soit, cette hypothèse de la fin du monde politique reste à taille humaine : on peut la penser, l’imaginer, en faire des best-sellers. Bien des sociétés dans le passé ont disparu sans que soit pour autant remise en question la viabilité même de notre planète. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui.

Menaces irréversibles

La question vraiment vertigineuse, c’est celle, non pas de la fin d’un monde, mais de la fin du monde : la possibilité, exorbitante, que – guerre nucléaire ou dérèglement climatique – le monde lui-même devienne inhabitable. C’était la crainte du philosophe Günther Anders (L’Obsolescence de l’homme) après Hiroshima ou celle de Hans Jonas (Le Principe de responsabilité) face au désastre écologique.

Tandis que les crises passées se limitaient à une société et à une génération données, les menaces qui pèsent sur nous sont irréversibles et s’étendent à l’ensemble de notre planète. Les scientifiques parlent désormais de « 6e extinction de masse » pour dénoncer la destruction actuelle des écosystèmes. Les études régulièrement publiées dans les revues scientifiques estiment ainsi que 50 % des espèces animales et végétales auront disparu d’ici à la fin du siècle, une catastrophe dont la Terre mettrait plusieurs millions d’années à se remettre (La 6e Extinction, Elizabeth Kolbert, Le Livre de poche, prix Pulitzer 2015). Nous savons désormais, nous aussi, que les espèces sont mortelles…

Peut-on alors imaginer la fin du monde ? C’est le pari tenu par le cinéaste polémique Lars von Trier dans son très beau film, Melancholia. On y suit deux sœurs, l’une célibataire suicidaire, l’autre mère de famille épanouie, confrontées à l’approche imminente d’une planète qui doit détruire la nôtre. La première s’apaise à l’idée que le monde entier partage sa mort imminente, tandis que la seconde, désespérée, refuse d’y croire. Le final est une grandiose métaphore de la condition humaine, où l’on voit les deux femmes, accompagnées de l’enfant, blotties dans une fragile cabane de roseaux, attendant l’apocalypse. Ce dernier, confiant, aime une dernière fois ceux qui l’entourent avant de s’abandonner à la fatalité.

Je suis entre ces deux femmes comme cet enfant, hésitant entre la résignation morbide et le déni tragique. N’y a-t-il, comme toujours en philosophie, un moyen de surmonter la contradiction, une troisième voie ?

Si nous devons mener une vie simple, ce n’est pas d’abord parce que c’est écologiquement nécessaire, mais parce que c’est moralement souhaitable

Je crois que oui, et c’est pourquoi j’attends mon troisième enfant. Je pense que la possibilité de la fin du monde peut donner un sens à ma vie, et à celle que je nourris. Individuellement, nous sommes responsables, non de la catastrophe qui vient, mais du présent que nous avons à vivre. Nous ne sommes pas la cause de la fin, mais la fin nous donne une cause : vivre, ici et maintenant, la meilleure vie possible.

C’est toujours la leçon des Anciens, et ça tombe bien, parce que cette vie bonne sur laquelle ils s’accordent est également celle qui peut enrayer le désastre, ou nous aider à y survivre. Platon, Aristote, Epicure, Sénèque, Epictète… mais également Descartes, Montaigne, Pascal, pour une fois, sont d’accord : le sage est sobre et joyeux, il préfère « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde » (Discours de la méthode, partie III, Descartes, 1637), n’accumule pas les objets de sa convoitise mais jouit de la vie en se sachant mortel.

Si nous devons mener une vie simple, ce n’est donc pas d’abord parce que c’est écologiquement nécessaire, mais parce que c’est moralement souhaitable. Si nous devons cultiver notre autonomie individuelle et collective, ce n’est pas seulement dans le but de survivre à la fin du monde, mais parce que c’est la condition réelle de notre liberté. Si j’éduque mes enfants à la tempérance, ce n’est pas pour les préparer au chaos, mais parce que c’est bon pour eux. Et si, de leur vivant, la fin du monde doit venir, ils auront bien vécu.

Un écosystème fragile

Dans quelques semaines, nous rejoignons un éco-hameau, situé dans un village de la Loire. Nous ne nous y claquemurerons pas en espérant survivre à la fin du monde. Ce n’est ni un bunker, ni une arche de Noé, censée nous protéger de la catastrophe. Nous n’y serrerons pas les dents. Nous y allons pour y vivre, et non pour y mourir : pour donner à nos enfants la vie que nous pensons être la meilleure pour eux, loin des pollutions de toutes sortes et d’un monde qui ne nous rend pas heureux.

Ce monde, c’est celui de la croissance sans fin, indéfinie, c’est-à-dire sans limite et dénuée de sens. En détruisant l’idée de « cosmos » – monde fini, limité, organisé – pour lui substituer l’idée d’« univers » – espace infini et chaotique (Du monde clos à l’univers infini, Alexandre Koyré, Gallimard, 1972) –, la modernité a créé les conditions d’une crise écologique sans précédent. Nous redécouvrons péniblement que notre monde n’a rien d’un espace neutre offrant une expansion infinie, mais qu’il est d’abord un écosystème fragile : un cosmos. Le monde infini théorisé par la philosophie moderne a longtemps cru qu’il était immortel, il était en réalité sans but, et il risque bien de causer notre fin.

De ce point de vue, alors, l’idée de la fin du monde, qu’elle soit un futur probable ou un nouveau mythe politique – une version hype de l’Apocalypse –, me semble être un remède nécessaire – un remède à l’absence de sens qui caractérise la civilisation industrielle.

Kant défendait la nécessité de penser des « horizons régulateurs », des grandes idées indémontrables – Dieu, l’âme, le cosmos –, mais qui permettent de donner un sens à nos actions. Je crois que nous avons, plus que jamais, besoin de telles idées, et qu’il est urgent que notre monde conçoive, enfin, sa fin.

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yoman
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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar yoman » 24 juillet 2019, 17:35

La fin du monde, je ne sais pas Hervé.

Pour une question plus prosaïque, tu penses quoi de Jadot et de EELV?
Ils font une bonne alternative ou c'est pour la frime...
L'Honneur, c'est ce que l'on ne peut vous prendre et ce que l'on ne vous donnera jamais...

Comment savoir que tu en as?

Ne t’inquiètes pas de cela. Cela grandit en toi, et cela te parle. Tout ce que tu as à faire c'est d'écouter.

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Niemal » 24 juillet 2019, 21:28

La fin du monde, je la constate tous les jours en bon naturaliste que je suis : entre ce que je voyais il y a 45 ans (des dizaines d'espèces de papillons dans mon jardin, contre deux ou trois maintenant) ou même simplement les changements intervenus en 22 ans depuis que j'ai construit ma maison, il n'y a pas photo. Disparition de nombreuses espèces d'insectes, d'oiseaux, de plantes, modification des niveaux de nappe phréatique avec la disparition de nombreuses sources, effondrement de la production de mon verger (plus d'abeilles, changement climatique, etc.)... Il n'y a que les gens coupés du monde naturel qui sont aveugles au bouleversement déjà présent. Et si j'étais le seul à le dire ou le constater, je me poserais des questions... Mais je ne connais personne d'intègre et qui connaisse le monde naturel qui ne dise la même chose.

Ces tensions sur le milieu naturel augmentent les tensions sur la société, ce qui augmente les inégalités et favorise les conflits - par le passé, de nombreuses civilisations ont disparu (brutalement) suite à des problèmes de ressources (famine, manque d'eau...), il ne faut pas croire que ça ne nous affecte pas non plus. L'être humain est plein de ressources, mais tant qu'on ne s'attaque pas à la racine du problème - la destruction des milieux par la société de consommation - notre marge de manœuvre est limitée. Avec risque possible (même si on en est encore loin je pense) de sortir la planète de la zone d'habitabilité par différents effets boule de neige enclenchés. Mais dans tous les cas, même si on était condamnés, je trouve les articles intéressants car ils se posent la question de savoir comment réagir, c'est tout sauf du catastrophisme. Le dernier en particulier correspond bien à ce que j'entreprends : être sobre et heureux. Je suis en accord avec mes choix, et que je vive encore 5 jours, 5 mois, 5 ans ou 50 ans, je serai satisfait du chemin parcouru :)

Pour répondre à ta question, je ne pense pas grand-chose de Jadot et EELV : ils proposent certains changements mais sont loin d'être parfaits, et de toute manière le changement ne doit pas être le fait d'une formation politique mais adopté par tous. Je vote plutôt EELV "par défaut", car c'est ce qu'il y a de mieux ou de moins mauvais selon les critères de l'écologie, et ce ne sont pas les seuls critères importants. Mais Jadot et EELV font partie d'un système qu'il faut changer en profondeur, donc à eux seuls ils ne suffisent pas. Pour que la transition entre l'ancien et le nouveau monde (à trouver) se fasse au mieux, il faut que non seulement le système politique mais aussi les entreprises et les particuliers s'emparent de ces questions et évoluent, et vite.

La "fin du monde" est juste une transition en fait, vers quelque chose de nouveau. Si on ignore ou on résiste, ça fera très mal, les changements seront brutaux. Si on l'accepte et on l'accompagne, les dégâts seront minimes, "juste" les trois quarts peut-être de la biodiversité en moins ;) Après, je veux bien qu'on me prouve que je me trompe, mais alors bon courage pour trouver les bons arguments :)

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yoman
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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar yoman » 25 juillet 2019, 10:37

Niemal a écrit :La fin du monde, je la constate tous les jours en bon naturaliste que je suis : entre ce que je voyais il y a 45 ans (des dizaines d'espèces de papillons dans mon jardin, contre deux ou trois maintenant) ou même simplement les changements intervenus en 22 ans depuis que j'ai construit ma maison, il n'y a pas photo. Disparition de nombreuses espèces d'insectes, d'oiseaux, de plantes, modification des niveaux de nappe phréatique avec la disparition de nombreuses sources, effondrement de la production de mon verger (plus d'abeilles, changement climatique, etc.)... Il n'y a que les gens coupés du monde naturel qui sont aveugles au bouleversement déjà présent. Et si j'étais le seul à le dire ou le constater, je me poserais des questions... Mais je ne connais personne d'intègre et qui connaisse le monde naturel qui ne dise la même chose.




Ces tensions sur le milieu naturel augmentent les tensions sur la société, ce qui augmente les inégalités et favorise les conflits - par le passé, de nombreuses civilisations ont disparu (brutalement) suite à des problèmes de ressources (famine, manque d'eau...), il ne faut pas croire que ça ne nous affecte pas non plus. L'être humain est plein de ressources, mais tant qu'on ne s'attaque pas à la racine du problème - la destruction des milieux par la société de consommation - notre marge de manœuvre est limitée. Avec risque possible (même si on en est encore loin je pense) de sortir la planète de la zone d'habitabilité par différents effets boule de neige enclenchés. Mais dans tous les cas, même si on était condamnés, je trouve les articles intéressants car ils se posent la question de savoir comment réagir, c'est tout sauf du catastrophisme. Le dernier en particulier correspond bien à ce que j'entreprends : être sobre et heureux. Je suis en accord avec mes choix, et que je vive encore 5 jours, 5 mois, 5 ans ou 50 ans, je serai satisfait du chemin parcouru :)

Pour répondre à ta question, je ne pense pas grand-chose de Jadot et EELV : ils proposent certains changements mais sont loin d'être parfaits, et de toute manière le changement ne doit pas être le fait d'une formation politique mais adopté par tous. Je vote plutôt EELV "par défaut", car c'est ce qu'il y a de mieux ou de moins mauvais selon les critères de l'écologie, et ce ne sont pas les seuls critères importants. Mais Jadot et EELV font partie d'un système qu'il faut changer en profondeur, donc à eux seuls ils ne suffisent pas. Pour que la transition entre l'ancien et le nouveau monde (à trouver) se fasse au mieux, il faut que non seulement le système politique mais aussi les entreprises et les particuliers s'emparent de ces questions et évoluent, et vite.

La "fin du monde" est juste une transition en fait, vers quelque chose de nouveau. Si on ignore ou on résiste, ça fera très mal, les changements seront brutaux. Si on l'accepte et on l'accompagne, les dégâts seront minimes, "juste" les trois quarts peut-être de la biodiversité en moins ;) Après, je veux bien qu'on me prouve que je me trompe, mais alors bon courage pour trouver les bons arguments :)



Pour les changements climatiques, tu prêches à un convaincu Hervé.

Je suis peut être borné mais j'entends pleins de gens parler d'écologie, comme j'entends pleins de gens se préoccuper d'inégalité... ça va de LREM à EELV en passant par RN... après tu comprends que dans toutes ces bonnes consciences et bonne paroles énoncés j'ai beaucoup de doutes.

J'ai de gros doutes sur EELV, qui me semble être composé de quelques individus de valeurs mais aussi de beaucoup trop d'opportunistes... ça va de José Bové, Eva Joly jusqu'à Vincent Placé et de Rugy en passant par Cohn Bendit.

Oui chacun voit midi à sa porte et sans doute qu'il faut avoir sa propre réflexion/action écolo... après excuses moi tu ne peux pas demander la même chose à tous et espérer la même responsabilisation de tout le monde... dans la balance un Trump ou un Macron, ne vaut pas un gars qui survit au RSA en achetant parcequ'il ne sait pas mieux des trucs pas cher pas respectueux de la nature...

En gros il faut un changement politique, et pas qu'écolo d'ailleurs... qui est réclamé en plus mais sans bonne oreilles pour le reprendre ça s'arrêtera à la porte. C'est pour ça que je m'intéresse aux parties.
L'Honneur, c'est ce que l'on ne peut vous prendre et ce que l'on ne vous donnera jamais...

Comment savoir que tu en as?

Ne t’inquiètes pas de cela. Cela grandit en toi, et cela te parle. Tout ce que tu as à faire c'est d'écouter.

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le_poulpe
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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar le_poulpe » 31 juillet 2019, 18:15

aller ... ce message qui n'a aucun intérêt à couté à la planète l'équivalent en électricité d'une ampoule allumée durant 1mois !
tout coute ....
même nos mots virtuels !


merci
J
Ph’nglui mgw’naft Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

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le_poulpe
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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar le_poulpe » 31 juillet 2019, 18:16

VIVE LE JOUR DU DEPASSEMENT !


au fait, c'est depuis lundi 29 juillet que l'humanité à consommé tout ce que la planète pouvait fournir ^^ ... pour l'année 2019.
(et ce message a encore couté un mois de lumière électrique !)



merci
J
Ph’nglui mgw’naft Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn