Putain, le monde fout le camp ! ! !

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Niemal
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Arbres menacés

Message non lupar Niemal » 23 novembre 2012, 23:31

Dans les recherches sur notre avenir, et en particulier sur les conséquences prochaines du changement climatique, on a parfois des bonnes surprises, mais plus souvent des mauvaises. Dernièrement, une étude internationale parue dans la revue Nature est venue rajouter du poids au camp des mauvaises surprises. Il semblerait que les arbres soient plus fragiles qu'on le pensait face au changement climatique, comme il ressort de l'article du Monde Les deux tiers des arbres dans le monde sont menacés de dépérissement. On peut le lire à http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html, et je le recopie plus bas.

Au-delà de l'énorme problème de l'équilibre des écosystèmes auxquels les forêts contribuent, cela veut dire un nouveau mécanisme possible d'emballement de la machine climatique. En effet, ces mêmes forêts, si elles sont plus affectées par les prochaines changement, vont devenir plus rapidement des émetteurs nets de carbone plutôt que des puits - ce n'est pas clairement énoncé tel quel dans l'article mais c'est moi qui vous le dis, sur la base d'autres recherches : une forêt qui dépérit ou qui meurt devient émettrice nette de carbone. Les deux principaux puits de carbone de la planète sont les forêts et les océans. Les premiers sont menacés à moyen terme et les seconds ne valent guère mieux avec l'acidification (qui met en péril la vie marine) et les rejets possibles de gaz à effet de serre comme les clathrates de méthane (sous l'effet du réchauffement de l'eau). Et ne parlons pas de notre incurie à infléchir l'augmentation des émissions humaines.

Il est encore difficile de tirer tous les enseignements d'une telle étude. A tout le moins, c'est un risque de plus, ou l'aggravation d'un risque connu, et cela devrait nous pousser à réagir encore plus vite et radicalement.

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Les forêts, poumons de la Terre, sont menacées de dépérissement. Les arbres se montrent beaucoup plus vulnérables à la sécheresse que ce que les scientifiques imaginaient. Quand ils manquent d'eau, ils font des embolies : des bulles d'air obstruent les vaisseaux de transport de la précieuse sève des racines à leurs cimes. Un dessèchement fatal les guette. Toutes les espèces sont concernées : feuillus ou conifères. Tous les climats également : humides ou secs.

Pour la première fois, une vaste étude internationale jette un regard global sur ce phénomène. Sur plus de 220 espèces réparties dans 80 régions aux climats variés, leurs conclusions, publiées en ligne dans la revue Nature mercredi 21 novembre, pointent une vulnérabilité alarmante pour l'avenir des écosystèmes.

Environ 70 % des arbres étudiés seraient sur le fil du rasoir, fonctionnant à la limite de l'embolie. Leurs marges de manœuvre sont étroites, qu'ils poussent en zone tropicale, en zone tempérée ou en zone de type méditerranéen. "Tous les arbres et toutes les forêts du globe vivent en permanence à la limite de leur rupture hydraulique. Il y a donc une convergence fonctionnelle globale de la réponse de ces écosystèmes à la sécheresse", résume Hervé Cochard, chercheur à l'INRA, à Clermont-Ferrand, et coauteur de l'étude pilotée par Brendan Choat, de l'université Western Sydney (Australie), et Steven Jansen, de l'université d'Ulm (Allemagne).

Cette découverte étonnante conduit à envisager des scénarios catastrophe, sur lesquels les chercheurs ne se prononcent pas : les évolutions prévues du climat devraient être marquées par des épisodes de sécheresse plus fréquents. Une mortalité accrue des arbres fait planer sur les écosystèmes une nouvelle menace, non prise en compte actuellement dans les scénarios climatiques.

DES CHERCHEURS TRANSFORMÉS EN PLOMBIERS DE LA BIOSPHÈRE

Pour aboutir à ces constats, les chercheurs se sont transformés en plombiers de la biosphère, afin de sonder l'état de santé des systèmes vasculaires de transport du liquide nutritionnel chez les plantes. La probabilité d'apparition de bulles d'air dans la sève augmente si l'arbre est contraint d'aspirer plus fort la sève dans ses ramifications. C'est ce qui arrive en cas de fortes chaleurs, qui augmentent la transpiration de l'arbre, ou lors d'une carence en eau, qui oblige la plante à pomper intensément.

Ce phénomène d'embolie ou de cavitation a été mesuré dans les années 1960 en utilisant des microphones enregistrant l'éclatement de ces bulles. Depuis, les techniques ont été perfectionnées et les chercheurs sont capables de mesurer à partir de quelle pression dans la sève la conduction hydraulique est diminuée de moitié par la formation de bulles. Ce seuil de vulnérabilité est ensuite comparé à la pression de sève, mesurée in situ pour différentes espèces.

Mauvaise surprise, les scientifiques ont découvert que cette différence est finalement faible pour la majorité des espèces recensées. "Que les forêts de type méditerranéen, soumises à des sécheresses, soient proches de ce seuil n'est sans doute pas étonnant. Mais même les forêts tropicales ont peu de marge de manœuvre", constate Hervé Cochard.

"J'ai pu récemment observer en Guyane que la saison sèche, particulièrement aride cette année, a causé des dégâts. Les plantes pourront sans doute s'en sortir, mais que se passera-t-il si ces épisodes se multiplient ?", s'interroge Jérôme Chave, du laboratoire Evolution et diversité biologique du CNRS, à Toulouse.

LES ARBRES PEUVENT "MOURIR DE FAIM", PAS SEULEMENT DE SOIF

En 2010, dans la revue Forest Ecology and Management, une autre équipe avait alerté sur le nombre inquiétant de forêts affaiblies par la sécheresse. Les 88 zones recensées depuis 1970 n'étaient pas toutes en zone aride, et leur nombre était en augmentation.

"La tendance à la hausse se poursuit. En vingt ans, les superficies connaissant un dépérissement des forêts ont été multipliées par quatre. Dans l'Ouest canadien, c'est une zone équivalente à la forêt française qui est dans ce cas", précise Michel Vennetier, de l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture, à Aix-en-Provence, coauteur de l'étude de 2010. Le chef de cette équipe, Craig Allen, plaide d'ailleurs pour un observatoire mondial du dépérissement des forêts, trop de zones, comme la Russie, restant hors des radars faute de données fiables.

"Il est un peu exagéré de faire des problèmes d'embolie la cause unique des dépérissements et mortalité des arbres. D'autres causes existent", note Hendrik Davi, de l'INRA à Avignon. Les arbres peuvent, par exemple, également "mourir de faim" à la suite d'une sécheresse, et pas seulement de soif.

Le premier réflexe d'un arbre soumis à un stress hydrique ou de température est de fermer les organes qui lui permettent d'échanger avec l'extérieur, les stomates. Cela pour éviter la transpiration. Mais ce faisant, le CO2 n'est plus absorbé, et la photosynthèse ne peut plus produire les sucres nécessaires à la croissance. Celle-ci ralentit. L'arbre puise alors dans ses réserves, jusqu'à l'épuisement et éventuellement la mort.

"DISPOSER DE DONNÉES PHYSIOLOGIQUES MONDIALES"

La fin peut être accélérée par l'arrivée d'insectes, comme les scolytes, qui profitent de cet affaiblissement du végétal pour le coloniser. Les "légistes" ont donc souvent du mal à identifier une cause unique lors d'un décès. "Au minimum, ce phénomène de cavitation est un facteur déclenchant. Le seuil que nous avons estimé est aussi le seul trait physiologique pour lequel nous ayons une vision globale", indique M. Cochard.

Son équipe a constaté que les arbres ont des capacités d'adaptation. Ainsi, selon leurs estimations, 40 % des feuillus vivent au-dessus du seuil d'embolie, alors que seuls 6 % des conifères en sont capables. Ce qui prouve que des stratégies de résistance existent. Mais leurs mécanismes ne sont pas encore compris, et les auteurs notent que "ces réparations ne peuvent fonctionner que si les périodes de sécheresse sont suivies de précipitations suffisantes pour revenir à la normale".

"En Provence, les années suivant la canicule de 2003 ont également été très sèches, et nous avons constaté des mortalités importantes sur les pins sylvestres, les sapins et les chênes-lièges quelques années après", rappelle Michel Vennetier.

"C'est important pour nous de disposer de données physiologiques mondiales. Nous pourrons ainsi les intégrer dans nos modèles climatiques tenant compte de la végétation et faire le lien entre les échelles globales et locales. Mais il est trop tôt pour se prononcer sur les conséquences de la découverte de ces risques d'embolie", estime Nicolas Viovy, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA-CNRS-université de Versailles-Saint-Quentin), spécialiste de ces questions de modélisation.

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Pauvres poissons...

Message non lupar Niemal » 30 novembre 2012, 09:06

Je crois avoir déjà parlé plus d'une fois de la surpêche, de l'acidification des océans et autres dégâts causés par l'homme au milieu marin. Dans certains cas, c'est lié à des activités où l'Europe fait plutôt figure de bon élève. Mais pour la pêche profonde, c'est tout le contraire, nous donnons vraiment le plus mauvais exemple. C'est ce qui ressort de l'article du Monde L'Europe autorise une pêche accrue des poissons des eaux profondes, qu'on peut lire à http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html, et que je vous recopie plus bas.

Certains me diront que des nouvelles de ce genre, on en trouve à la pelle. Pourquoi je parle de celle-là alors ? Pour moi, elle est intéressante à plusieurs titres. D'abord parce qu'il s'agit de nous, et la France a eu un poids non négligeable dans cette décision, même si ça n'apparaît pas dans l'article, mais dans d'autres que j'avais lus, ayant suivi l'affaire de pas trop loin. Ensuite parce que c'est un bon exemple de conflit d'intérêts et d'info "scientifique" contestée, pour ne pas parler d'intox. Et puis bon, à ceux qui disent qu'on n'y peut pas grand-chose, je réponds que si : si l'on ne consomme plus de poisson, si la demande baisse, la régulation se fera pas le biais économique. Même si on risque de payer encore un long moment pour entretenir une vaste flotte de pêche qui ne sert qu'une toute petite partie de l'année... de manière officielle et légale, du moins.

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Les pêcheurs européens vont pouvoir accroître leurs prises de poissons des grandes profondeurs. Le conseil des ministres européens de la pêche a adopté, jeudi 29 novembre, les quotas de capture des espèces vivant entre 400 et 1 500 mètres de profondeur pour les années 2013 et 2014. Au grand dam des ONG écologistes, les "totaux admissibles de capture" (TAC) ont été largement relevés.

Les TAC pour le sabre noir et le grenadier de roche de l'Ouest Ecosse, cibles privilégiées des chalutiers français, ont été augmentés respectivement de 40 % et de 69 % en 2013. Celui de lingue bleue sera fixé lors du conseil des ministres de décembre.

Ces décisions sont "conformes aux recommandations scientifiques", a souligné le ministre français de la pêche, Frédéric Cuvillier, rappelant que le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) "a constaté, dans ses derniers avis, une amélioration notable de l'état des principaux stocks d'espèces profondes, notamment du grenadier de roche, du sabre noir et de la lingue bleue".

Ces avis scientifiques sont-ils fiables ? L'ONG Bloom a dénoncé, mercredi 28 novembre, le fait qu'un des scientifiques chargés de conseiller la commission européenne sur ces questions de pêche profonde était employé par la Scapêche, la flotte de pêche d'Intermarché, la plus importante d'Europe pour la pêche profonde.

La décision a scandalisé les associations de défense de l'environnement. L'ONG Bloom estime que cette pêche accrue va fragiliser des "espèces caractérisées par leur extrême vulnérabilité, longévité et faible reproductivité" et entraîner "des dommages collatéraux accrus sur les écosystèmes profonds". Pour les ONG, les données scientifiques sont insuffisantes pour justifier une hausse des quotas de capture.

Les défenseurs de la pêche profonde et ses opposants se livrent depuis des mois une intense bataille. Face à la raréfaction des poissons évoluant plus haut dans la colonne d'eau, la capture des espèces des profondeurs est devenue vitale pour le secteur de la pêche. Problème : la plupart des scientifiques estiment que les cycles reproductifs de ces poissons sont trop longs pour que ces espèces puissent être pêchées de manière à la fois durable et rentable.

Lire : Bataille scientifique autour de la pêche profonde à http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html

"La plupart des poissons profonds ont une croissance lente et une durée de vie longue, nous ne pouvons en prélever qu'une très petite fraction chaque année", expliquait Ray Hilborn, professeur à l'université de Washington, dans Le Monde du 11 septembre. Une modération dont les chalutiers industriels sont bien incapables.

Conséquence : "Certaines espèces profondes de l'Atlantique du Nord-Est, comme le sabre noir ou la lingue bleue, devraient être considérées comme en danger d'extinction", affirme Les Watling, professeur à l'université d'Hawaï, à Manoa (Etats-Unis).

La gestion européenne de la pêche en eaux profondes est "désastreuse", assénait une étude parue en octobre dans la revue scientifique Ocean & Coastal Management : les quotas fixés sont dans 60 % des cas supérieurs aux recommandations scientifiques – et les captures réelles dépassent largement les quotas.

Autres critiques : les chaluts terrassent les talus continentaux, détruisant les écosystèmes des profondeurs. Et pour pêcher les espèces recherchées, les chalutiers capturent involontairement jusqu'à 144 espèces non commercialisées, dont plusieurs variétés de requins menacées, des prises accessoires rejetées mortes à la mer.

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Tchernobyl-sur-Seine

Message non lupar Niemal » 21 décembre 2012, 08:46

Deux économistes de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) viennent de publier une courte étude sur l'impact d'un accident nucléaire en France. Il ont étudié deux cas de figure : un accident grave mais maîtrisé avec des rejets limités, et un accident hors de contrôle genre Tchernobyl ou Fukushima. Ce petit rapport (7 pages, en anglais) fait l'objet d'un article du Journal de l'Environnement qui s'intitule En France, un accident nucléaire, ça coûte énormément et qu'on peut lire à http://www.journaldelenvironnement.net/ ... ment,32334

Il n'y a pas de données fracassantes ou de grandes révélations ni dans l'article ni dans le rapport, que je vous recommande vivement tout de même - le lien est en fin d'article, plus bas. Mais cette étude a le mérite de nous rappeler les conséquences économiques - les ordres de grandeur - de ce qui nous pend au nez, même si la probabilité reste faible. Et cette même probabilité n'est pas véritablement calculable : dans un article précédent dont je m'étais fait l'écho ici, la personne montrait que les chiffres avancés étaient largement contredits par la réalité. Rappelons aussi qu'aucune assurance n'accepte de couvrir les risques nucléaires. Si un pépin très grave arrive, l'Etat et les individus n'auront aucune aide de ce côté-là. Et on ne parle guère des tragédies que cela entraînera à l'échelle des individus...

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Deux économistes de l’IRSN ont présenté, il y a quelques semaines, une estimation des coûts imputables aux conséquences d’un accident nucléaire en France. Effroyablement cher.

Les colloques scientifiques sont souvent riches en informations. Et Eurosafe ne fait pas exception à la règle. Lors de la dernière édition de ce forum annuel de la sûreté nucléaire en Europe, des experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Ludivine Pascucci-Cahen et Patrick Momal) ont présenté une estimation du coût des conséquences d’un accident nucléaire en France.

Les chercheurs français ont pris deux hypothèses: l’accident grave (fusion du cœur avec relâchements de radioactivité rapidement maîtrisés) et l’accident majeur de type Tchernobyl ou Fukushima (fusion du cœur avec relâchements de radioactivité maîtrisés bien après l’accident).

Faute de méthode de calcul, les deux économistes se sont appuyés sur le montant des factures des conséquences des catastrophes passées: Three Mile Island, les crises sanitaires comme la vache folle, Tchernobyl, AZF ou le naufrage de l’Erika.

Dans le premier cas, qui ressemble au scénario ayant servi à l’élaboration de la nouvelle doctrine de l’Autorité de sûreté nucléaire [JDLE], un réacteur de 900 mégawatts (du même type que ceux de la centrale de Fessenheim, par exemple) serait perdu et 3.500 personnes évacuées des territoires contaminés par les rejets radioactifs.

Coût estimé pour la collectivité: 120 milliards d’euros, dont l’essentiel (75%) seraient imputables à l’énergie non produite devant être achetée ailleurs et aux coûts d’image (boycott des productions agricoles locales, baisse des revenus du tourisme, etc.). On est très loin du coût des catastrophes majeures, comme l’Erika ou AZF, estimé à 2 Md€.

Mais ça n’est rien à côté d’un «Tchernobyl-sur-Seine», pour reprendre le titre d’un ouvrage de politique fiction, écrit en 1988 par la journaliste Hélène Crié et le mathématicien Yves Lenoir.

A supposer qu’une tranche (de 900 MW, toujours) perde son cœur et relâche longuement de grands volumes d’effluents radioactifs, d’importants territoires seraient pollués.

A court terme, les autorités devraient évacuer une centaine de milliers de personnes, estiment les deux auteurs. A moyen terme, elles devront trouver les moyens de financer de très lourdes pertes pour la nation: 53 Md€ pour les «mesures radiologiques» (coûts sanitaires, sociaux et agricoles), 110 Md€ pour la gestion des zones d’exclusion (dont l’activité est supérieure ou égale à 555 kilobecquerels par mètre carré), 166 Md€ pour les coûts d’image, etc. Au total, la France pourrait devoir débourser, directement ou indirectement, quelque 400 Md€, soit 20% de son PIB annuel. Ingérable!

D’autant que ce résultat n’est qu’indicatif. Le montant de l’addition finale dépendant, pour une large partie, de la météo au moment de l’accident qui fera ou non qu’une métropole, une plaine céréalière ou une région touristique ou industrielle sera ou non définitivement «rayonnée» de la carte.

http://www.eurosafe-forum.org/userfiles ... _final.pdf

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Amateurs de viande, c'est l'heure de vérité

Message non lupar Niemal » 25 décembre 2012, 23:51

La période est bien choisie pour vous faire part d'un petit reportage (vidéo) destiné aux amateurs de viande. Il s'appelle Global Steak : demain nos enfants mangeront des criquets et on peut le voir à http://www.ubest1.com/?page=video/27209 ... fants#null (plus de 98 mn). Ce n'est pas la première fois que je m'attaque à la bidoche, mais ne vous méprenez pas : je ne suis pas contre la viande à tout prix, je suis contre l'excès de viande, qui n'est bon ni pour la planète, ni pour votre santé, ni pour votre porte-monnaie. Comme ceux de beaucoup de monde.

Et ce reportage s'adresse non pas aux écolos ou végétariens convaincus comme moi, mais aux amateurs de viande en premier. Il est même présenté par un boucher de la région parisienne. Les différentes méthodes de production de viande y sont présentées, les viandes sont testées, les conséquences des différents modes sont comparés. Porc, boeuf, volaille et même insectes, local ou mondial, bio, fermier ou industriel, tout est passé en revue - rapidement. Je pourrais en parler encore plus concernant certains impacts, mais pas besoin d'être écologue pour comprendre le message donné au début comme à la fin par le boucher lui-même : diminuons notre consommation, manger de la viande deux fois par semaine est amplement suffisant. Et mangeons de la qualité, au juste prix. Tout le monde s'y retrouvera. A titre personnel, deux fois par semaine me paraît encore beaucoup (sauf si ce sont des insectes), mais qu'est-ce que ce serait bien d'y arriver déjà...

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Pétrole : où en sont nos majors ?

Message non lupar Niemal » 09 janvier 2013, 19:43

Je ne vais pas vous recopier d'article ce coup-ci, ça ferait un peu long. Mais si l'état du monde du pétrole vous intéresse, allez donc à http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/01/ ... ils-nus-2/ lire la première page de l'article de Oil Man, qui s'intitule Exxon, Shell, BP, Total : les rois du pétrole sont-ils nus ? Chacune des quatre compagnies est étudiée à l'aune de ses derniers bilans. Et ô surprise, toutes voient le déclin de la production de pétrole depuis 2007, malgré des coûts de recherche et d'exploration qui explosent...

Autrement dit, s'il fallait une preuve supplémentaire du passage du pic pétrolier, pas besoin d'aller plus loin. Vous me direz, cela n'empêche pas ces entreprises de connaître des profits records. Et d'ailleurs, Exxon est considérée comme l'entreprise la plus riche et importante du monde (en termes de profit et valeur globale)... mais devinez sur le dos de qui ? Surtout, cela veut surtout dire que le prix du pétrole n'est pas près de cesser de grimper, ou la crise économique mondiale de s'installer. L'économie mondiale s'est construite sur des sources d'énergie bon marché et en particulier un transport à moindre coût. A présent, mathématiquement, ou bien le coût du pétrole augmente sans cesse, ou bien la santé de l'économie mondiale (et donc la demande de pétrole) baisse. Probablement un peu des deux.

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Gaz de schiste : reportage

Message non lupar Niemal » 29 janvier 2013, 09:27

Tiré d'Actu-Environnement (http://www.actu-environnement.com/ae/ne ... xtor=EPR-1), cette info peut intéresser certains : un reportage a lieu ce soir sur Arte sur le sujet des gaz de schiste, avec pour titre "La malédiction du gaz de schiste". J'imagine qu'il devrait être disponible sur internet pendant une semaine ensuite. Mais voici la brève du journal :

"La chaîne Arte diffuse mardi 29 janvier à 20h50 le documentaire de Lech Kowalski « La malédiction du gaz de schiste » qui dénonce les méfaits du gaz de schiste, une énergie nouvelle vendue comme propre et d'exploitation aisée par les industriels.

Le réalisateur présente l'avant et l'après. Avant : il part en Pologne à la rencontre de paysans confrontés aux campagnes de prospection du gaz de schiste par les firmes américaines. Ces derniers sont inquiets face aux conséquences déjà visibles des techniques utilisées pour extraire cette source d'énergie : fissures dans les murs des fermes, pollution des eaux, bulldozers investissant des champs à quelques dizaines de mètres des habitations. Après : Lech Kowalski se rend aux Etats-Unis où il filme les paysages dévastés et l'épuisement physique et psychologique des habitants de Bradford, comté de Pennsylvanie qui subit de plein fouet l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Le documentaire sera suivi à 22h05 d'un débat avec plusieurs invités dont José Bové."

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar OmbreDragon » 01 février 2013, 23:43

A propos du gaz de schiste j'ai vu il y a peu de temps un reportage au JT exposant une nouvelle technique de récupération du gaz naturel dans les bassins houillers délaissés par l'industrie du charbon, sans fracturation explosive des sols à coup d'eau et de boue sous haute pression.
Il s'agirait de forer à la verticale, puis au point choisi lancer un forage horizontal d'où partent régulièrement des sous branches.
Ainsi le gaz naturel des houillères serait "naturellement" récupéré.

Et soudain la Lorraine devient un petit Bahreïn de gaz naturel de houille...

Un peu de lecture : http://www.actu-environnement.com/ae/ne ... 17674.php4
Insensés que nous sommes, nous voulons tout conquérir,
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L'éducation des Français décline

Message non lupar Niemal » 20 février 2013, 23:06

On a souvent dit que le français se perdait, que les élèves étaient de plus en plus nuls, et pas mal d'autres choses. A une certaine époque c'était contredit par des études qui montraient plutôt le contraire. Actuellement, pourtant, il semble bien que le niveau des élèves en France dégringole. C'est ce que dit un historien de l'éducation dans un article du Monde intitulé Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c'est vrai !, et disponible à http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html

Et la personne s'appuie sur des enquêtes diverses, y compris internationales. Tant en valeur absolue qu'en comparaison avec d'autres pays, le niveau semble accuser un net déclin, et rapide. Même sans aller voir de plus près ce qui ce cache derrière les chiffres, la convergence de ces études a de quoi inquiéter. D'autant qu'en situation de crise, et nous ne sommes pas près d'en voir le bout, la capacité de rebond d'un pays est souvent corrélé au niveau d'éducation, bien qu'il y ait d'autres critères en jeu. Je vous copie le texte plus bas pour lecture et méditation, il n'est pas long...

------------------------------------------------------------------------------

A force de crier au loup, c'est en vain qu'on appelle au secours s'il surgit... On a tellement dénoncé la baisse du niveau, alors qu'il montait, comme le montraient les évaluations faites à la veille du service militaire, lors des "trois jours", qu'aujourd'hui l'opinion ne s'alarme guère, alors qu'il baisse pour de bon.

Il faut pourtant sonner le tocsin. Tous les indicateurs sont au rouge. Dans les fameuses enquêtes PISA, la France est passée entre 2000 et 2009, pour la compréhension de l'écrit, du 10e rang sur 27 pays au 17e sur 33.

La proportion d'élèves qui ne maîtrisent pas cette compétence a augmenté d'un tiers, passant de 15,2 %, à 19,7 %. En mathématiques, nous reculons également et nous sommes dans la moyenne maintenant, alors que nous faisions partie du peloton de tête.

Ces chiffres gênent : on les conteste. Ce sont des évaluations de compétences à 15 ans, qui mesurent indirectement les acquisitions scolaires...

Et pour ne pas risquer d'être mal jugés, nous nous sommes retirés de l'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences. Mieux vaut ne pas prendre sa température que de mesurer sa fièvre.

Mais cela ne l'empêche pas de monter. Les données s'accumulent.

Voici une autre enquête internationale qui, elle, fait référence aux programmes scolaires (Pirls). Elle porte sur les compétences en lecture après quatre années d'école obligatoire, donc à la fin du CM1.

En 2006, sur 21 pays européens, la France se place entre le 14e et le 19e rang selon les types de textes et les compétences évaluées.

Les enquêtes nationales vont dans le même sens. Le ministère a publié une synthèse des évaluations du niveau en CM2 de 1987 à 2007 (note d'information 08 38).

Si le niveau est resté stable de 1987 à 1997, il a en revanche nettement baissé entre 1997 et 2007. Le niveau en lecture qui était celui des 10 % les plus faibles en 1997 est, dix ans plus tard, celui de 21 % des élèves.

ENRAYER CETTE RÉGRESSION

La baisse se constate quelles que soient les compétences. A la même dictée, 46 % des élèves faisaient plus de 15 fautes en 2007, contre 21 % en 1997.

L'évolution en calcul est également négative. Le recul n'épargne que les enfants des cadres supérieurs et des professions intellectuelles, dont les enseignants.

Le dernier numéro (décembre 2012) d'Education et formations, la revue de la direction de l'évaluation du ministère, présente une étude sur le niveau en lecture en 1997 et 2007 : la proportion d'élèves en difficulté est passée de 14,9 %, à 19 %, soit une augmentation d'un tiers.

Un élève sur trois est faible en orthographe, contre un sur quatre dix ans plus tôt.

Il est urgent de réfléchir aux moyens d'enrayer cette régression. Les résultats convergents et accablants qui viennent d'être cités sont tous antérieurs à la semaine de quatre jours.

Qui peut soutenir qu'elle ait amélioré les choses ?

Cela dit, elle n'est pas seule en cause. Si l'on ne trouve pas les moyens de faire travailler plus efficacement les élèves, le déclin est inéluctable.

Le projet de Vincent Peillon donne opportunément la priorité au primaire, mais aucun ministre n'a de prise directe sur ce qui se fait dans les classes.

C'est aux professeurs des écoles et à leurs inspecteurs qu'il revient d'y réfléchir collectivement. Et le temps presse : nous avons un vrai problème de pédagogie qui ne se résoudra pas en un jour.

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Message non lupar OmbreDragon » 21 février 2013, 17:46

Ça dépasse même le seul Primaire.

J'ai commencé d'enseigner en Janvier 2002, et jusqu'à l'année scolaire 2008-2009 j'ai effectué des remplacements dans tous les niveaux, au Collège comme au Lycée.
Ces "quelques" années m'ont tout de même permis de voir l'évolution, et outre le niveau de plus en plus moyen à cause, en partie, d'un emploi du temps surchargé, c'est aussi le comportement vis à vis du travail qui est fautif.
L'important plus tard ce n'est pas l'emploi ni faire ce qu'on aime : c'est être connu et/ou faire de l'argent. Aujourd'hui quelques vidéos créant le buzz, ou la participation à un jeu télévisé enfermé pendant 3 mois dans une super baraque en protégeant un soi-disant secret, permettent d'espérer accéder à ces objectifs d'argent et de réputation facile.

Face à ça, que peut proposer L’École ? Celle qui doit permettre à chacun de grandir en tant que personne et en tant que citoyen-ne.
Emplois du temps et classes surchargées font que les heures de cours (et "heure" est un bien grand mot) ne sont devenues que du gardiennage d'enfants/adolescents, qu'on gave de connaissances pour ceux qui le veulent bien.
Si (aïe, les phrases qui commencent ainsi...) nous avions des objectifs d'acquisition "socle" plus cadrés, et accompagnés de propositions choisies par les jeunes afin d'élargir le champ de leur compétences et de découverte, peut-être reviendrait-on à cette idée originelle de l'Ecole républicaine : accompagner et aider les jeunes à se construire et à grandir en apprenant à vivre avec les autres au sein d'une communauté citoyenne.

Ça dépasse même le seul Primaire donc. C'est toute la forteresse cyclopéenne de l'Education Nationale qu'il faut réaménager, tant dans la place et la formation/recrutement des équipes pédagogiques et d'encadrement que dans l'organisation des apprentissages, du Primaire jusqu'au Secondaire.

(Tout ceci n'étant qu'avis personnel sans stigmatiser sur les uns ou les autres)
Insensés que nous sommes, nous voulons tout conquérir,
comme si nous avions le temps de tout posséder
.

Frédéric II de Prusse

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Etienne » 21 février 2013, 19:26

Elle est où cette étude ? est-ce que c'est en français ? (moi maintenant le monde j'ai tendance à me méfier, à part Hervé Kempf).

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Niemal » 21 février 2013, 19:34

Etienne a écrit :Elle est où cette étude ? est-ce que c'est en français ? (moi maintenant le monde j'ai tendance à me méfier, à part Hervé Kempf).


Il y a plusieurs études qui sont citées, l'article est une synthèse de ce que ces études indiquent prises ensemble. Tu peux en trouver facilement sur internet avec un peu de recherche. Les études PISA en français sont à http://www.oecd.org/pisa/pisaenfranais/ ... ranais.htm par exemple...

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Etienne » 21 février 2013, 22:38

Damned, il faut payer pour pouvoir y avoir accès... bon je vais devoir faire confiance au monde pour cette fois.

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Dramac » 25 février 2013, 18:24

Histoire de relancer un peu le débat sur le climat qui tourne un peu en rond je me permets de vous proposer un article particulièrement intéressant.

Article :
http://siliconwadi.fr/7131/un-astrophysicien-israelien-revele-la-veritable-cause-du-rechauffement-climatique

En gros il a trouvé un lien directe entre l'activité solaire et la température sur Terre, dont l'impact serait peut-être bien plus fort que l'activité humaine.

Je n'ai pas vérifié ses données mais les notions astrophysiques dont il est question sont exactes (rayons cosmiques, activité solaire, cycle de 11 ans, "mini ère glaciaire du XVIIe", etc.).
"Physics is like sex: sure, it may give some practical results, but that's not why we do it."
Richard P. Feynman

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Niemal » 25 février 2013, 20:50

L'article ne m'a pas franchement emballé ni étonné, et c'est loin d'être le premier du genre. Le sujet n'est pas une nouveauté, Nir Shaviv est un climato-sceptique connu depuis plusieurs années. Cette hypothèse que l'activité solaire est la principale responsable de l'augmentation de température sur Terre ne tient pas la route selon de très nombreux scientifiques : l'activité solaire seule ne peut expliquer les anomalies annuelles de température à la surface du globe. On estime que la variation de l’éclairement énergétique du soleil a eu un effet de réchauffement de + 0,12 Watt/mètre², contre 1,16 pour les activités humaines.

Les notions d'astrophysiques citées sont effectivement exactes, pour autant que je les connaisse, mais certaines informations me font bondir. D'une part, le ton me semble fortement biaisé, et certaines infos sont invérifiables : "Ces travaux ont été publiés dans les meilleures et plus sérieuses revues scientifiques", par exemple - mais il y en a une flopée d'autres. Surtout, et là c'est de la manipulation de chiffres pure et simple, je retrouve un grand classique : on dit que depuis 1998 les températures baissent légèrement. Et on se garde bien de montrer ce qu'il y a avant 1998. L'année 1998 correspond à un pic lié à un phénomène El Niño exceptionnel, mais la moyenne des années 90 est bien inférieure à la moyenne des années 2000. La variabilité du climat nous impose de prendre en compte non pas une valeur extrême mais une moyenne. Et si vous allez voir http://www.meteorologic.net/graphiques- ... ondial.php par exemple (et les années récentes sont du même tonneau), vous pouvez facilement voir que depuis les années 90 la température n'a pas cessé de croître en moyenne. Neuf des dix années les plus chaudes ont eu lieu entre 2000 et 2011, et la dixième, c'est 1998. Si vous préférez, je peux aussi dire que seize des dix-sept années les plus chaudes depuis 1900 sont postérieures à 1995. Et les deux plus chaudes sont 2005 (la 2e) et 2010 (la 1ère), 1998 ne vient qu'à la 3e place.

Bref, je retrouve une fois de plus un article classique de désinformation. Sous couvert de certains chiffres qui sont vrais (quoique difficilement vérifiables pour partie), on avance des explications qui ne le sont pas, et des informations biaisées voire carrément fausses. Et je ne peux pas croire que ce soit une erreur : à ce niveau-là, une pareille utilisation des chiffres montre une volonté délibérée de tromper.

Je n'ai pas cité beaucoup de pages internet, mais croyez-moi, je le pourrais. Par contre, de manière générale, les climato-sceptiques sont bien plus actifs en termes de publications dans des revues pas toujours considérées comme scientifiques (relues par des pairs), et dans les médias grand public encore plus. Vous trouverez toujours beaucoup d'articles climato-sceptiques, dans une proportion bien plus grande que celle des scientifiques climato-sceptiques. Les intérêts qu'il y a derrière sont énormes et l'argent peut couler à flot pour aider à la désinformation. J'en ai déjà parlé précédemment, je pense que ça suffit.

Edit : je précise que j'ai passé (perdu, j'ai envie de dire) une heure là-dessus. J'ai eu envie de mettre plein de liens et de descendre l'article de manière plus propre, mais je me suis dit que je ne serais pas plus lu (ou cru) pour autant et j'ai fait plutôt bref... Le coup de la température de 98 est un grand classique et j'espère qu'il suffira à vous convaincre du niveau de l'article. Il a suffi, en tout cas, à me mettre dans une rogne noire. Prendre les gens pour des cons une nouvelle fois comme ça, ça me fait bouillir !

Edit 2 : je précise (au cas où) que ma colère n'a rien contre Dramac, qui a lu et rapporté en toute bonne foi l'article je pense ; mais contre les rédacteurs de l'article qui pour moi sont des manipulateurs. Je ne serais pas surpris s'ils avaient été payés pour ça, comme bien d'autres avant eux.

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Re: Putain, le monde fout le camp ! ! !

Message non lupar Hamfast » 26 février 2013, 16:16

Outre ce qu'a dit Niemal, j'ajouterai quelques remarques qui peuvent être utiles, surtout pour les non-scientifiques :

Le but des sciences n'a JAMAIS été, et ne sera jamais celui de nous donner la réalité. Le but est de construire des approximations le plus fidèles possibles. Mais toutes les théories sont, par essence, fausses.
Le but du jeu, néanmoins, est donc de créer des modèles pour représenter, d'après ce que l'on peut observer, une approximation de la réalité.

Ensuite, un principe essentiel en sciences est celui de la PRUDENCE... À partir du moment où l'on comprend qu'on ne décrit jamais la réalité, il faut être conscient du fait que la plupart des résultats (comme ceux donnés par le GIEC) sont donnés explicitement avec des marges d'erreurs (relativement fortes) et selon un intervalle de confiance, c'est à dire qu'on garde toujours des réserves sur les résultats. Par exemple dans un des derniers rapports du GIEC, la conclusion tablait sur une augmentation entre 1,1 et 6,4°C sur une période de 100 ans, basée sur ~30 ans d'études.

Je rajoute sur le principe de prudence quelque chose. En l'occurrence, si on veut démonter la théorie du réchauffement climatique, l'idée sera à l'aide d'arguments et d'études scientifiques de montrer que le réchauffement climatique est un mythe. Mais tant que ça n'a pas été accepté universellement, par prudence, il faut considérer le pire scénario envisagé, et réagir comme si c'était la réalité.
Et attention, je dis bien : le pire.
Vous me direz "mais c'est être alarmiste, c'est complètement stupide de trop en faire si le risque n'existe pas", ce à quoi je répondrais que oui, si c'était quelque chose qui poserait des problèmes majeurs en le mettant en place, ce serait problématique. Le fait est qu'outre le simple réchauffement climatique, il y a des tas de problèmes sociaux économiques qui y sont liés, et pour lesquels le fait d'envisager le pire des scénarii aurait un impact positif aussi.

On pourrait aussi parler des problèmes de biodiversités liés à l'activité humaine, et là je vois mal un prétendu scientifique dire que c'est la faute du soleil :mrgreen:

Pour résumer :
La prudence est de mise, et d'une part même si on nie le réchauffement climatique, il y a beaucoup de problèmes liés à l'activité humaine qu'on ne peut nier (ou alors, on ne peut pas se prétendre scientifique) qui pourraient être améliorés avec une changement de mentalité qui passe par une considération plus importante de l'écologie en général...

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Changement climatique et holocène

Message non lupar Niemal » 09 mars 2013, 22:05

Depuis la dernière glaciation, qui s'est terminée il y a environ 11 à 12 000 ans, nous vivons une époque géologique appelée Holocène. On considère que cette période correspond au développement de la civilisation humaine connue. Avant ça, on n'a que des traces (peintures rupestres et figurines) qui font état d'une civilisation très primitive. Vu les bouleversements récents liés au changement climatique, des scientifiques proposent de créer une nouvelle ère appelée Anthropocène, mais ça n'a pas encore été retenu.

Une étude récente nous montre que les températures globales que nous connaissons sont les plus chaudes de ces derniers milliers d'années, et bientôt de tout l'Holocène. Dit autrement, l'homme moderne (nous ou nos enfants ou petits-enfants) va prochainement connaître les températures les plus chaudes depuis le développement marqué de sa civilisation. Sans parler du reste (chute de la biodiversité, pollution, etc.). L'étude est payante, mais heureusement, GuruMeditation (un sympathique site de vulgarisation scientifique que je vous recommande) en a fait un court article que je vous reproduis plus bas, sans les graphiques malheureusement. C'est à http://www.gurumed.org/2013/03/09/les-t ... prcdentes/ et ça a pour titre Les températures globales sont les plus chaudes de ces 4000 dernières années et bientôt des 11 000 précédentes. Bonne lecture.

----------------------------------------------------------------------------------

Bon, votre Guru vous a déjà fait part de sa constatation, au vu des études sur le réchauffement climatique effectuées chaque année : les pires estimations de l’année précédente deviennent, l’année suivante, le minimum attendu… Et ainsi de suite.

Aujourd’hui encore, une étude sur le réchauffement climatique constate que celui-ci a des conséquences encore plus importantes que prévu actuellement. Une étude publiée jeudi (lien plus bas) a déterminé que la Terre est en passe de devenir plus chaude qu’elle ne l’a jamais été depuis 11,3 millénaires, une période couvrant l’histoire de la civilisation humaine.

Basés sur des échantillons fossiles et d’autres données recueillies auprès de 73 sites à travers le monde, les scientifiques ont pu reconstituer l’histoire de la température de la planète à partir de la fin de la dernière période glaciaire, d’environ 11 000 ans à nos jours.

Ils ont déterminé que les 10 dernières années ont été plus chaudes que 80 % des 11 300 dernières années.

Mais pratiquement tous les modèles climatiques évalués par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat prédisent que l’atmosphère de la Terre sera plus chaude dans les prochaines décennies qu’à tout autre moment depuis la fin de l’ère glaciaire, peu importe le scénario des émissions de gaz à effet de serre utilisé.

Selon les auteurs de l’étude (Université d’État de l’Oregon – Université Harvard) :

Nous savions déjà qu’à l’échelle planétaire, la Terre est plus chaude aujourd’hui qu’elle ne l’était dans les 2 000 dernières années. Maintenant, nous savons qu’elle est plus chaud que la plupart des 11 300 dernières années. Cela présente un intérêt particulier car l’Holocène s’étend sur toute la période de la civilisation humaine.

Les données montrent que les températures ont refroidi de 0,8 degré Celsius au cours des 5000 dernières années, mais ont recommencé à augmenter au cours des 100 dernières années, en particulier dans l’hémisphère nord où les terres émergées et les populations humaines sont plus grandes.

Les modèles climatiques projettent que les températures moyennes mondiales augmenteront de 1,1 à 6,3 °C d’ici à la fin du siècle, selon le niveau d’émissions de C02 dues aux activités humaines.

La position de la Terre par rapport au Soleil est le principal facteur naturel qui influe sur la température au cours de cette période, selon les scientifiques. Au cours de la période la plus chaude de l’Holocène, la Terre était placée de sorte que les étés dans l’hémisphère Nord étaient plus chauds.

Alors que l’orientation de la Terre a changé, les étés dans l’hémisphère Nord sont devenus plus frais, et nous devrions maintenant être près de la fin de cette tendance de refroidissement à long terme… mais évidemment, nous ne le sommes pas.

D’autres études ont conclu que les activités humaines (et non des causes naturelles) ont été responsables du réchauffement observé au cours des 50 dernières années.

L’étude publiée sur Science : A Reconstruction of Regional and Global Temperature for the Past 11,300 Years (http://www.sciencemag.org/content/339/6124/1198 - lien payant).

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Le nucléaire : une menace pour la démocratie

Message non lupar Niemal » 11 mars 2013, 09:20

Le nucléaire civil n'a pas que des conséquences possibles sur l'environnement et la santé publique. C'est la conclusion que l'on peut tirer des événements récents au Japon. C'est ce que résume un journaliste qui a suivi les événements là-bas pendant deux ans, dans un article qui s'intitule Un accident nucléaire, c'est la fin de la démocratie, et que l'on peut consulter à http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html. Je le reproduis plus bas, il n'est pas bien long, mais instructif.

Par ailleurs, je tempérerais un passage du journaliste quand il parle d'Hroshima. Je me suis pas mal renseigné sur les conséquences des radiations sur les habitants, et il est clair qu'à l'époque il y a eu une omerta complète. Les irradiés étaient des pestiférés et il a fallu attendre de nombreuses années avant que leurs maux soient reconnus. La "colère" dont il est question dans l'article est donc toute relative. D'ailleurs, si vous avez l'occasion, lisez donc les dix tomes de Gen d'Hiroshima (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gen_d%27Hiroshima), un manga quasi-autobiographique de Keiji Nakazawa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Keiji_Nakazawa), mort il y a quelques mois. J'avais découvert ce manga il y a 25 ans, alors qu'il n'était traduit qu'en anglais. Mais depuis il l'a été en français aussi, et j'ai pu finir l'histoire. Et ça laisse songeur...

-------------------------------------------------------------------------------------------

Après deux ans de photojournalisme intensif sur les conséquences des catastrophes nucléaires de Fukushima, certaines conclusions se sont imposées qui rendent obsolètes tous les débats sur le coût du mégawatt électronucléaire et sur la sûreté de fonctionnement des centrales nucléaires.

Prenons l'hypothèse d'un accident nucléaire en France : les conséquences ne seraient pas seulement économiques – le coût s'élèverait à 430 milliards d'euros par réacteur explosé, selon un rapport de l'IRSN. Ni vitales ou écologiques : avant l'irradiation de la population et la contamination de l'environnement, le premier danger auquel il faudrait parer serait d'ordre social et politique : l'effondrement de l'Etat, pesant sur la démocratie, voire sur la République.

Le gouvernement se trouverait alors face à un choix ici sommairement résumé : vendre le château de Versailles pour dédommager les victimes ou abandonner la population irradiée à elle-même afin d'éviter la faillite de l'Etat.

Que nous apprend le cas Fukushima ? Aujourd'hui, dans la zone touchée par le panache radioactif, c'est l'abandon de la population qui prévaut : elle n'a pas été évacuée, elle est restée confinée dans les villes contaminées : Minami-soma, Koriyama, Nihonmatsu, Hirono et la ville Fukushima (homonyme de la préfecture qui en tire son nom).

Le déni du danger est l'aboutissement d'une campagne de communication intensive de l'Etat Japonais, relayée par tous les médias. Si bien que ce danger a été, au mieux, intériorisé par les habitants de ces villes, au pire, imposé.

(En 2013, s'agissant de la liberté de la presse, le Japon a chuté de la 22e place à la 53e, selon le classement de Reporters sans frontières). Dans cette cathédrale de déni, le réveil face aux maladies et à la mort n'en sera que plus douloureux.

LES IRRADIÉS SONT TRAITÉS COMME DES PARIAS

Dans la préfecture de Fukushima, l'Etat s'est effondré et n'offre plus aucune protection aux citoyens. Les irradiés sont traités comme des parias lorsqu'ils demandent le respect de leurs droits, à commencer par l'accès à un air sain et à une nourriture sans radiation.

Les seniors, les plus de 50 ans, s'affrontent avec la jeune génération. Conscients du risque d'effondrement du pays, les anciens nés dans la notion du sacrifice personnel pour le groupe, intiment aux jeunes de se taire pour ne pas endommager davantage la nation.

Bien que le Japon soit le seul pays au monde à avoir subi deux bombardements atomiques, pour la jeune génération, la situation se résume en une phrase : "A Hiroshima ce fut la colère, à Nagasaki la prière, et aujourd'hui à Fukushima, on exige notre silence."

Dans le cas d'une fusion de cœur de réacteur nucléaire en France, il serait impossible à l'Etat de débourser les 430 milliards d'euros nécessaires (pour 2013 son budget voté est d'à peine 395,5 milliards euros). Comme il serait impossible de compter sur la soumission des Français devant les mesures draconiennes imposées par la force : verrouillage de la zone rouge pour éviter la propagation de la contamination, loi martiale sur la région pour éviter les pillages, censure sur l'information pour éviter la panique.

Les Français sont plus "subversifs" que les Japonais qui n'ont jamais pris une seule Bastille. L'Etat serait alors pris en étau entre risques de faillite et chaos social, et n'aurait d'autre solution, pour survivre, qu'appliquer les drastiques et cruelles normes sanitaires imposées à Fukushima.

Une mini-zone d'évacuation de 20 km de diamètre autour la centrale sinistrée (deux fois le territoire de Belfort, soit 1200 km2), décréter que les zones de 20 millisieverts par an (soit le niveau de radiations acceptée pour les travailleurs du nucléaire) restent habitables et autoriser des taux élevés de radiations dans la nourriture, dont les aliments pour bébés.

Les populations irradiées seraient abandonnées à leur sort, c'est-à-dire que, face aux radiations, elles n'auraient d'autres recours que l'autoprotection.

C'est la tragique conclusion tirée de ces deux années de reportages sur le désastre de Fukushima. Parmi les risques les plus redoutables de l'industrie nucléaire, rôde la menace politique. En cas de désastre, l'électronucléaire mettrait assurément en danger la République et la démocratie.

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Monsanto au-dessus des lois aux Etats-Unis

Message non lupar Niemal » 05 avril 2013, 09:21

Dans le monde de folie dans lequel nous vivons, où les intérêts personnels semblent l'emporter sur tout le reste, je n'ai que l'embarras du choix des articles édifiants à proposer : pillage des océans, paradis fiscaux, vénalité et tromperie de nos dirigeants... En fait il y en a trop, à partir d'un certain seuil on ne réagit même plus. Mais là, quand même, je trouve ça un peu fort de café, surtout pour moi qui n'en prend pas : Obama a signé un projet de loi - déjà ratifié par le Congrès et le Sénat - qui protège les entreprises qui produisent des OGM de toute poursuite ultérieure devant les tribunaux américains quelles que soient les conséquences de leurs produits sur la santé et l'environnement. Rien que ça !

Il a été appelé le "Monsanto Protection Act" par les associations car l'origine du texte n'est pas un mystère. La firme a acheté - pas d'autre mot - un sénateur (au moins) pour écrire ce projet de loi et faire en sorte que le texte soit adopté. Certes, ce règlement a une durée de vie limitée, il prend fin en septembre. Mais il ouvre la porte à d'autres règlements similaires, alors même qu'il va à l'encontre de la constitution des Etats-Unis, excusez du peu ! D'ailleurs, même des gens ultra-conservateurs se sont élevés contre lui, c'est dire... Entre ça et les conservateurs américains qui nient la relativité d'Einstein et qui montent un wikipedia à leur sauce (cf. http://passeurdesciences.blog.lemonde.f ... -einstein/), l'Amérique à du souci à se faire... et nous aussi.

Je n'ai pas trouvé (encore) d'article en français pour en parler, mais je vous copie plus bas deux articles en anglais, dont un du Guardian (britannique). Histoire de vous faire pratiquer un peu l'anglais ;) Ou sinon, il faudra attendre un peu que des médias français s'en emparent, ce qui j'espère ne saurait tarder.

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1er article tiré de Global Research : Monsanto Protection Act Signed By Obama, GMO Bill “Written By Monsanto” Signed Into Law (http://www.globalresearch.ca/monsanto-p ... aw/5329388) :

The Monsanto Protection Act, essentially both written by and benefiting Monsanto Corporation, has been signed into law by United States President Barack Obama. The infamous Monsanto Corporation will benefit greatly and directly from the bill, as it essentially gives companies that deal with genetically modified organisms (GMOs) and genetically engineered (GE) seeds immunity to the federal courts, among other things.

The bill states that even if future research shows that GMOs or GE seeds cause significant health problems, cancer, etc, anything, that the federal courts no longer have any power to stop their spread, use, or sales.

There are of course arguments to be made that not enough research has been done yet to accurately determine the effects that GMOs have on human and animal health (though the research already done should make you stop and think). This bill sidesteps that completely though, and simply states that even if there are problems, that the federal courts can no longer do anything about it. And this bill is now law, thanks to President Obama and the U.S. Congress.

Some other interesting things to keep in mind:

- The bill was apparently written by freshman Sen. Roy Blunt in collusion with Monsanto, with them helping to craft the exact language of the document.

- “The Center for Responsive Politics notes that Sen. Blunt received $64,250 from Monsanto to go towards his campaign committee between 2008 and 2012. The Money Monocle website adds that Blunt has been the largest Republican Party recipient of Monsanto funding as of late.”

- Many members of Congress were apparently unaware that the “Monsanto Protection Act” was a part of the spending bill that they were voting on.

- Obama had no problem signing it into law (not really a surprise, he’s been rather soft on GMO policy).

- The bill will only remain in effect for a limited time, but it’s a bad sign. With the ease that this bill passed, it’ll be interesting to see what future bills look like.

As the Daily News asks, “Who’s more powerful, the world’s largest producer of genetically modified crops or the U.S. government?

“On Tuesday, Pres. Obama inked his name to H.R. 933, a continuing resolution spending bill approved in Congress days earlier. Buried 78 pages within the bill exists a provision that grossly protects biotech corporations such as the Missouri-based Monsanto Company from litigation.”

“In light of approval from the House and Senate, more than 250,000 people signed a petition asking the president to veto the spending bill over the biotech rider tacked on, an item that has since been widely referred to as the ‘Monsanto Protection Act.’”

“But Obama ignored [the petition],” as the IB Times notes, “instead choosing to sign a bill that effectively bars federal courts from being able to halt the sale or planting of GMO or GE crops and seeds, no matter what health consequences from the consumption of these products may come to light in the future.

GMOs, while they may cause problems for human health, are primarily a problem for other reasons, mostly to do with crop/genetic diversity and overly complex industrial systems. And also the fact that they often don’t even work the way that they are “supposed” to.

When taken in context though, GMOs are really just another in a long line of environmentally damaging practices that people have done for short term gain/profit. From the large-scale deforestation of the world’s old-growth forests, to sustenance farming, to modern imported-fertilizer/pesticide/herbicide/fossil-fuel dependent industrial agricultural, the trend has been consistent, GMOs are just another in that line of attempts to temporarily maintain/raise crop yields. Regardless of the type of agriculture or the location, there are limits to how long any land can remain productive, applying imported fertilizers, or utilizing GMOs, only provides, at best, a temporary halt to the land’s transition to non-productive “wasteland”, and to desertification.

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2e article tiré du Guardian : Monsanto Protection Act put GM companies above the federal courts (http://www.guardian.co.uk/environment/b ... ion-act-gm) :

Monsanto and the US farm biotech industry wield legendary power. A revolving door allows corporate chiefs to switch to top posts in the Food and Drug Administration and other agencies; US embassies around the world push GM technology onto dissenting countries; government subsidies back corporate research; federal regulators do largely as the industry wants; the companies pay millions of dollars a year to lobby politicians; conservative thinktanks combat any political opposition; the courts enforce corporate patents on seeds; and the consumer is denied labels or information.

But even people used to the closeness of the US administration and food giants like Monsanto have been shocked by the latest demonstration of the GM industry's political muscle. Little-noticed in Europe or outside the US, President Barack Obama last week signed off what has become widely known as "the Monsanto Protection Act", technically the Farmer Assurance Provision rider in HR 933: Consolidated and Further Continuing Appropriations Act 2013

The key phrases are a mouthful of legal mumbo jumbo but are widely thought to have been added to the bill by the Missouri republican senator Roy Blunt who is Monsanto's chief recipient of political funds. For the record, they read:

"In the event that a determination of nonregulated status made pursuant to section 411 of Plant Protection Act is or has been invalidated or vacated, the secretary of agriculture shall, notwithstanding any other provision of law upon request by a farmer, grower, farm operator, or producer, immediately grant temporary permit(s) or temporary deregulation in part, subject to necessary and appropriate conditions consistent with section 411(a) or 412c of the Plant Protection Act, which interim conditions shall authorise the movement, introduction, continued cultivation, commercialisation and other specifically enumerated activities and requirements, including measures designed to mitigate or minimise potential adverse environmental effects, if any, relevant to the secretary's evaluation of the petition for nonregulated status, while ensuring that growers or other users are able to move, plant, cultivate, introduce into commerce and carry out other authorised activities in a time manner …"

According to an array of food and consumer groups, organic farmers, civil liberty and trade unions and others, this hijacks the constitution, sets a legal precedent and puts Monsanto and other biotech companies above the federal courts. It means, they say, that not even the US government can now stop the sale, planting, harvest or distribution of any GM seed, even if it is linked to illness or environmental problems.

The backlash has been furious. Senator Barbara Mikulski, chair of the powerful Senate appropriations committee which was ultimately responsible for the bill, has apologised. A Food Democracy Now petition has attracted 250,000 names and sections of the liberal press and blogosphere are outraged. "This provision is simply an industry ploy to continue to sell genetically engineered seeds even when a court of law has found they were approved by US department of agriculture illegally," says one petition. "It is unnecessary and an unprecedented attack on US judicial review. Congress should not be meddling with the judicial review process based solely on the special interest of a handful of companies."

Remarkably, though, it has also offended the Conservative right and libertarians. FreedomWorks, the conservative thinktank that helped launch the Tea Party, says corporations should "play by the rules of the free market like everyone else, instead of hiring insider lobbyists to rewrite the rules for them in Washington". Dustin Siggins, a blogger for the Tea Party patriots has called it a "special interest loophole" for friends of Congress. "We are used to subsidies, which give your tax dollars to companies to give them advantages over competitors. We are used to special interest tax loopholes and tax credits, which provide competitive and financial benefits to those with friends in Congress. And we are familiar with regulatory burden increases, which often prevent smaller companies from competing against larger ones because of the cost of compliance. This is a different kind of special interest giveaway altogether. This is a situation in which a company is given the ability to ignore court orders, in what boils down to a deregulation scheme for a particular set of industries," he writes.

Even Monsanto appears a touch embarrassed. The company whose seeds make up 93% of US soybeans, 88% of cotton and 86% of maize and which on Wednesday announced a 22% increase in earnings, has sought to align itself with others in the industry, even though it is far and away the main beneficiary. In a statement, it says: "As a member of the Biotechnology Industry Organisation (BIO), we were pleased to join major grower groups in supporting the Farmer Assurance Provision, including the American Farm Bureau Federation, the American Seed Trade Association, the American Soybean Association, the American Sugarbeet Growers Association, the National Corn Growers Association, the National Cotton Council, and several others."

The company's friends are now on the defensive, seeking to blame "activists". Here is John Entine, director of the Genetic Literacy Project, and a visiting fellow at the American Enterprise Institute, the pro-business, anti-regulation think tank: "The legislation does not, as critics allege, allow farmers or Monsanto to sell seeds proven to be harmful. Rather, it provides legal consistency for farmers and businesses so that they will not be jerked around by temporary findings by competing court systems as activist challenges make their way up the legal food chain."

The only good news, say the opponents, is that because the "Monsanto Protection Act" was part of the much wider spending bill, it will formally expire in September. The bad news however is that the precedent has been set and it is unlikely that the world's largest seed company and the main driver of the divisive GM technology will ever agree to give up its new legal protection. The company, in effect, now rules.

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Monsanto (suite)

Message non lupar Niemal » 05 avril 2013, 19:37

Bon, ben comme je le mettais dans mon message juste au-dessus, ça n'a pas tardé ! Quelques heures après avoir écrit le message plus haut, Le Monde (entre autres) s'est fendu d'un article à ce sujet, intitulé Le "Monsanto act" met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis. Vous pouvez le lire à http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html mais je vous le copie plus bas. Rien de vraiment neuf par rapport aux textes anglais, mais c'est sans doute plus facile à lire pour beaucoup.

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C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.

Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire." Ce dans le but de "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.

Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".

Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT

La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.

Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.

Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

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Savez-vous vraiment ce que vous mangez ?

Message non lupar Niemal » 16 avril 2013, 07:41

Prise de manière globale, l'alimentation est sans doute ce qui contribue le plus au changement climatique, à la pollution des eaux et à la désertification des terres, sans oublier la disparition de nombreuses espèces. Et ce n'est pas forcément pour nous offrir des plats sains et capables de nous maintenir en bonne santé : l'industrie agro-alimentaire est avant tout question de fric et l'on a des surprises si l'on s'intéresse de près à ce que l'on mange. C'est une des conclusions qu'on peut tirer d'un article du Monde intitulé Alimentation : face aux doutes, les internautes s'organisent, disponible à http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html, et que je recopie plus bas. Je vous invite tout de même à aller directement sur l'article, où vous trouvez des liens divers que je ne copie pas plus bas.

Heureusement, les gens s'organisent grâce à internet et fournissent quelques outils afin de manger moins bête et de faire plus facilement les bons choix. Je vous encourage donc vivement à utiliser les outils ou sites proposés dans l'article. Plus la demande sera forte pour avoir une alimentation de qualité, plus il y a de chance de faire changer les choses. Mais rappelez-vous aussi que même les meilleurs des aliments peuvent vous rendre malades si vous mangez trop ou déséquilibré, sans parler de l'impact sur la planète. Ainsi, manger de la viande tous les jours est un non-sens environnemental. Cela dit, la viande concentrant les toxines diverses qu'on utilise dans l'agro-alimentaire, les mangeurs de viande sont aussi ceux qui s'empoisonnent le plus...

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Les amateurs de vinaigre balsamique Maille, de mélange "maxi-fête" Carambar ou de pastilla à l'agneau Picard risquent d'être surpris. Il suffit de consulter le site Openfoodfacts.com, pour découvrir, d'un clic, que ces aliments recèlent du E150d, soit du "caramel au sulfite d'ammonium", colorant brun autorisé en Europe mais classé comme potentiellement cancérigène par l'Etat de Californie depuis janvier 2012.

En pleine crise de confiance agroalimentaire, les consommateurs prennent la main. Après la connaissance – Wikipedia, encyclopédie collaborative de référence –, la cartographie – Openstreetmaps, véritable contre-proposition citoyenne à Googlemaps –, c'est au tour de l'alimentation d'être scrutée par les internautes : le site Openfoodfacts, créé en mai 2012, se veut un instantané de l'offre alimentaire industrielle. "Chaque consommateur peut photographier la composition d'un produit et nous l'envoyer, explique le créateur Stéphane Gigandet. En dix mois, 6 600 étiquettes nous sont parvenues de France, Espagne, Japon, Brésil..." Pour chaque additif, l'internaute voit apparaître, en ligne, une succession d'images d'aliments dans lesquels on peut le trouver.

GÉLATINE DE PORC DANS CHOCOLAT LIÉGEOIS

Cette initiative bénévole rejoint des démarches plus entrepreneuriales. L'application Shopwise, lancée en décembre 2010 et téléchargée 500 000 fois, a évalué 32 000 aliments selon des critères sanitaires et environnementaux. "Les mobinautes nous envoient 1 000 photos de produits à évaluer chaque semaine", affirme son fondateur Frédéric Leurent, qui s'est lancé dans cette aventure "après avoir découvert de la gélatine de porc dans chocolat liégeois".

L'application Noteo, créée en décembre 2012 et téléchargée 20 000 fois, vient de lever 1 million d'euros. "A partir de mai, les mobinautes pourront nous envoyer des photos de produits que nous évaluerons. Nous en avons déjà notés 40 000, nous en aurons 100 000 d'ici à décembre, explique Isabelle Mallet, nutritionniste chez Noteo. Avec l'apposition d'étiquettes de performances énergétiques, les fabricants d'électroménager ont été obligés d'améliorer leurs produits. Nous voulons faire de même avec les aliments." Noteo reconnaît s'être inspiré de Goodguide.com, référence américaine répertoriant "175 000 produits et téléchargée un million de fois depuis 2008", précise Dara O'Rourke, son cofondateur, professeur à Berkeley (Californie). Ce concept essaime : Barcoo en Allemagne, QuestionMark aux Pays-Bas, etc.

Plus besoin donc de décortiquer obsessionnellement les étiquettes : on découvre ainsi qu'en France la tartrazine (E102), le jaune de quinoléine (E104), la carmoisine (E122) et le Ponceau 4R (E124), soupçonnés de déclencher hyperactivité, asthme, rhinites, etc., se retrouvent dans des boissons gazeuses, de la pâte d'amande, des fruits confits, des berlingots... Par décision européenne, les étiquettes doivent obligatoirement alerter les utilisateurs depuis 2009. Mais, en ligne, on s'aperçoit surtout que certains industriels préfèrent, par discrétion, ne plus mentionner les noms de code (Exxx), facilement identifiables par le consommateur.

CONTEXTE DE DÉFIANCE GÉNÉRALISÉE

Le Monde a demandé à Bruno Figadère, directeur du laboratoire de chimie médicinale (CNRS - faculté de pharmacie, université Paris-Sud) de parcourir le site Openfoodfacts. Parmi ses multiples étonnements, la présence de dioxyde de titane dans des chewing-gums à la menthe : "Pour faire plus blanc, sûrement, mais c'est plutôt utilisé dans les peintures. En a-t-on réellement besoin alors que ce produit peut avoir des conséquences inflammatoires ?", s'interroge-t-il. Même surprise découvrant dans des sucreries, glaces, amuse-bouches du Ponceau 4R (E124), colorant "irritant, alors qu'existe le rouge de betterave (E162), une alternative naturelle". Ce scientifique est également étonné de rencontrer des bisulfites (E223, E224) dans de la moutarde ou des boîtes de filets de maquereau : "C'est a priori pour éviter l'oxydation, mais cela peut créer des allergies. Autre problème, aucune concentration n'est précisée", poursuit le scientifique.

Face à cette masse d'informations accessible en ligne, le Conseil national de la consommation a lancé, en février 2012, un groupe de réflexion sur la "dématérialisation de l'information du consommateur", animé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et répression des fraudes (DGCCRF) pour évoquer la fiabilité de ces données. Car qu'on y soit favorable ou non, ce "crowdsourcing" (appel aux internautes) représente une nouvelle donne. "De plus en plus de consommateurs veulent savoir ce qu'il y a derrière les produits", remarque Dara O'Rourke. Ces initiatives numériques apparaissent dans un contexte de défiance généralisée face aux autorités économiques, institutionnelles et politiques. "Avant, les citoyens faisaient confiance a priori. Désormais, ils se demandent s'il y a quelque chose dernière chaque affirmation, constate Dominique Levy, directrice générale d'Ipsos France. Avec l'arrivée des outils numériques ad hoc, nous nous transformons tous en 'fact-checkers'."

"MOYEN DE PRESSION"

Les récents scandales alimentaires ne risquent pas de contrer la tendance. Ainsi, la filière de la viande n'est pas la seule à susciter des interrogations : "En 2009, 40 % des étiquettes des confiseries contrôlées par la DGCCRF n'étaient pas conformes, note le docteur Laurent Chevallier, président de la commission alimentation du Réseau Environnement santé. J'ai des doutes légitimes. La plupart des analyses sont fournies par les industriels. Sont-ils exhaustifs ? De plus, les normes sont parfois obsolètes. Pour simplifier, je préconise à mes patients d'éviter a priori les aliments présentant plus de trois additifs. Dès qu'un doute existe, il doit bénéficier aux consommateurs et non aux industriels. Est-ce vraiment le cas ?"

Aux Etats-Unis, le journaliste du New York Times Michael Moss est plébiscité pour son enquête Salt, Sugar, Fat : How the Food Giants Hooked Us ("Sel, sucre, graisse : comment les géants de l'alimentaires nous attrapent", éd. W. H. Allen), dénonçant le cynisme de groupes agroalimentaires refusant de diminuer certains additifs ou ingrédients peu bénéfiques à la santé mais dopant leurs ventes. Bruno Figadère estime que ces données collaboratives, aussi incomplètes soient-elles, "peuvent constituer un moyen de pression face à des politiques extrêmement frileux".

Le docteur Eric Konofal (service de psychopathologie de l'enfant, hôpital Robert-Debré, Paris) rêve même tout haut de pousser plus loin l'expérience. "De nombreuses pathologies inflammatoires augmentent sans raison identifiée. Les citoyens qui enrichissent ces bases de données pourraient nous aider. Pourquoi ne pas leur demander si leurs enfants consommateurs ont par exemple présenté certains problèmes de concentration ou de sommeil ?" Le crowdsourcing, appel à témoignage numérique, futur outil de santé publique ?